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A Quimper, le ras-le-bol des agriculteurs

Ils étaient près de 200 mardi dernier, producteurs de lait, de porc, de légumes, de volailles..., venus à Quimper pour dénoncer dans le calme la sur-administration mais aussi les difficultés dans les productions.

Le mot d'ordre courait dans les campagnes depuis quelques jours déjà. Mardi dernier, à l'appel de la FDSEA et des JA, près de 200 agriculteurs finistériens, toutes productions confondues, se sont retrouvés à la Maison de l'agriculture, en fin de matinée. Puis ils se sont dirigés en convoi vers la DDTM, pour dénoncer les contraintes administratives.

 

Trop de papiers

Un temps bloquée par des CRS, une pailleuse a finalement pu accéder au bâtiment et y déverser une montagne de papiers. "L'expression de notre ras-le-bol de tous ces papiers à remplir, dénonce Sébastien Louzaouen, le président des JA 29. Et notamment de la déclaration de flux, qui va figer l'agriculture bretonne". "Dans les pays voisins, on a l'impression que l'administration est au service de l'agriculture, rajoute Serge Le Doaré, de la section lait de la FDSEA. Ici, on a le sentiment inverse".

Ce passage éclair à la DDTM est aussi l'occasion de rappeler qu'à quelques jours de remplir leur déclaration Pac, les agriculteurs n'ont toujours pas tous les éléments pour le faire. Et que de nouveaux freins à l'installation sont en train de se mettre en place. "Ne pourront plus accéder à la DJA les jeunes dont l'exploitation a un chiffre d'affaires supérieur à 1,2 million d'euros", dénonce Sébastien Louzaouen. Un plafond qui peut vite être atteint en hors-sol, au sein de structures sociétaires. "Du coup, ils n'auront plus accès non plus aux avantages sociaux et fiscaux, aux prêts JA, à la bonification JA du plan bâtiment... , indique Thierry Merret, le président de la FDSEA. Il faut trouver une autre solution. Une DJA zéro ? Un plafond au prorata des parts sociales du jeune ?".

Le ministre attendu sur le terrain

Les agriculteurs se sont ensuite rendus en centre-ville de Quimper, pour un pique-nique en face de la préfecture, avant qu'une délégation n'aille à la rencontre du préfet pour faire le point sur les filières. "Il y a urgence en porc, a rappelé Sébastien Louzaouen. La crise dure depuis 7 ans. Et, aujourd'hui, 35% des éleveurs sont en grande difficulté". Les producteurs réclament des aides à l'exportation pour désengorger le marché. "L'embargo russe, nous n'y sommes pour rien !" Mais aussi un étiquetage obligatoire de l'origine des viandes.

Mais les difficultés ne s'arrêtent pas là ! En lait, les responsables ont dénoncé un manque à gagner de 8 000 à 10 000 € par exploitation par rapport à leurs concurrents allemands. En légumes, "l'échalote de semis ruine nos producteurs". La filière volaille connaît de fortes turbulences. Et, toutes filières confondues, les producteurs ont dénoncé les marges abusives de la grande distribution et plaidé pour une meilleure répartition de la valeur ajoutée.

Lassés des promesses du ministre Le Foll, les producteurs attendent maintenant qu'il se déplace sur le terrain pour prendre la mesure de leurs difficultés. "Il ne cesse de nous dire qu'il nous entend. Mais rien ne se passe. Il faut qu'il prenne la mesure du désarroi des campagnes".

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