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SALERS
Raisonner l'intérêt de l'engraissement

Lors de leur journée technique, les éleveurs de Salers se sont penchés sur la valorisation de leurs broutards. Vente ou engraissement ? Un choix à bien raisonner.

Visite sur le terrain pour les éleveurs de Salers de l'Ouest ayant participé à la journée technique du 2 octobre.
Visite sur le terrain pour les éleveurs de Salers de l'Ouest ayant participé à la journée technique du 2 octobre.
© Terra

Lors de leur journée portes ouvertes du 2 octobre, chez Mme et M. David, à Melesse (35), les éleveurs de Salers de l'Ouest se sont intéressés aux débouchés de leurs broutards. Il n'est pas toujours facile d'avoir des perspectives à long terme sur le marché du broutard, a rappelé Christian Veillaux, conseiller viande bovine à la chambre d'agriculture d'Ille et Vilaine. L'Italie reste, et de loin, le premier client de la France, qui exporte un broutard sur deux. Ce pays achète 87% du million de broutards exportés (surtout des mâles de plus de 300 kilos), l'Espagne 12% (des femelles plus légères).

La FCO brouille les cartes
Ces exportations ont été fortement perturbées par la FCO. La vaccination a permis de rétablir les courants commerciaux. Aujourd'hui, la remontée vers le nord du sérotype 1 inquiète car il pourrait, à son tour, rendre difficile les exportations. Au regard du poids de ses achats, tout ce qui se passe sur le marché de la viande en Italie a des répercussions sur le marché français du broutard.
L'augmentation de la consommation pousse les engraisseurs à remplir leurs ateliers, d'où une demande en nombre de broutards. Par contre, le prix de la viande a tendance à baisser. De plus, dans les zones où le sérotype 1 de la FCO se rapproche, on cherche à exporter les animaux, avant une éventuelle fermeture des frontières. Quitte à brader les prix du broutard. Pour l'instant, d'autres bassins de production, que ce soit l'Europe de l'Est ou l'Irlande, ne sont pas de réels concurrents pour les broutards français. Aujourd'hui, les cours ont repris, après la chute lors de l'épisode FCO, mais restent inférieurs à l'année dernière.

Viande ou céréales ?
Un autre paramètre pèse lourd sur le marché des broutards et de l'engraissement en général, c'est le prix des céréales. Quand leur prix augmente, dans certaines régions, avec certains systèmes de production, on préfère valoriser les céréales par la vente plutôt que par l'engraissement. Au contraire, quand les prix baissent, on peut assister à un retour d'intérêt de la production de viande bovine. "La donne change dans ce contexte de hausse des coûts alimentaires, avertit Christian Veillaux. Avant de faire un choix, il faut calculer ses marges et son prix d'équilibre".
Pour ce faire, on peut utiliser deux approches. La première consiste à comparer les marges céréales et engraissement pour savoir combien aurait rapporté la vente des céréales consommées par les jeunes bovins. "La limite est qu'on ne connait pas à l'avance le prix des céréales", prévient Christian Veillaux. On peut également, pour une marge estimée en maïs grain, faire la comparaison avec le coût de production d'un JB. L'intérêt variera selon le prix du broutard et celui du kilo de carcasse.
La chambre d'agriculture a fait des calculs d'équivalence à partir des performances d'un lot de broutards salers, suivi à la station de Mauron. "Pour obtenir la même marge qu'avec un maïs à 150 euros/tonne, il faut que le broutard coûte 660 euros et que le JB soit valorisé à 2,98 euros, chiffre Christian Veillaux. Si le maïs vaut 200 euros, le JB devrait atteindre les 3,12 euros pour que l'engraissement soit intéressant. De même, si le broutard est plus cher, à 750 euros, il faut une valorisation à 3,37 euros".
Pour encourager l'engraissement, les éleveurs de Salers rappellent que leurs broutards ont le même potentiel de croissance que d'autres races.

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