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Après un incendie
Reconstruire dans l'urgence

Producteur de porcs à Plonévez-Porzay, Roland Quintin achève tout juste la reconstruction de ses bâtiments, 16 mois après un incendie qui a ravagé le coeur de son élevage.

"J'ai l'impression d'avoir couru un marathon", affirme Roland Quintin en se remémorant les 16 derniers mois.
"J'ai l'impression d'avoir couru un marathon", affirme Roland Quintin en se remémorant les 16 derniers mois.
© Chantal Pape


Le 21 mai 2009. Cette date restera longtemps inscrite dans la mémoire de Roland Quintin : c'est cette nuit-là que le coeur de son élevage de porcs est parti en fumée. "Toute la nuit, les pompiers ont lutté contre les flammes", se souvient l'éleveur. Au matin, il ne reste que des débris fumants du bâtiment qui abritait la verraterie-gestantes, la fabrique d'aliments et une partie de l'engraissement. Et 230 truies et 160 porcs charcutiers ont péri dans les flammes.

Une course contre la montre

Le plus urgent, rétablir l'eau, l'électricité et l'alimentation pour les autres porcs de l'élevage puis déblayer les cadavres, est assuré dans la journée par 60 à 70 agriculteurs, venus prêter main forte. Puis vient le temps de la réflexion. "Je ne me suis pas longtemps posé la question, affirme Roland Quintin. Il fallait repartir". S'engage alors une véritable course contre la montre. "Mon assurance perte de marge brute courait pendant 18 mois maximum. Or, il faut une année pour produire un porc charcutier". Les réunions s'enchaînent avec l'expert, nommé par l'assureur. Et, après avoir pris conseil auprès d'un autre producteur de porcs ayant, lui aussi, subi un sinistre de cette nature, l'éleveur décide de s'entourer. "A chaque réunion, participaient le technicien d'élevage, un technicien bâtiment, le comptable... Nous étions 8 ou 9 autour de la table".
Ironie du sort : installé en 2006 sur l'exploitation familiale, Roland Quintin venait tout juste d'achever la restructuration de son élevage, avec rapatriement des engraissements extérieurs, quand l'incendie survient. Et tout est à recommencer, ou presque. Si la volonté de l'assureur est de reconstruire à l'identique, l'éleveur préfère repenser l'organisation de l'élevage et passe de 7 à 4 bandes.

Un bâtiment, une fonction

Au fur et à mesure des départs de charcutiers, les bâtiments sont entièrement vidés et soigneusement nettoyés. Puisque 80% du cheptel reproducteur a été détruit, l'éleveur opte pour un repeuplement. Les premières cochettes arrivent début août, et sont provisoirement hébergées en engraissement. Puis les nouveaux bâtiments sortent un à un de terre : gestante, nurserie, deux cases d'engraissement, fabrication à la ferme.
"Cette fois, à chaque bâtiment sa fonction", précise Roland Quintin. Une précaution qui limite tout nouveau risque de sinistre, en éloignant les bâtiments de 10 mètres les uns des autres. Et qui permet une meilleure gestion du volet sanitaire, chaque bâtiment hébergeant des animaux de même âge. "Cet agencement me laisse aussi la possibilité de faire évoluer l'élevage, demain, si on m'en laisse la possibilité".

Des perspectives

"On est lâchés par nos politiques". Quelques jours seulement après le rassemblement de Sainte Anne la Palud, où 1 500 personnes sont venues affirmer leur attachement à leur territoire, Roland Quintin ne peut s'empêcher de rappeler quelques chiffres. "Si l'agriculture ne représente plus que 4% de la population active, il ne faut pas oublier qu'en Bretagne, avec l'agroalimentaire, c'est 30% des emplois".
"La production ne perdurera que s'il y a des perspectives de croissance, rajoute Jacques Guéguen, directeur de Porfimad. Les allemands l'ont bien compris. Pas ici". Un message que le groupement adressera à Pascal Mailhos, Préfet du Finistère, invité à participer à l'inauguration de l'élevage, le 15 octobre prochain.

 

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