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Redonner des couleurs à la production de tomates

Face à des cours toujours bas, la performance technique a permis aux producteurs de tomates de limiter les dégâts en 2009. Pour préparer l'avenir, leur coopérative, Solarenn, mise sur la segmentation et la maitrise des coûts.

Christophe Rousse préside Solarenn depuis 1 an.
Christophe Rousse préside Solarenn depuis 1 an.
© Cécile Julien

2009 aura encore été une année en dents de scie pour la production de tomates sous serres. La coopérative Solarenn en a fait le bilan, lors de son assemblée générale, le 7 mai. Après un bon début de saison, le marché s'est dégradé en juin et l'été a vu l'arrivée massive de tomates belges et hollandaises, qui se sont reportées des marchés d'Europe de l'Est, moins rémunérateurs. Seule la maitrise technique a permis aux producteurs de limiter les effets de la crise. Pour la première fois, la barre des 60 kilos au m2 a été franchie.

Sur 2009, Solarenn a commercialisé 21.817 tonnes. La fermeture de quelques serres a été compensée par la hausse des rendements. Avec une baisse de 2% par rapport à 2008, le prix moyen a été le plus mauvais depuis 5 ans. Toutefois, ce prix est très variable selon les segments : désastreux en tomates rondes, bien meilleur pour les tomates cerises ou cocktail. La coopérative a bouclé ses comptes grâce au soutien des programmes opérationnels, qui représentent 4% de son budget. "Mais nous ne savons pas ce que ces programmes deviendront après 2013", prévient Christophe Rousse, le nouveau président de Solarenn. La segmentation continue sa croissance. Les surfaces consacrées aux produits diversifiés ont augmenté de 40%. Avec 1.557 tonnes, ils représentent 7% des apports de la coopérative. "Pour répondre aux attentes, nous devons continuer de multiplier les références proposées", estime Christophe Rousse.

A tous les postes, faire des économies

Face à des prix toujours plus bas, les producteurs de tomates travaillent sur tous les postes de charges. "Nous devons produire au moins cher les tomates qu'attendent les consommateurs", encourage Christophe Rousse. D'abord par la maitrise des consommations énergétiques et la recherche de sources alternatives. "Grâce à la cogénérations, nos concurrents belges et néerlandais ramènent leur coût de chauffage de 10 à 0 euro du m2, remarquent les producteurs. Ca fait un sacré gain de compétitivité". Premier poste de charges, les coûts salariaux sont gérés au plus juste au niveau des exploitations comme de la coopérative.

Recherche source d'énergie

La Bretagne est très dépendante des autres régions pour son approvisionnement en énergie. Si la région est une peu plus économe, un breton consomme 2, 26 Tep/an contre une moyenne nationale à 2, 61, elle ne produit que 8,4% de son énergie. L'agriculture consomme 6% de l'énergie régionale, dont un tiers pour les serres. Un secteur qui cherche désespérément à alléger sa facture. En Bretagne, l'énergie renouvelable la plus développée est le bois. "Mais, prévient Gilles Petitjean, de l'Ademe, avec l'entrée en production de grands projets, on va arriver au limite de la ressource. Ou alors, il faut accepter de libérer des surfaces pour des cultures énergétiques". Pour les serres, qui ont besoin à la fois de chaleur et de lumière, les pistes d'alternatives sont rares. Le solaire n'est pas envisageable. Les pompes à chaleur ne sont pas dimensionnées pour les importants besoins des serres. Si la méthanisation pourrait être une solution, les projets ne se sont pas toujours soutenus et reste à régler le problème des plans d'épandage du digestat. La cogénération chaleur/électricité est une piste intéressante à explorer. Les serristes belges et néerlandais l'ont bien compris. "Pour cela soit vraiment intéressant, il faudrait que l'Etat revoit le tarif de rachat", plaide Gilles Petitjean. Les producteurs doivent donc continuer à travailler sur les économies d'énergie ou la récupération de chaleur par la ventilation dynamique. "Il faut aussi envisager de se rapprocher d'outils industriels qui "gâchent" de la chaleur", suggère le responsable de l'Ademe.

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