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Réduction des produits phytos : des attentes sociétales fortes !

Les questions posées sur l’impact de certains produits sur notre santé, sur la biodiversité ne peuvent pas être balayées d’un simple revers de main. Nous sommes tous des citoyens, des consommateurs, quel que soit notre métier. Nous sommes tous concernés.

D’autres leviers doivent donc être mobilisés en amont : choix de variété rustiques ou mélange de variétés… pour réduire au maximum la nécessité de traiter.

Concernant les fongicides, la famille chimique des SDHI en particulier fait l’objet de converses. De quoi parle-t-on ?

L’acronyme "SDHI" signifie "Succinate Dehydrogenase Inhibitors (SDHIs )" ou, en français, "Inhibiteurs de la Succinate Déshydrogenase". La SDH est une enzyme présente au niveau des cellules de tout organisme vivant. C’est un composant clé de la chaîne respiratoire mitochondriale dans les cellules, permettant la production d’ATP, source d’énergie de la cellule. Son action n’a pas d’équivalent dans le processus respiratoire. La SDH est donc un élément irremplaçable dans le métabolisme mitochondrial.
Une étude publiée dans Plos One (Pierre Rustin et al., novembre 2019) teste l’effet de 8 SDHI appliquées in vitro sur des cellules humaines mais aussi d’abeilles, de vers de terre et de botrytis cinerea, champignon représentant la cible des fongicides en agriculture. Les SDHI testées sont : fluopyram, penthiopyrad, bixafen, boscalid, flutolanil, isopyrazam et penflufen.
Sur les 8 SDHI, il est montré des effets d’inhibition de la SDH à des degrés divers selon l’organisme d’origine. Par exemple la SDH des abeilles est plus sensible au flutolanil et fluopyram. La SDH des vers de terre est particulièrement sensible au boscalid, flutolanil et fluxapyroxad. L’étude montre aussi un effet du bixafen sur la survie des cellules musculaires humaines en laboratoire.

Qu’en est-il pour les personnes exposées lors de la pulvérisation (applicateurs, riverains) ?

La question est légitime. L’Anses reste ferme et réaffirme que les SDHI sont sûrs et qu’aucun n’est CMR1A*, ni CMR1B, ni perturbateur endocrinien. Que le principe de précaution tel qu’il est décrit dans notre Constitution a bien été appliqué avec un ré-examen rapide du dossier SDHI par l’Anses et des experts. Ce ré-examen a abouti à la confirmation de l’innocuité des SDHI dans la pratique. Selon l'Anses, il ne faut pas confondre danger potentiel et risque réel.
Dans ce contexte, chacun fait ses choix. Les produits sont homologués, distribués et peuvent être utilisés sur les cultures en respectant le cadre réglementaire. Les alternatives avec un niveau d’efficacité comparable sont peu nombreuses pour le moment. Les triazoles, famille chimique plus ancienne, sont retirées au fur et à mesure pour leur effet sur la santé (CMR avéré)… Les solutions de biocontrôle, se limitent pour le moment au soufre. Le phosphonate n’est pas encore disponible mais associé au soufre et appliqué 3 voire 4 fois sur blé, permet de contrôler la septoriose mais est inefficace sur rouille. D’autres leviers doivent donc être mobilisés en amont : choix de variété rustiques ou mélange de variétés… pour réduire au maximum la nécessité de traiter. Des produits moins performants mais sans classement appliqués sur variétés tolérantes aux maladies ne sont-ils pas suffisants ?

 
*(Cancérogène, mutagène, reprotoxique)

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