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ECO ÉNERGIE LAIT
Refroidir plus, pour consommer moins

C'est dans une exploitation de Pleine Fougères (35), le Gaec Sorin, que Marcel Denieul, le président du GIE lait-viande, a donné le coup d'envoi du programme régional "Eco énergie lait". Objectif : réduire la consommation énergétique des exploitations laitières par l'installation de pré-refroidisseur de lait.

L'enjeu n'est pas négligeable pour une Bretagne à la limite de la fourniture d'électricité, comme la récente période de frimas l'a encore démontré. Et les chiffres rappelés, vendredi matin, par Marcel Denieul, sont têtus. La Bretagne ne produit que 7% de l'électricité qu'elle consomme et 7% de cette consommation provient de l'agriculture, dont 1/3 relève des élevages bovins. Les plus énergivores ? Le tank à lait (35 à 50% des consommations du bloc traite) et le chauffe-eau. Or, abaisser la température du lait avant son stockage dans le tank permet de réduire sa consommation, de 40 à 50%.
Tout est dit dans ces quelques chiffres. Restait au GIE à mobiliser différents partenaires autour de l'objectif d'installer le plus de pré-refroidisseurs possible dans les quelque 15 000 exploitations laitières bretonnes, non sans auparavant avoir testé l'efficacité des installations pouvant être proposées. C'est ce qui a été fait et unanimement salué par les partenaires présents sur le Gaec Sorin : Etat, région, conseils généraux, Ademe(1).
"Menée en concertation avec l'interprofession laitière et les chambres d'agriculture de Bretagne, a souligné le président du GIE, cette opération bénéficie de l'appui de la région Bretagne et de l'Ademe avec également le concours du conseil régional et des conseils généraux pour le soutien aux investissements, avec une aide maximale de 40%". Un partenariat avec le Pôle cristal de Dinan, spécialisé dans les technologies du froid, a permis de tester les matériels proposés, d'un point de vue, tant énergétique, que de consommation d'eau. Ils seront ainsi agréés de même qu'un réseau d'installateurs.
Pour faire connaître cette opération des portes ouvertes ont été organisées sur 8 exploitations ayant déjà installé un pré-refroidisseur. Cinq ont déjà eu lieu. Il en reste donc encore trois(2). Ce dispositif d'information sera complété par des plaquettes, des fiches techniques..., l'organisation de réunions et des articles dans la presse spécialisée. Nous en reparlerons donc certainement...

(1) Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie.
(2) Les prochaines portes ouvertes auront lieu de 14 à 17 heures, ce vendredi 29 janvier, au Gaec de Kerivis, Kerives, 29 - Bourg-Blanc; au Gaec Briand, Saint Léau, 22 - Plumieux; au Gaec Lann-Bihan, Guergélo, 56 - Plescop.

Ils ont dit...

Gilles Guillomon, président du groupe "agriculture et énergie" de la chambre régionale. "Les économies d'énergie sont autant de petites actions qui produisent un gros impact d'un point de vue collectif. (...) L'objectif est de déterminer des leviers d'action, faciles, pas chers et qui peuvent rapporter gros".

Isabelle Thomas, conseillère régionale déléguée aux énergies. "10% de notre budget de l'agriculture sont consacrés à la maîtrise de la demande d'énergie et 80% de la consommation électrique d'une exploitation proviennent de la traite. Il n'y a donc que du positif dans cette opération et ce partenariat".

Christian Couet, vice-président du conseil général d'Ille-et-Vilaine, et maire de Pleine Fougères. "J'exprime toute ma satisfaction de voir les agriculteurs s'engager dans le développement durable, malgré la conjoncture qui leur est défavorable".

Gilles Petitjean, directeur régional de l'Ademe. "Au delà des économies d'énergie, cette opération permettra de créer une activité industrielle et artisanale pour des opérateurs bretons".

Louis Biannic, directeur de la DRAAF. "Le Plan de performance énergétique (PPE) a permis d'injecter, en 2009, 5,5 millions d'euros de crédits en Bretagne, soit 17% des crédits nationaux. C'est plus du double de sa quote-part habituelle. En 2010, 3,5 millions sont programmés. Cette action s'inscrit dans la durée".

Michel Cadot, préfet. "L'exemplarité de cette action est qu'elle provient d'une initiative des professionnels et non pas d'en haut. Vous avez su vous adapter pour bénéficier du financement du PPE. (...) Si l'on veut donner encore plus de contenu au projet énergétique breton, il faut passer à la vitesse supérieure. Il existe des possibilités importantes de financement. En 2010 de nombreux rendez-vous devront nous permettre de nouvelles orientations et de nouveaux moyens".

Au Gaec Sorin : retour sur investissement en 5 ans

"On n'a pas inventé grand chose. On a repris ce que faisaient nos parents et on l'a amélioré", lance Annie Sorin, l'une des associés du Gaec du même nom, qui vient de faire visiter l'installation du pré-refroidisseur. Il s'agit d'un modèle tout en longueur, l'un des tous premiers installés en Bretagne.

Le Gaec compte 3 associés en plus d'Annie : son époux, Jean, leur fils Guillaume, et la soeur d'Annie, Cécile Roger. Il emploie un salarié. Mais c'est un peu Guillaume qui a poussé à la roue pour installer ce pré-refroidisseur. "Ayant travaillé sur une exploitation faisant de la transformation, j'ai été sensibilisé à ce problème de consommation d'énergie, explique-t-il. Il a ainsi fait effectuer, l'an dernier, par l'Inra, un diagnostic énergétique. "J'étais déjà en dessous de la moyenne, car j'ai déplacé à l'extérieur les deux groupes frigorifiques du tank à lait. J'ai ainsi pu baisser ma consommation de 37%".
L'atelier laitier compte 80 vaches avec un quota annuel de
740 000 litres. L'installation du pré-refroidisseur, mis en marche en décembre, l'an dernier, a coûté un peu plus de 4 000 euros auxquels se sont adjoints près de 1200 euros pour valoriser l'eau tiédie servie aux animaux. Le Gaec possède ainsi deux cuves de 1 000 litres pour stocker cette eau qui est ensuite distribuée au moyen de 3 abreuvoirs. En été, elle peut aussi servir au lavage de l'aire de traite.
La subvention du conseil régional et du conseil général (40% au maximum) devrait atteindre  plus de 2200 euros. L'économie d'énergie annuelle attendue est de l'ordre de 600 euros. Le temps de retour sur investissement serait donc de 5 ans.

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