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Région Bretagne : "Nous sommes fiers de nourrir la France"

Loïg Chesnais Girard, mercredi dernier, a rencontré des acteurs économiques et des éleveurs laitiers en Côtes d'Armor afin de faire part de son soutien aux agriculteurs bretons dans une démarche de "bien-manger pour tous". Une prise de parole sobre, tournée vers la profession agricole.

Le président de Région, Loïg Chesnais Girard avec Thomas Couëpel, président de la coopérative Le Gouessant à Lamballe le 19 août.

Le président de la Région bretonne a débuté sa journée costarmoricaine par une visite matinale de l'élevage de volailles de chair de Thomas Couëpel, président de la coopérative Le Gouessant, basée à Lamballe. La courte intervention de Loïg Chesnais Girard faite à la presse s'adressait en premier lieu au monde agricole. "Nous sommes fiers, nous Bretons, de nourrir la France. La Bretagne envoie un million d'oeufs par jour à Paris", pointe-t-il. Une mission qui n'a pas failli même pendant le confinement qui a montré l'importance de l'autonomie alimentaire. "Si nous avions manqué de lait, de beurre..., la tension aurait été plus grande". Aussi Loïg Chesnais Girard veut une région bretonne toujours productive dans 50 ans. Cela passe évidemment par l'installation des jeunes. "Avec l'intelligence artificielle et les objets connectés, les nouveaux métiers de l'agriculture sont aussi passionnants. La jeunesse doit être fière de venir piloter des exploitations agricoles, c'est ça l'enjeu". Il s'agit également d'accompagner les agriculteurs en production. "C'est tout le travail que l'on mène avec les coopératives. La Région a l'ambition d'être un partenaire du Gouessant notamment", a-t-il indiqué. Sans opposer les modèles agricoles, au contraire, il a défendu "le bien-manger pour tous" avec toute "une typologie de produits achetables par le consommateur".

 

Une complexité difficile à expliquer

Il a souligné les enjeux à relever, ceux du changement climatique, de la qualité de l'eau ou encore de la biodiversité. "Cela fait 40 ans que les agriculteurs font des efforts" et que la société ne mesure pas cette complexité "difficile à expliquer". "Il faut accepter la complexité et c'est avec tout le monde qu'on résoudra les problèmes", dit-il dans un souhait probablement d'apaisement et non de dénigrement du secteur agricole.
A été évoqué le rachat de l'abattoir Ronsard (Eureden) à Bignan (56) par le groupe volailler LDC, ce qui devrait aboutir à la construction d'un nouvel abattoir d'ici 2023, au détriment de l'abattoir de Châteaulin, ce qui ravive la polémique.
Pour la Région, LDC et Eureden s’engagent de manière volontariste dans la dynamique portée par la Région Bretagne. Pour Thomas Couëpel, président du Gouessant, il est évident que "l'importation n'est pas acceptable ! LDC investit fortement dans la région et il faut les en remercier. Nous adhérons au cahier des charges. 50 % de notre parc est en lumière naturelle, demain ce sera 100 % : on veut récupérer les parts de marchés perdues".

 

"Osons la régionalisation"

Ce qui (pré) occupe la Région est la régionalisation des aides directes de la PAC. Unique en France, début juillet, le conseil régional a demandé la gestion des aides du 1er et 2e pilier dans le cadre de la "différenciation" voulue par Emmanuel Macron et afin de mener à bien trois priorités envers le modèle agricole familial, l’agroécologie et la compétitivité des exploitations. Dans un document, le groupe de travail encadré par Olivier Allain, propose notamment à l'intérieur du 1er pilier : des aides directes plafonnées à l’actif (plafond entre 20 000 et 30 000 € avec transparence des Gaec) ; une aide directe forfaitaire minimale pour les plus petites exploitations ; un paiement redistributif renforcé (autour de 30 % des aides directes) ; des aides couplées sur certaines filières dont le secteur allaitant et les protéagineux (jusqu’à 10 %)... Quant au 2e pilier, il est proposé des contrats agro-écologiques forfaitaires incluant les "MAEC système", la Bio et l’agriculture de conservation à hauteur de 30 % du Feader minimum et des soutiens à l’investissement type "PCAEA" dans le cadre de contrats de transition agroécologique. Enfin, la Région estime qu'elle devrait bénéficier, regard de sa surface agricole, de 3,5 milliards d'euros sur 7 ans.
Au sein de la profession agricole, les positions sont contrastées. Certains estiment qu'il faut conserver une gestion des aides directes de la PAC au plus près du territoire pour conserver les aides, "estimant que l'agroécologie est de toute façon inscrite dans le futur", quand d'autres craignent un surcroît d'agroécologie et l'abandon d'un modèle d'agriculture tournée vers l'export.
La position nationale est en défaveur de la Région. Loïg Chesnais Girard, à Lamballe, a commenté très succinctement la situation : "nous gérerons la PAC qui nous reviendra avec tout le sérieux et l'envie".

 

 

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