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Réguler les choucas des tours ou indemniser leurs dégâts

Ces trois dernières années, les choucas des tours auraient causé plus d'un million d'euros de dégâts aux cultures dans le Finistère. Pour faire face à une population en recrudescence depuis une dizaine d'années, la chambre d'agriculture demande un déclassement de cette espèce protégée ou une indemnisation des dégâts.

"Cette parcelle de 3 ha a été complètement ravagée". Certes, le bord de la parcelle a été épargné. Mais il suffit de faire quelques mètres à l'intérieur du champ pour se rendre compte des dégâts : venus en nombre, les choucas des tours ont arraché les jeunes plants de maïs pour en consommer la graine. Et de larges zones ont été "nettoyées", obligeant Patrick et Mathieu Charpentier, producteurs de porcs à Mellac, à ressemer. "Mais le rendement ne sera plus au rendez-vous".

Dans les environs de Quimperlé, la chambre d'agriculture a recensé plus d'une quinzaine de producteurs touchés. "Un éleveur bio a même perdu la moitié de son maïs, relate Bruno Goenvic. Comment va-t-il nourrir ses animaux en hiver ? Jamais il ne trouvera de fourrage bio à acheter".

 

200 000 choucas

 

Voilà maintenant une bonne dizaine d'années que la chambre d'agriculture tire la sonnette d'alarme. "Le nombre de choucas des tours ne cesse de progresser, constate Didier Goubil. Il y en avait moins de 50 000 dans les années 90. On en dénombre désormais plus de 200 000". Et le maïs n'est pas la seule culture à souffrir de leur appétit vorace... "Ils arrachent aussi les jeunes plants de légumes, mangent les pois et les grains de céréales sur pied, percent les bâches d'enrubanné...". Au point que la chambre d'agriculture évalue les dégâts à 1,1 million d'euros sur les trois dernières années. Sans compter les feux de cheminée voire les intoxications au monoxyde de carbone provoqués par leurs nids, qui viennent obstruer les conduits. "Mais le choucas est une espèce protégée, rappelle l'élu en charge du dossier faune sauvage à la chambre d'agriculture On ne peut que l'effaroucher, ce qui ne va faire que décaler le problème chez les voisins".

Depuis des années, la chambre d'agriculture demande que cette espèce soit déclassée. "Ou, qu'au moins, elle ait un statut d'espèce protégée régulable comme l'est le flamand rose dans les rizières de Camargue". Une demande qu'elle a porté hier au CRSPM, le Comité régional scientifique de protection de la nature, à Rennes. "Sinon, il faut indemniser les agriculteurs".

 

 

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