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Pour développer l'Agriculture biologique
Relever le défi de la transmission

Des installations dynamiques mais des conversions qui marquent le pas, l'année 2010 au Gab sera celle du de franchissement des 3 % de la SAU départementale en agroobiologie. Un chiffre qui fait du Morbihan le premier département breton en terme de surface. Mais la difficulté d'accès au foncier pénalise le développement de l'agrobio, ce malgré un marché toujours porteur.

Lors de leur assemblée générale, mardi dernier au Lycée du Gros Chêne à Pontivy, les membres du GAB se sont donnés rendez vous le 26 novembre à Colpo pour les 25 ans de leur groupement.
Lors de leur assemblée générale, mardi dernier au Lycée du Gros Chêne à Pontivy, les membres du GAB se sont donnés rendez vous le 26 novembre à Colpo pour les 25 ans de leur groupement.
© claire Le Clève

 

Certes, le GAB qui fêtera le 26 novembre prochain, à Colpo, ses 25 ans, peut se réjouir d'avoir vu progresser les surfaces cultivées en agrobiologie dans le Morbihan. Elles ont franchi la barre des 3 % pour 330 fermes (soit 3,5 % des exploitations morbihannaises). 162 d'entre elles adhérent au Groupement des agriculteurs biologiques. "Pour autant, on reste bien loin des objectifs du Grenelle qui a fixé la SAU en bio à 6 % en 2012, et le double pour 2020 assortis de 20 % de l'approvisionnement dans les cantines scolaires" relèvent Evelyne Normand et Eric Scallier, co présidents du GAB 56..

 

Les conversions marquent le pas

Un objectif bien mal parti pour les représentants du groupement invoquant pour raison principale "le désengagement de l'Etat. Les aides au maintien à l'agriculture biologique ou à la conversion diminuent. On nous annonce encore des restrictions. Il va falloir être imaginatifs pour continuer notre développement", constatent t-il. Car facteur inquiétant, "Les conversions ont fléchi en 2010" notent t-ils. "Les agriculteurs qui étaient proches de la bio avec un système herbager ont franchi le pas en 2008-2009, la crise du lait les y aidant". De 45 pré-diagnostics à la conversion en 2009, le nombre est passé à 21 l'an dernier. Pour susciter des vocations, le Gab du Morbihan a noué de nouveaux partenariats, notamment avec les bassins versants de L'Oust, de la Sarre à l'Evel ou celui du Loch pour accompagner l'agriculture conventionnelle dans l'adoption de nouvelles pratiques pour protéger les cours d'eau. Même souhait avec les relations nouées avec le Lycée du Gros Chêne à Pontivy dont la ferme d'exploitation est pour partie en bio sur l'atelier volaille, 20 ha de cultures et le magasin de vente. Pour accompagner les exploitations en place, le Gab a recentré ses actions sur l'appui technique "nécessaire", le renforçant grâce au recrutement d'un 3eme technicien. "Sur les 12 000, les 2/3 sont en surface fourragère. Ça reste fragile des années comme celle ci. Il va falloir sécuriser nos systèmes, aller vers des associations, de nouvelles variétés, peut être diminuer les cheptels. On a sans doute quelques génisses en trop cette année" pointe Jean Noël Le Quintrec.

 

Lever le frein de la transmission

Et si les installations se sont montrées dynamiques, les porteurs de projets se heurtent à la difficulté de trouver du foncier. "C'est bien de vouloir développer la consommation mais si on ne développe pas l'installation, on renforce l'importation", poursuit-il . La démonstration est imparable et le constat terrible. Malgré les 26 installations enregistrées l'an passé en agriculture biologique, essentiellement en maraîchage, soit près du tiers des installations aidées dans le Morbihan, "la consommation reste plus forte que ce que n'offre production locale", pointent Evelyne Normand et Eric Scallier. Des installations qui se heurtent au poids des mentalités. "Beaucoup de porteurs de projets ne sont pas issus de milieu rural et ça pose problème avec des cédants qui ne veulent pas faire confiance à des gens qui ne viennent pas de leur milieu et qui pensent que leurs 30 ou 40 ha ne peuvent aller qu'à l'agrandissement, c'est dommage", déplorent-ils, soulignant que de nouveaux modèles agricoles sont à réinventer.

 

Claire Le Clève

 

Lors de leur assemblée générale, mardi dernier au Lycée du Gros Chêne à Pontivy, les membres du GAB se sont donnés rendez vous le 26 novembre à Colpo pour les 25 ans de leur groupement.

 

Blé bio cherche moulin

 

Ce pourrait être le texte d'une petite annonce : "urgent blé bio cherche moulin pour faire sa farine". Le projet de blé panifiable soutenu par le Gab, avance. "La production de blé existe. Les boulangers que nous avons enquêtés font preuve d'une attente forte. Ce qui manque, c'est le moulin susceptible de faire une farine 80" résume Évelyne Normand. Un appel à candidature révélateur du manque d'outils de transformation et d'interfaces dont souffre la bio. "La demande des GMS, du rectorat etc est forte en produits bios dont nous importons 40 % de ce que nous consommons faute d'organiser la production pour des filières plus longues. Nous travaillons sur cette problématique notamment grâce à la maison de la bio que nous avons créée l'an passé. Elle rassemble tous les acteurs de la filière".

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