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"Remettre la gestion des aides au niveau national est une aberration, un recul"

L'annonce du gouvernement de faire "remonter" la gestion des aides MAEC et bio au niveau national, fait bondir les Régions qui profiteront du Space pour se fédérer et interpeller le ministre de l'Agriculture. Loïg Chesnais-Girard, président de la Région Bretagne, refuse que les Régions soient privées de leviers d'action leur permettant d'atteindre les objectifs affichés sur le bien-manger et l'environnement.

Loïg Chesnais-Girard, président du conseil régional de Bretagne.

La Région se veut un acteur majeur de l'orientation de l'agriculture face aux enjeux environnementaux, économiques et sociétaux. Or la baisse du budget global consacré à l'agriculture au niveau européen, la recentralisation au niveau national des budgets consacrés aux MAEC (mesures agro-environnementales et climatiques) et aux aides bio (230 millions d'euros en cinq ans pour 5 000 agriculteurs bretons) ne présagent rien de bon.

 

Accélérer la transformation du modèle

Pour Loïg Chesnais-Girard, il faudrait au contraire "accélérer la transformation du modèle", et pour cela il considère que les Régions sont des acteurs incontournables. Sur les MAEC, il estime que les "Régions n'ont pas démérité", que "leurs méthodes portent leurs fruits". Il rappelle que "les Régions sont là depuis le début sans à-coups" et qu'il serait pour résumer "aberrant de remettre la gestion de ces aides au niveau national".

"Avoir un cadre national est indispensable, mais l'adaptation locale est tout aussi importante. C'est en substance l'atout et le savoir-faire des Régions. Je demanderai absolument et fermement le maintien de ces aides à la Région". D'autant que la Corse aurait obtenu un statut particulier, et aurait d'ores et déjà la garantie de continuer à gérer ces dossiers. "Nous allons travailler sur la différenciation comme la Corse. S'il est possible de maintenir la gestion de ces aides en Corse, on ne voit pas pourquoi ce ne serait pas possible en Bretagne", qui est, rappelle Olivier Allain, la région qui consacre le budget le plus important pour son agriculture.

Les ménages les plus modestes doivent pouvoir manger les produits dont nous sommes fiers.

 

Breizh COP : ambition 0 phyto en 2040

Le Space sera bien sûr aussi l'occasion de poursuivre les échanges sur la question des phyto. "Il faut entendre les angoisses des concitoyens", plaide Loïg Chesnais-Girard. "À terme, précise-t-il, il faudra se passer des produits phytosanitaires d'origine chimique". C'était d'ailleurs une des conclusions de la Breizh COP qui a décliné pour 2040 les conclusions de la COP21. Le président renouvelle sa proposition de passer par le contrat pour pouvoir continuer à produire pour l'ensemble de la population. Car l'un des enjeux de ces débats de société sera de faire en sorte que "les ménages les plus modestes puissent manger les produits dont nous sommes fiers". C'est aussi l'un des enjeux majeur de la montée en gamme des États généraux de l'alimentation, et de l'évolution sur les questions environnementales. Il ne faut pas qu'elle soit réservée à seulement une élite, au risque de voir d'ailleurs les importations prendre le pas sur tous les espaces qu'aura libérés l'agriculture bretonne.

 

Penser global

Pour Loïg Chesnais-Girard, il faut avoir une "vision globale de la transformation" du fameux modèle agricole. Penser par exemple autonomie protéique, souveraineté alimentaire, ne peut se faire qu'à l'échelle de l'Europe, dans un modèle vertueux qui ne remette pas en cause les grands équilibres autour de l'élevage. Il souligne aussi les progrès accomplis par les agriculteurs et les filières agricoles grâce en particulier à la recherche. Le président du conseil régional prend l'exemple des producteurs de tomates sous serres qui ont déjà réussi à se passer de produits chimiques. Il fixe une ambition que l'on parvienne à terme à une "utilisation de zéro carbone fossile dans l'ensemble des serres". "La transformation écologique doit aussi avoir lieu dans les serres".

Et bien sûr, comme président de Région, il souhaite que les Régions soient à la fois le levier, l'outil, et l'aiguillon qui coordonne les outils d'orientation, pour toujours accélérer la transition de l'agriculture. Pour cela il estime qu'il faut "accompagner les territoires et les filières". Réponse du ministre la semaine prochaine lors du Space. Un Salon qui décidément cette année (encore) ne manque pas d'intérêts !

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