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René Landrain, pèlerin de Saint-Jacques

Parti de Rosporden, René Landrain a rallié Saint-Jacques-de-Compostelle à pied en deux mois et demi. Producteur de lait, il a profité de ses premiers mois de retraite pour relever ce défi qu'il s'était lancé il y a une quinzaine d'années déjà.

En retraite depuis le 1er juillet 2016, René Landrain a mal vécu la fin de sa carrière. "L'exploitation était en situation difficile. Et malgré tous mes efforts, je n'ai pas pu redresser la barre". Un burn-out vient encore compliquer la situation. "Et j'ai passé un an et demi entre les hôpitaux et la maison". À deux doigts de "commettre l'irréparable", il décide de tourner la page à sa façon. "L'idée de faire un jour le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle me trottait dans la tête. Là, c'était le moment : j'avais besoin de mettre de l'ordre dans mon vécu, besoin de réfléchir pour tourner la page et passer à autre chose".

Si son métier ne lui laisse que peu de temps pour s'entraîner, il adhère quand même au club local et part, aussi souvent qu'il le peut, pour des randonnées de 10 à 12 km. Puis il met à profit ses premiers mois de retraite pour passer à la vitesse supérieure. "J'ai marché tous les jours. Et je suis parti une semaine avec les Amis de Saint-Jacques puis 13 jours pour rallier Nantes".

Il prépare soigneusement son périple, réserve ses premiers hébergements... et c'est parti pour deux mois et demi de marche en solitaire. "Ce fut une expérience formidable", s'enthousiasme René, qui ne cache pas avoir vécu aussi des moments difficiles. "Parfois, je me demandais ce que je faisais dans cette galère". Une ampoule le fait notamment souffrir pendant quinze jours, l'obligeant à consulter. "Mais je ne pouvais pas arrêter".

S'il avait mal aux pieds ou au dos à l'entraînement, il ne ressent plus rien sur la route, alors que son sac à dos pèse 12 kg. "Certes, le soir, j'étais fatigué. Mais au matin, après une bonne nuit de sommeil, j'étais à nouveau frais et dispos". Au gré de journées très chaudes et de marche sous la pluie, il laisse néanmoins 10 kg dans l'aventure. "Mais je sens que je les reprends peu à peu".

Catholique, comme bon nombre de Bretons, il n'est guère pratiquant et ce n'est pas la religion qui l'a poussé sur les routes. "Mais je me suis quand même arrêté dans quelques cathédrales, églises ou chapelles pour me poser et réfléchir".

L'agriculteur en retraite ne manque pas non plus de regarder autour de lui. "J'ai découvert de magnifiques paysages. Et une agriculture marquée par la sécheresse". Si les Landes et ses routes en ligne droite à perte de vue ne l'enthousiasment guère, la Vendée l'a marqué. "J'y ai vu beaucoup de maisons à vendre, des fermes en ruines... Et pendant deux jours, je n'ai pas trouvé un seul commerce pour acheter à manger".

Ses plus beaux souvenirs ? "L'accueil des gens, quand j'ai frappé aux portes pour demander de l'eau ou chercher un hébergement. Et les échanges avec les autres marcheurs, de toutes nationalités".

Un soutien actif

Le jour du départ, le 15 août, René est entouré de sa famille, qui fait un bout de chemin en sa compagnie, et de ses amis du club de randonnée, qui l'accompagnent sur la première étape. "Tout au long du voyage, je leur ai donné des nouvelles via Internet. Et je prépare un diaporama pour partager avec eux ce que j'ai vécu".

Un chemin balisé

"Le chemin est balisé d'un bout à l'autre", indique René, qui en étapes de 27 km de moyenne, a mis deux mois et demi à parcourir les quelques 2 000 km qui séparent Rosporden de Saint-Jacques-de-Compostelle. "Je ne me suis perdu qu'une fois ou deux. Parfois, on est en pleine nature et on ne rencontre personne de la journée. D'autres fois, on longe l'autoroute A10".

Le Puy en Velay

Arrivé à Saint-Jacques-de-Compostelle avec un peu d'avance, René poursuit son périple jusqu'au Cap Finisterre, avant de prendre l'avion et de rentrer en Bretagne. Mais déjà l'envie de repartir le taraude. "L'an prochain, je participe au Tro Breizh. Et j'aimerais bien refaire le chemin de Saint-Jacques, du Puy-en-Velay à Saint-Jean-Pied-de-Port".

 

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