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VERS UN RÉORGANISATION DE LA FILIÈRE PORCINE
"Restons unis" prônent le CRP et l'UGPVB

Face aux industriels, face à la grande distribution, il faut que les producteurs restent unis : c'est le message qu'ont délivré Marcel Corman, président de l'UGPVB(1), et Fortuné Le Calvé, président du CRP(2), jeudi au Space.

Marcel Corman (UGPVB) et Fortuné Le Calvé (CRP) ont balayé tous les sujets de l'actualité porcine.
Marcel Corman (UGPVB) et Fortuné Le Calvé (CRP) ont balayé tous les sujets de l'actualité porcine.
© Terra

Le projet d'union régionale type Cérafel s'est envolé en même que la structure légumière a été promise à l'extinction, "un gaspillage sans nom", juge d'ailleurs Fortuné Le Calvé. Place aujourd'hui à une AOP, Association d'organisations de producteurs, qui semble plus au goût du jour. "Partout on nous dit que notre projet est bon, précise le président du CRP, mais il nous faudra la bénédiction des instances politiques nationales. Notre vocation n'est pas de casser l'interprofession nationale, mais il est évident que certains grands sujets peuvent être traités au niveau régional".

A l'échelon du grand Ouest

Ici, face à la concentration des outils industriels, mais aussi parce 80% de la production se fait dans le grand Ouest, on envisage même une structure dépassant le simple cadre de la Bretagne. Des points de vue totalement partagés par Marcel Corman, qui estime que les organisations de producteurs "sont à un carrefour. Ce serait une faute majeure de ne pas faire cette AOP. Il faut créer une passerelle entre le monde économique et le monde syndical, ajoute-t-il en guise d'avertissement, sinon les éleveurs pourraient avoir des expressions de mécontentement spontanées et désorganisées". Sans compter les risques de délocalisation de la production ou d'intégration avec la fin du MPB, d'une répartition des marges déséquilibrée, si les éleveurs ne peuvent faire entendre leur voix.
Quant à la conjoncture, Fortuné Le Calvé, dit avoir "moins peur aujourd'hui qu'il y a quelques mois". La baisse des cours du blé et du soja lui permet de retrouver espoir, mais il n'en oublie la situation catastrophique que connaissent 40% des producteurs, ceux qui au terme de 18 mois de crise, ne gagnent pas d'argent ou en perdent. 310 millions de perte sèche pour la Bretagne : tel est le chiffre cité par Marcel Corman, la crise s'étant accélérée dans les 6 derniers mois faisant passer de 17 à 35 le pourcentage d'éleveurs affichant une trésorerie négative. Et les aides ou soutiens en tous genres sont loin de compenser cette perte, souligne encore le président de l'UGPVB, jetant au passage une pierre dans le jardin des banques qui n'ont acté que 2,5 millions de fonds FAC, sur les 3,5 qui seraient nécessaires.

GMS et environnement

Les rapports entre la grande distribution et le monde agricole ne sont pas au beau fixe. Les producteurs de porc dénoncent l'attitude de la première en demandant plus de transparence dans les transactions. "Nous avons pris acte des propos du Premier Ministre, mais nous attendons de voir, prévient Marcel Corman. Nous ne voulons pas être les otages du pouvoir d'achat, ajoute-t-il aussitôt, sinon qu'on ne vienne pas nous parler de sécurité alimentaire". Au passage, l'UGPVB et le CRP appellent de leurs vœux une nouvelle forme de communication de la part d'Inaporc s'appuyant sur un engagement de la distribution quant à la cohérence des prix.
"Bien des politiques, sans le dire, seraient contents qu'on disparaisse, car, pour eux, ce serait une source d'ennuis en moins". C'est la conclusion sans ambage que tire Fortuné Le Calvé des tracasseries liées à l'environnement que subissent les producteurs de porcs. "En matière d'autorisation, on n'y comprend plus rien, ajoute-t-il. Nous avons interpellé le Premier Ministre là dessus. Nous sommes d'accord pour qu'il y ait des contrôles, mais si les règles sont respectées, c'est anormal d'empêcher les gens de travailler ou les jeunes de s'installer".

(1) Union des groupements de producteurs de viande de Bretagne.

(2) Comité régional porcin.

FNP : sur la même longueur d'onde

Dans ce climat de reprise jugée incertaine par la FNP, lors d'une conférence de presse tenue également à l'occasion du Space, plusieurs dossiers interpellent les élus de la fédération. L'arrêt des restitutions à l'exportation tout d'abord. "Nous voulions le prolongement des restitutions au moins jusqu'à la fin de l'année, la Commission les a stoppées en août", a regretté Jean-Michel Serres, le président de la FNP qui réclame de l'Etat un assouplissement de la réglementation des installations classées pour s'adapter à la progression de la résorption des excédents azotés, et ainsi redonner du souffle aux exploitations en accélérant la restructuration, y compris dans les zones d'excédents structurels. "Nous avons demandé au gouvernement d'y songer pour le premier semestre 2009", a précisé Jean-Michel Serres. En échange, la FNP propose à l'Etat que la filière fasse preuve de transparence, à savoir que "le syndicalisme et la coopération lui transmettent toutes les données qu'il ne peut pas forcément croiser, dans un contexte de réforme de ses services, comme l'environnement, le foncier".

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