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Restrictions des usages de l'eau dans le Morbihan

Les quelques gouttes tombées ces dernières semaines n'y peuvent rien, notre département connaît une situation de sécheresse comparable à celle de 1989 ou 2003. Comme beaucoup d'autres départements français, le Morbihan se trouve actuellement au seuil 1 dit d'alerte. Afin d'améliorer la situation pour ne pas atteindre le seuil 2, le préfet a pris un arrêté de restriction et de suspension des prélèvements d'eau.

Jean-Marc Galland, secrétaire général de la préfecture, à l'initiative de l'arrêté, entouré de Françoise Jehanno, directrice d'Eau du Morbihan et de Philippe Charreton, directeur de la DDTM. Ces derniers ont rappelé quels étaient les enjeux qui présidaient à la gestion des eaux du département lors d'une conférence de presse le 24 juillet.
Jean-Marc Galland, secrétaire général de la préfecture, à l'initiative de l'arrêté, entouré de Françoise Jehanno, directrice d'Eau du Morbihan et de Philippe Charreton, directeur de la DDTM. Ces derniers ont rappelé quels étaient les enjeux qui présidaient à la gestion des eaux du département lors d'une conférence de presse le 24 juillet.
© Terra

En juin, la pluviométrie a été à peine conforme à la moyenne. En juillet, elle a été très en dessous. Le niveau de la ressource souterraine est en-dessous de la moyenne pour la période estivale. L'indice d'humidité des sols, malgré les pluies observées entre le 18 et le 21 juillet, reste quant à lui inférieur à la médiane et comparable à celui de l'année 1976, l'année de référence. L'examen des 9 points de mesure sur les cours d'eau du département montre que deux d'entre eux ont franchi le seuil d'alerte de niveau 1 depuis le 18 juillet : l'aval du Blavet à l'ouest et le lac au Duc à l'est. Autant d'indices qui convergent pour établir un constat de déficit et définir une situation de sécheresse de seuil 1 dit d'alerte. En d'autres termes, si aujourd'hui la situation n'atteint pas celle de 1976, elle est néanmoins comparable, et de manière préoccupante, à celle de 1989 ou de 2003. C'est à la fois pour redresser la barre et éviter le passage en niveau 2 que le préfet a pris un arrêté de restriction des prélèvements d'eau.

Une sécheresse partagée

Le déficit hydrique que nous connaissons concerne à ce jour une soixantaine de départements. Les conséquences se font sentir, notamment sur les cultures, à tel point que dans certaines régions, des agriculteurs se sont décidés à ensiler un maïs qui, faute de pluie, ne se décide pas à former un épi et sèche sur pied. On peut d'ores et déjà prévoir des fourrages 2015 peu abondants et de piètre qualité.

Dans notre département, la situation est particulière, en raison de l'assec du lac de Guerlédan. En effet, cette retenue sert habituellement de château d'eau à la population morbihannaise puisqu'elle fournit l'eau potable de la quasi totalité du territoire, à l'exception de Vannes et de Lorient. La disparition de cette réserve conduit le distributeur à solliciter d'autres captages, ce qui aggrave une situation de sécheresse générale.

La gestion de la ressource est par ailleurs complexe parce qu'il existe un phénomène de vases communicants à l'échelle du territoire, ce qui impose de le considérer dans sa globalité. Ainsi, Eau du Morbihan prélève prioritairement dans le Blavet pour préserver le reste du stock, à savoir le lac au Duc, la retenue de Tréauray et celle de Tregat. Ce stock sera sollicité pendant l'arrière saison.

Abreuver un million d'habitants

Car à moins de précipitations abondantes dans les jours qui viennent, le plus difficile est probablement devant nous. La consommation d'eau connaît en effet un pic pendant la première quinzaine d'août, période de fréquentation touristique maximale, durant laquelle la population du Morbihan dépasse le million d'habitants. Des habitants qu'il faut absolument être en mesure d'abreuver en eau potable. En outre, il reste encore l'arrière-saison à passer avant d'espérer une amélioration. C'est pourquoi des restrictions des usages de l'eau ont été décidées, autant pour le réseau (interdiction de laver sa voiture, de remplir sa piscine, d'arroser son jardin) que pour les prélèvements d'eau superficielle ou souterraine (restrictions d'irrigation, par exemple). Concernant les activités qui consomment beaucoup d'eau (les abattoirs, les usines de transformation des produits laitiers, etc.) les établissements seront suivis au cas par cas.

En cas d'infraction à cet arrêté, la peine encourue est une amende de catégorie 5, qui s'élève à 1500€. Mais il s'agit surtout de faire appel au civisme pour un usage responsable de l'eau.

Restrictions spécifiques au domaine agricole

Interdiction de l'irrigation agricole entre 11h et 18h sauf pour :

  • L'irrigation de légumes en maraîchage et cultures spéciales (horticoles, pépinières, médicinales, aromatiques) en plein champ ou sous serres, quels que soit l'origine de l'eau et le mode d'irrigation ;

  • L'irrigation des légumes industrie à partir des plans d'eau autorisés.

Obligation pour les installations classées pour la protection de l'environnement de renseigner leur registre de prélèvement hebdomadaire et, le cas échéant, de mettre en œuvre les dispositions en cas de pénurie figurant dans leur arrêté d'autorisation.

L'arrêté est consultable dans son intégralité en mairie ou sur le site de la préfecture.

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