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L'aviculture bretonne
Risque de manquer d'hommes et de poulaillers

Alors que le parc breton vient de perdre un poulailler sur trois et que 56% de ses exploitations sont en équilibre instable, que va devenir l'aviculture bretonne ? La diminution du parc est plus rapide que le nécessite l'adaptation au marché. Ce constat a été dressé à Vannes, lors de la journée avicole organisée par la FDSEA du Morbihan et la Chambre d'agriculture, mercredi dernier.

A la tribune, Guy Odri, directeur général du groupe Doux, Eugène Schaeffer, président de l'office des viandes et de la CFA, Jean Michel Choquet, responsable avicole de la FDSEA du 56, Guy Hellegouarch, président d'UKL et Hervé Thiboult, élu chambre au titre du collège des salariés.
A la tribune, Guy Odri, directeur général du groupe Doux, Eugène Schaeffer, président de l'office des viandes et de la CFA, Jean Michel Choquet, responsable avicole de la FDSEA du 56, Guy Hellegouarch, président d'UKL et Hervé Thiboult, élu chambre au titre du collège des salariés.
© TerrA

Une maigre amélioration des marges grignotée par l'augmentation des charges, un effet groupement significatif sur du moyen terme, un parc qui vieillit. La volaille bat de l'aile et ce d'autant plus en Morbihan, que le département est affecté par des résultats qui patinent en dinde, production leader. "11 % des exploitations avicoles sont aujourd'hui non viables et 45 % sont en équilibre instable". Tel est le tableau, esquissé par Christian Delabrosse, chargé de mission avicole et André Soubeyrat de la CRAB. A force de crises successives, le parc breton à perdu le tiers de ses effectifs entre 2000 et 2007.

Contexte tendu

Dans un contexte, auparavant si florissant, dont les accords de Marrakech de 1992 ont sonné le glas à l'international, la France perd de la compétitivité avec la baisse des restitutions à l'international. Mais ses parts se réduisent aussi sur le marché européen, si solvable, avec la perte des marchés britanniques et allemands. Dans cette guerre, qui se gagne sur l'imposition de normes, l'Europe est devenue importatrice nette de viandes. Et dans à ce contexte, Eugène Schaeffer, président de l'office des viandes, redoute l'absence d'accords globaux comme pourrait le fait craindre l'échec de Doha. "C'est la porte ouverte à des accords bilatéraux, il n'y a rien de pire", dénonce t-il. Selon lui, la prochaine présidence française à l'UE devra permettre de réaffirmer une politique agricole forte et une préférence communautaire.

Etiquettes ou marques ?

Pour différencier la volaille française, la Confédération Française de l'Aviculture doute des effets de l'incitation de la Commission. "Ils n'ont qu'un mot à la bouche, l'étiquetage. C'est un leurre, la démarche est nécessaire mais pas suffisante", selon Christian Marinov, directeur de la Confédération, qui réclame des aides compensatrices. "L'Etiquetage, c'est un acte de foi pour nos produits", affirme Guy Hellegouarch, président d'UKL
Pour l'industriel Doux, le vrai débat de la différenciation "se fait sur des celui de marques fortes. Or notre parc breton est utilisé à faire des marques de distributeurs ou du Hard discount", donc sans grande visibilité pour Guy Odri, directeur général du groupe Doux, invité à la tribune.

Baisse plus rapide que les besoins

Alors on l'aura bien compris, le contexte est dur, tendu, avec des marges de manœuvre extérieures réduites. Mais pire encore est le risque intérieur qui se profile, pointé par l'analyse prospective de la Crab qui invite à réagir "maintenant ou jamais", selon André Soubeyrat. Entre 2005 et 2015, les contractions liées aux marchés et à la fin prévue des restitutions devraient conduire "à une baisse de 38 % de la production bretonne mais une baisse de parc bâtiment plus élevé avec un faible taux de reprise".
Le risque est donc grand, dans un premier temps, que la diminution du parc aille plus vite que la nécessaire adaptation au marché. "Le facteur limitant est l'aviculteur lui même", avec à terme, "la baisse de compétitivité pour nos filière" précise l'économiste. La récente annonce de Doux, revalorisant ses contrats (+ 30 Euros la tonne en dinde et enveloppe de 3 millions d'euros en poulet dont 2, d'aide à la reprise de parc sur 5 ans), "ce n'est pas de la saupoudrette" affirme Guy Odri, "je crois en l'avenir de cette production".

Le phosphore, "nouvelle couche"

Oui, mais jusqu'à quand, s'interroge t-on dans la salle, au vu du témoignage de cette éleveuse de Guiscriff , confrontée à la mise en place des nouvelles normes Corpen (+ 34 % de phosphore à production de dindes équivalente).
Si les industriels ferraillent pour trouver un contre feu juridique à la fin des restitutions, d'autres s'inquiètent d'un nouvel empilement réglementaire, avec l'application du nouvel équilibre sur le phosphore. "En Dinde, on est les premiers impactés, après le phosphore ce sera la potasse " déplore Laurent Kerlir, président de la FRSEA Or, pour la profession, la donne a changé avec la diminution de la pression azotée liée aux cessations, rebattant les cartes des zonage en ZES, "élément que l'administration ne veut prendre en compte" dénonce Laurent Kerlir.
Si la prise en compte de l'élément phosphore est une nécessité dans la recherche d'un équilibre de fertilisation, il conduit aujourd'hui sur le terrain à devoir privilégier le recours à l'azote minéral ! Une aberration que beaucoup dénoncent. Loin de simplifier la donne, ce nouvel empilement réglementaire, ajoute de la complexité, dans un climat économique tendu. "A force de laver plus blanc que les autres, on va devenir totalement transparents" pouvait-on entendre.

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