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Crises agricoles
Rompre l'isolement des producteurs en difficulté

Pour aider les producteurs de lait et de porc à passer la crise, la chambre d'agriculture multiplie les actions. Et se fixe pour objectif de recenser toutes les difficultés et de ne laisser personne seul face à ses problèmes.

De gauche à droite : Marie-France Marchal, présidente de la MSA, Alain Hindré, vice-président de la chambre d'agriculture, Jacques Jaouen, président de la chambre d'agriculture, et Sandra Mordelet, adjointe à la DDEA, la direction départementale de l'équipement et de l'agriculture.
De gauche à droite : Marie-France Marchal, présidente de la MSA, Alain Hindré, vice-président de la chambre d'agriculture, Jacques Jaouen, président de la chambre d'agriculture, et Sandra Mordelet, adjointe à la DDEA, la direction départementale de l'équipement et de l'agriculture.
© Terra

"Le prix du lait a chuté de 60 €/1 000 litres et, dans le même temps, les charges ont augmenté de 30 €", rappelle Jacques Jaouen, président de la chambre d'agriculture. Un effet de ciseaux particulièrement désastreux, entraînant le revenu annuel moyen aux alentours de 12 000 € pour l'année 2009, "nettement insuffisant, au regard des investissements et des heures de travail nécessaires" . "60% des producteurs gagneront moins de 15 000 €, rajoute Daniel Mazeau, directeur adjoint de la chambre d'agriculture. Et 17% auront un revenu nul ou négatif".

Parer au plus pressé

Pour faire face à l'urgence, la chambre d'agriculture a organisé 6 réunions axées sur la gestion de trésorerie. "Elles seront reconduites entre le 21 et le 25 septembre, annonce Alain Hindré, vice-président de la chambre d'agriculture. Sur ce même sujet, un dossier a également été rédigé dans le numéro de juillet de Cap Elevage". La chambre d'agriculture propose aussi des formations autour d' un outil informatique de prévision de trésorerie. "Et Avenir lait permet un audit de l'élevage sur le plan technique et économique".
En production porcine, après deux années de crise, la perte est estimée à 100 000 € pour un élevage moyen breton. Et, au second semestre 2008, le taux d'endettement moyen atteignait 81%, un élevage sur 4 ayant franchi la barre des 100%. "Aujourd'hui, même si le cours s'est relevé et couvre le prix de revient, il ne permet pas de faire face à l'arriéré".
Signe des difficultés que rencontrent les producteurs finistériens, toutes productions confondues, les impayés à la MSA sont en progression : de 3% sur le premier acompte 2009, ils sont passés à 8% pour le second.

Combattre la volatilité des prix

En lait comme en porc, seule une remontée des cours permettra une amélioration de la situation. "Dans l'intérêt des producteurs mais aussi des consommateurs et des transformateurs, il faut combattre le volatilité des prix", affirme Jacques Jaouen, qui demande à Bruxelles de remettre en place des outils de gestion de marché. "Il faut aussi une juste répartition de la valeur ajoutée au sein de la filière".

Aider les agriculteurs en difficulté

Les cours au plancher ont conduit bon nombre d'exploitations finistériennes à connaître des difficultés conjoncturelles. "Pour les aider à passer ce cap difficile, nous avons recensé toutes les actions mises en place par nos partenaires : étalement des cotisations sociales, pré-financement des DPU, avance sur ventes de lait.... Et adressé une fiche récapitulative à l'ensemble des producteurs".
Mais, pour certaines exploitations, la situation économique ou sociale est déjà fragilisée. "C'est la raison pour laquelle la chambre d'agriculture a mis sur pied un comité de pilotage, réunissant la MSA, le conseil général et l'administration, DDEA et DDSV", explique Alain Hindré. Guichet unique chargé de centraliser les informations provenant de l'ensemble des organisations professionnelles agricoles, ce comité de pilotage coordonne les actions d'appui aux agriculteurs. "Aujourd'hui, on constate qu'ils sont de plus en plus isolés face à leurs difficultés. Notre objectif est de détecter toutes les situations à problème, de ne laisser personne seul face à ses difficultés".

En pratique

En cas de difficultés, vous pouvez joindre, à la chambre d'agriculture, Françoise Fourn, au 02 98 86 59 89, ou Daniel Mazeau, au 02 98 52 49 74.

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