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À Saint-Sauveur (29), une installation menée tambour battant

Après douze ans de salariat, Tony Dague a fait le choix de l'installation en agriculture. 3 000 poules pondeuses, 35 hectares labourables dont 10 hectares de pommes de terre : s'il a opté pour un "petit" projet, les investissements sont maintenant conséquents pour mettre les deux ateliers au goût du jour. Jean-Michel Mironet, qui l'avait contacté pour lui proposer de reprendre sa ferme, lui a néanmoins facilité la reprise en commençant les investissements dont Tony avait besoin pour démarrer l'activité.

Salarié à Bretagne plants pendant 9 ans, Tony Dague vient de s'installer à Saint-Sauveur, dans le Finistère. C'est l'un des producteurs de l'organisation qui lui avait proposé, un peu comme une boutade, de reprendre sa ferme.

En cet après-midi pluvieux, entre coups de marteau et va-et-vient d'un télescopique, c'est une vraie ruche qui s'agite dans la campagne de Saint-Sauveur ! À peine installé, Tony Dague a lancé des travaux de modernisation de l'exploitation qu'il vient d'acquérir. Et déjà la charpente bois du futur hangar de tri, conditionnement et stockage de pommes de terre, se dresse fièrement au bord de la route tandis qu'à deux pas de là, les travaux battent aussi leur plein dans l'ancienne forge, qui se transforme peu à peu en centre de conditionnement d'œufs.

 

Le cédant, un pionnier de la bio

Petit retour en arrière. Originaire d'Orléans, Tony Dague commence ses études par un CAP, un BEP puis un bac pro en apprentissage. Au travail dès 14 ans et demi, il se consacre d'abord aux pépinières, avant d'opter pour un BTS technologies végétales et amélioration des plantes, à l'ESA d'Angers. "Et c'est comme ça que j'ai découvert la Bretagne, grâce à un contrat d'apprentissage à l'OBS, l'organisation bretonne de sélection, à Plougoulm".

À l'issue de ses études, il a une première opportunité pour s'installer mais le projet ne s'avère pas viable. Après plusieurs emplois en agriculture, il devient inspecteur pour Bretagne plants, un poste qu'il occupera pendant neuf ans, au plus près des producteurs de pommes de terre. "Un super boulot", s'enthousiasme-t-il. Et c'est l'un de ces producteurs qui lui proposera, un peu comme une boutade, de reprendre sa ferme, à Saint-Sauveur. "Jean-Michel Mironet était l'un des pionniers de la bio dans le Finistère, avec une dizaine d'hectares de plants de pommes de terre et 3 000 poules pondeuses". Une taille d'exploitation qui colle bien avec les convictions du futur agriculteur.

 

Installé en 8 mois

Et l'histoire s'accélère puisque, contacté mi-juillet 2018 par le cédant, Tony Dague s'installe huit mois plus tard, au 1er mars. "De l'avis de tous, banque, centre comptable, chambre d'agriculture, ce fut une installation express". Il ne ménage pas ses efforts pour mener de front études économiques, devis pour remettre les bâtiments au goût du jour, formalités liées à l'installation... "J'ai été super accompagné", reconnaît-il, mettant en avant le parcours à l'installation de la chambre d'agriculture, les formations du Gab... "Jamais, je n'ai appris autant de choses en si peu de temps".

Si un contrat de parrainage est d'abord envisagé, le projet n'ira pas à son terme, faute de temps. "Ç'aurait pourtant été bien, reconnaît l'éleveur, qui a néanmoins travaillé un temps aux côtés du cédant. Et il a facilité la reprise, en commençant, avant même mon installation, les investissements dont j'avais besoin pour bien démarrer mon activité". Des investissements qui s'avèrent plus élevés que prévu. "Il est très compliqué de tout prévoir dans les devis".

Semaine de la Transmission

Diminuer la pénibilité du travail

Peu à peu, Tony Dague prend ses marques dans son nouveau métier, qui combine production et vente directe. "Pour le moment, j'ai 7 lots de poules, ce qui est très chronophage". Disposant d'un grand parcours, elles sont hébergées en petites cabanes mobiles, faciles à déplacer. "Mais rien n'est mécanisé, ni l'alimentation ni le ramassage des œufs, trois fois par jour". La calibreuse est, elle aussi, gourmande en main d'œuvre. Et l'éleveur attend avec impatience la mise en route de son nouveau local. "Pour le moment, on travaille dans le garage de Jean-Michel. Et on se marche un peu sur les pieds... Demain, le local sera bien plus grand et plus lumineux, grâce à de larges baies vitrées". Et le travail nettement moins pénible. "C'est l'une de mes priorités ! Je veux que mes salariés soient bien au travail, et qu'ils restent longtemps avec moi".

Contacts téléphoniques, préparation des commandes, livraisons de Lannion à Brest : en œufs comme pour une partie des pommes de terre, la vente directe demande du temps. "Ici, la charge de travail est monumentale", résume Tony Dague, qui avoue ne pas compter ses heures, tout en restant attentif à garder du temps pour sa vie de famille et sa fille de deux ans, son épouse venant à son tour de franchir le cap de l'entrepreneuriat en rachetant, en association, une biscuiterie à Plouigneau.

 

 

 

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