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Salariat : l'agriculture se professionnalise

L'AEF, en collaboration avec la MSA, le Pôle Emploi, la chambre régionale d'agriculture de Bretagne et la Direcct a réalisé l'observatoire de l'emploi en agriculture. Les chiffres de 2014 illustrent le contexte ambiant entre difficultés économiques et recours au salariat pour assurer un travail qualifié.

L'AEF 22 dispose en permanence d'une cinquantaine d'offres d'emplois.
L'AEF 22 dispose en permanence d'une cinquantaine d'offres d'emplois.
© H.B

Au travers de quatre champs d'analyses (les exploitations, l'emploi salarié, les données statistiques sur le marché du travail et la formation professionnelle), cet observatoire met en exergue la désormais habituelle diminution du nombre d'exploitations et le développement du salariat. Un phénomène qui s'explique largement par l'agrandissement des exploitations. Julie Jacq, chargée de mission à l'AEF, rappelle que "dans ce contexte, la promotion des métiers devient une mission de plus en plus importante. Nous souffrons d'un déficit d'image et d'un manque d'attractivité pour recruter des personnes qualifiés". Une problématique cependant difficile à retrouver dans des chiffres qui précisent que la grande majorité des salariés agricoles sont titulaires, à minima, du niveau baccalauréat. "À noter que les secteurs de production qui proposent des postes sans qualification déposent moins d'offres d'emploi quand le taux de chômage est en augmentation. Les entreprises recrutent suite aux candidatures spontanées",
explique Julie Jacq.

Former et fidéliser
Si 80 % des contrats sont établis en CDD (équivalent à la moyenne nationale dans les autres secteurs), la tendance est à la fidélisation des salariés. "Le CDD est une bonne passerelle pour intégrer l'entreprise", estime Régis Macé, à la tête de l'ETA Gautier (18 salariés). "Quand j'embauche un conducteur, il prend la responsabilité du chantier et travaille avec des machines
de plus de 200 000 euros... je dois avoir confiance". Au vu de l'investissement et de la technicité des outils, l'entrepreneur confie avoir de plus en plus de difficulté à travailler avec des saisonniers. "Nos métiers se professionnalisent". Un constat partagé par Julie Jacq, "l'agriculture ne cherche pas uniquement des bras aujourd'hui, mais aussi des cerveaux. C'est ce qui rend le métier plus attractif mais qui oblige les candidats, notamment en reconversion, à se former". Le dispositif Adema accompagne ce mouvement en proposant aux demandeurs d'emploi de découvrir la diversité des métiers à travers un parcours de 154 heures de formation (dont trois semaines en entreprise agricole) avant de s'investir dans une formation qualifiante.

Gaétan, 25 ans, 10 ans d'expérience
Arrivé à 15 ans en formation alternance dans l'ETA Gautier, Gaétan est aujourd'hui conducteur d'engin agricole. "Je suis en charge de la nouvelle machine de semis de précision RTK, double trémie, double ligne de semis", explique le salarié. "C'est une responsabilité, une évolution dans mon métier". Une réussite partagée par Régis Macé, le chef d'entreprise qui l'a accompagné tout au long de son apprentissage dans l'entreprise. "L'alternance est un très bon moyen de mettre le pied à l'étrier pour des jeunes qui risquent notamment un décrochage scolaire. Au bout de 3-4 ans, ces élèves repartent avec un métier dans les mains. Ils connaissent le territoire, l'entreprise et les clients". Un succès qui fait des émules. Cette année, Régis Macé à reçu une quinzaine de demandes d'apprentissage. Deux réponses seront positives.

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