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Salers : les éleveurs de l'Ouest en visite dans la Meuse

Vingt-cinq membres de l’association Salers de l’Ouest ont passé trois jours dans la Meuse pour rencontrer, sur leur exploitation, les éleveurs de cette race aux nombreux atouts.

"C’est un bon contact, un bon échange entre les régions de l’Est et de l’Ouest", résume Pascal Lefrand, président de l’association M’Salers, et éleveur à Béthelainville. Il a guidé durant trois jours un groupe de vingt-cinq personnes venues de l’Ouest de la France pour découvrir l’élevage de Salers dans la Meuse.

Des éleveurs curieux d'avancer

"Nous faisons toujours beaucoup de portes ouvertes et de visites notamment chez nos adhérents mais nous allons aussi en dehors de chez nous. Nous sommes des éleveurs curieux d’avancer", explique Jean-Louis Hervagault, président de l’association Salers de l’Ouest. Celle-ci a été créée en 1998 et regroupe 80 éleveurs répartis sur 17 départements du grand Ouest (en Bretagne, Pays de la Loire et Normandie).
"A chaque fois, en voyage d’étude, on veut voir des cas concrets, et entendre des témoignages", insiste-t-il. Leur association a choisi de venir dans l’Est suite à une rencontre avec les éleveurs meusiens lors du Space à Rennes. "Et en 2014, ils y seront encore invités".
Au programme de leur séjour, la rencontre avec Daniel Laurent, exploitant à Troussey, passionné par la race Salers et féru de concours, suivie de la visite de la ferme expérimentale d’Arvalis-Institut  du Végétal à Saint-Hilaire en Woëvre, réputée pour ses pratiques sur l’engraissement des jeunes bovins.
Le deuxième jour a été consacré à la visite du lycée de l'EPL Agro à Belleray où l’élevage est en bio depuis 2009. "On a toujours travaillé en allégé", souligne Hervé Carriat, enseignant et collaborateur sur l’exploitation du lycée, qui a présenté la ferme. L’alimentation est constituée principalement de foin et d’enrubanné. "Les animaux ne sont presque pas complémentés", poursuit l’enseignant. La reproduction s’effectue par insémination artificielle, les vêlages s’étalent sur deux périodes, l’une à la fin de l’été et l’autre à la fin de l’année. La viande est ensuite vendue sousforme de caissette en direct ou distribuée en circuit bio ou conventionnel en fonction des délais. "La promotion de la race à l’école permet de convaincre des jeunes de se lancer dans la Salers. Malheureusement, il y a un gros point d’interrogation sur le devenir du troupeau dans les années à venir", souligne l’enseignant.


Les précurseurs du Label Rouge

 

Puis le groupe devait se rendre à Béthelainville sur l’exploitation de Pascal Lefrand qui a expliqué aux éleveurs la mise en place du Label Rouge en Lorraine. "Ce qu’il ne faut pas oublier, c’est que la démarche Label Rouge, ce sont les producteurs de l’Ouest qui en sont les précurseurs. Malheureusement, il n’y a pas assez de production pour assurer en Bretagne". Avec 50 éleveurs Label Rouge en Lorraine, la région est la seule à bénéficier de l’appellation en dehors du berceau de la race.
L’après-midi était consacrée à la visite de l’exploitation de Philippe Courty qui a récemment remplacé son troupeau Charolais par des Salers. Puis, les éleveurs devaient discuter avec Richard Hennequin, de Bovins croissance, pour comparer les résultats techniques et se situer sur le plan national.
Durant la dernière journée, le groupe avait pour programme la visite de Verdun et des champs de bataille. "Les gens viennent en couple et certains prolongent même leur séjour", explique Jean-Louis Hervagault. Le voyage a donc répondu aux attentes : échanger avec des éleveurs et découvrir les principaux attraits touristiques du département.

Aurélie Jozwik

Merci à Aurélie Jozwik et à Alain Humbertclaude de la Vie Agricole de la Meuse d'avoir suivi et rendu compte du voyage des éleveurs de l'Ouest. Merci à Helène Grare pour ses écrits sur la station Arvalis de St Hilaire, et à tous les intervenants de la chambre d'agriculture 54 et 55 cités dans cet article. Photos Aurélie Jozwik.

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