Aller au contenu principal

Sanglier, le cochon de la colère

"Des dégâts dans nos champs, ce n’est pas tous les jours mais presque", se désole Guénael Le Luel. Et ce n’est pas faute de s’impliquer et d’alerter, souligne ce Monsieur chasse de la FDSEA, celui qu’on appelle quand les sangliers sont passés par là. 2 500 ont été tirés par les chasseurs l’an dernier en Morbihan. "Ce n’est pas assez", estime l’éleveur avec la FDSEA, constatant leur recrudescence.

 

 

"La crise était prévisible. Il est partout, ça devient un fléau", pointe l’éleveur laitier installé en Gaec avec son frère depuis 2002 à Questembert, chasseur à ses heures. Et de regretter mauvaise gestion et manque de prise en considération des mises en garde qui ne cessent d’enfler au fil des ans, dopées par la présence, et ses conséquences de plus en plus visibles, du cochon sauvage dans les campagnes. Mais pas que. "Il est partout, y compris dans les zones de non-chasse que sont les bordures de quatre voies, les friches, les zones péri-urbaines, les chasses privées non chassées", tempête ce responsable de la FDSEA qui pointe du doigt le réservoir de la presqu’île de Rhuys, véritable "maternité collective du Morbihan". Partout, le sanglier a le gîte et le couvert et sa population, avec des laies plus précoces et prolifiques, s’est adaptée à l’évolution des pratiques agricoles et de ses cultures.

Ras le bol et exaspération exacerbés

D’où le ras le bol et l’exaspération des agriculteurs, qui ont vu leurs champs et/ou semis dévastés par ce cochon sauvage à la hure sombre. Et ils s’expriment (cf Terra du 26 octobre, page 22). D’Arzal à Marzan, le torchon brûle et les dégâts s’accumulent. Visée, l’incapacité des chasseurs à réguler cette espèce considérée comme nuisible, voire la mauvaise volonté "de certaines sociétés de chasse privées qui traînent les pieds et préfèrent se garder du cochon à tirer sur leurs parcours quand bon leur semblera. Une caricature !", s’exaspère-t-il notant le manquement à l’obligation légale. Ainsi, en pleine période de chasse aucun cochon sauvage n’est encore accroché au tableau de chasse sur le secteur. Auquel s’ajoute l’absence de battue administrative malgré l’obtention, pourtant, d’un arrêté préfectoral en ce sens, le 18 octobre dernier, qui ne fait que renforcer le mécontentement des éleveurs. Pendant ce temps, les images de dégâts infligés aux champs, circulent dans la presse et sur les réseaux sociaux, virales. Et le phénomène s’étend.

150 000 euros de dégâts

2 500 animaux ont été tués l’an passé avec bracelets dans le Morbihan, un nombre jamais atteint qui interpelle. "C’est un pallier, le même que celui atteint sur la saison de chasse 2016-2017 en Ille et Vilaine qui, l’année d’après en a tiré 5 000", s’inquiète t-il preuve de la prolifération de l’espèce et de son extension géographique. Elle laisse aussi planer des risque sanitaires (cf peste porcine africaine). "J’ai été appelé par un éleveur de Guer, un autre de Guidel, de Grand Champ... Il est partout maintenant", constate t-il encourageant à procéder "aux déclarations et aux demandes d’indemnisation pour dégâts", 150 000 euros l’an passé pour le Morbihan, chiffre qui pourrait doubler cette saison. "Il est impératif de déclarer, faute de quoi, le sanglier pourrait ne plus être considéré comme nuisible, comme le blaireau qui ne l’est plus, voire pire en passant espèce protégée", craint l’éleveur tout disposé à apporter son aide pour effectuer les formalités. "Passez-votre permis de chasser", encourage-t-il, "c’est gratuit et c’est encore le meilleur moyen de participer à sa régulation".

Claire Le Clève

 

Simplification pour mieux réguler

Fini l’achat à 40 euros d’un bracelet. Cette année, pour chasser le sanglier : "on a poussé à son retrait pour simplifier la chasse. Maintenant, c’est intégré au timbre grand gibier qui ne coûte que 10 euros et devrait être obligatoire" s’agace Guénael Le Luel, "c’est aux chasseurs de réguler les nuisibles, ceux qui ne prennent pas ce timbre se soustraient à leurs obligations légales".

 


Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 9.90€/mois
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Terra
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Terra
Consultez les revues Terra au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière Terra
Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Terra.

Les plus lus

La bio à grande échelle : utopie ou réalité ?
Alors que s'est tenu cette semaine le Congrès mondial de la bio à Rennes, se pose la question de la faisabilité du changement d’…
Julien Denormandie, un ministre de l’Agriculture en immersion au Space
Loin des visites officielles qui se font parfois au pas de course, le ministre de l’Agriculture Julien Denormandie, a inauguré…
À quelques jours de l'ouverture, l'effervescence gagne le Space
A l'heure ou l'élevage devient une question de société, le retour du Space en présentiel, du 14 au 16 septembre, est d'autant…
Au Space, les élèves du Nivot s’occupent des Normandes

Cette année, le Space servira de cadre au concours national de la race Normande, pour lequel 85 animaux ont été sélectionnés.…

Une nouvelle croissance est possible

Septembre 2021 aura permis de renouer avec le Space, salon des productions animales, carrefour européen. Un carrefour de…

Christiane Lambert
"Les citoyens passent des commandes et les consommateurs ne sont pas au rendez-vous"
La présidente de la FNSEA était la semaine passée au Space. Alors que cette semaine du 21 au 23 septembre avait lieu à Niort dans…
Publicité