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Sanglier : se concerter pour gérer

La fédération départementale des chasseurs a organisé récemment une série de conférences sur le sanglier. Jean-Pierre Lefebvre, président de l'association des chasseurs de grand gibier, proposait un exposé au sujet de cet animal qui cause des problèmes et n'a actuellement pas de prédateur naturel.

© Fédération de chasse

Le sanglier est présent dans toute l'Europe, jusqu'en Afrique du nord, en Chine, en Indonésie. Mammifère de la famille des suidés, il paraît être l’ancêtre du porc, avec lequel il a de nombreux points communs ; la reproduction entre les deux espèces est d'ailleurs possible. Il se nourrit à 90 % de végétaux, notamment de glands, et à 10 % d'animaux (vers de terre, escargots...) et recherche essentiellement trois choses : de la nourriture, des lieux de quiétude pour son repos et la mise-bas, de l'eau pour s'abreuver et mouiller sa peau. La reproduction, quant à elle, a lieu en hiver, quand les jours sont courts, la période de juin à septembre étant une phase de repos sexuel. Les mises-bas surviennent donc au printemps, de sorte qu'à l'ouverture de la chasse, les petits sont sevrés et ont dépassé le stade du marcassin pour atteindre celui de « bête rousse ».

De multiples perturbations

Depuis quelques temps, les populations de sanglier connaissent une explosion démographique qui cause des problèmes : dommages aux cultures, risque sanitaire, accidents de la route. Cette augmentation des populations est certes due au fait que cet animal n'a pas de prédateur mais pas seulement. Le dérèglement climatique, qui provoque une évolution des forêts, perturbe son mode de vie. Des pratiques de chasse inadaptées sont également responsables. Par exemple, tuer une laie suitée ou une laie meneuse déstabilise la structure sociale et incite les jeunes à se reproduire trop tôt. L'évolution de l'agriculture est aussi malheureusement en cause : les grandes parcelles de céréales fournissent à la fois le gîte et le couvert, ce qui dope la reproduction. Enfin, le fractionnement des espaces ne lui permet pas de se déplacer selon ses besoins. Tout cela entraîne un dérèglement de la reproduction, la période de repos sexuel estivale tend à disparaître, les laies se reproduisent trop jeunes et des marcassins naissent manière anarchique.

Prévenir la surpopulation

Le problème de surpopulation peut être géré par un plan de chasse qualitatif, sachant que cela sera d'autant plus efficace que le territoire sur lequel il s'appliquera sera plus vaste. Concrètement, s'il s'agit de s'interdire absolument de tuer une laie meneuse ou une laie suitée, il est en revanche souhaitable de prélever 80 % des jeunes. Il serait également bon de tirer la totalité des animaux qui sont au stade marcassin pendant la saison de chasse. Cette proposition a fait réagir la salle : un marcassin est un bébé, le tuer est choquant, ne serait-ce que parce qu'on est tenté de « le garder pour l'année suivante ». Pourtant, ceux-ci étant issus d'une reproduction hors saison, on aurait tout intérêt à les éliminer pour ne pas prolonger déséquilibre. Sans cela, on laisse se produire un effet « boule de neige » qui contribue largement au décyclage des femelles et à la surpopulation. Enfin, et toujours dans ce but, il faudrait tirer les laies non reproductives en fin se saison pour éviter qu'elles se reproduisent dans la mauvaise période.

Une concertation pour des prélèvements stratégiques

En bref, il est nécessaire de mettre en place des prélèvements raisonnés. Pour cela, Jean-Pierre Lefebvre invite à une large concertation à l'échelle d'un territoire : l'Etat, les chasseurs, les agriculteurs, les scientifiques, les associations de protection de la nature... tous devraient se réunir pour mettre en place une stratégie globale réfléchie. Raisonner les clôtures et l'agrainage dissuasif, élaborer un plan de chasse... à long terme, chacun gagnerait à ce que la gestion se fasse en fonction de l'intérêt biologique de l'espèce et non pas selon les préoccupations individuelles immédiates.

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