Aller au contenu principal

Sans engagement, il n'y aurait pas de protection sociale

Gérard Pelhate, président de la caisse centrale MSA, a accordé à Terra un entretien lors du Space. Élections MSA et budget étaient les deux sujets centraux de cet entretien, qui, calendrier oblige, ne pouvait intégrer de réactions à la manifestation des légumiers bretons à Morlaix auxquels la CCMSA a choisi de répondre directement par communiqué (lire Terra du 26 septembre).

Gérard Pelhate, Président de la CCMSA
Gérard Pelhate, Président de la CCMSA
© Terra

Les élections MSA auront lieu en janvier 2015. Quelles sont les grandes phases de ces élections générales ?

Gérard Pelhate. Les élections MSA auront lieu du 12 au 27 janvier 2015. Il s'agit d'élire les délégués cantonaux. Les électeurs pourront soit voter par correspondance, soit de chez eux par vote électronique. Mais ces élections seront précédées de plusieurs temps forts.

Tout d'abord sur le thème "65 ans d'élections MSA". La MSA organise des élections depuis 1949, pour un organisme de protection sociale, c'est exceptionnel. Nous avons donc réalisé une exposition qui retrace 65 ans de vie mutualiste. Elle sera visible au siège de la MSA, des chambres d'agriculture, d'entreprises. Cette exposition montre les différentes campagnes électorales et l'évolution de l'agriculture. Elle rappelle les conquêtes de la protection sociale des exploitants et des salariés, assurance vieillesse, assurance maladie..., des débuts jusqu'à aujourd'hui.

Second volet, nous avons demandé à des partenaires de la MSA de devenir les "ambas- sadeurs des élections". Ils seront un peu des porte-parole extérieurs pour parler de ces élections. Ce sont par exemple Jean-Paul Delevoye, président du Ceser, François Purseigle, sociologue, et d'autres personnalités : présidents de conseils généraux, de chambre d'agriculture, etc.

L'ambition est de se mobiliser jusqu'au 8 décembre avec bien sûr les organisations syndicales dans tous les cantons dans les trois collèges : exploitants non employeurs de main d’oeuvre, salariés et employeurs. Les candidatures doivent être déposées avant le 8 décembre.

Quels sont les grands enjeux de ces élections ?

G.P. La participation tout d'abord. On approchait il y a six ans, 50 % de participation chez les non salariés, notre objectif est d'approcher les 50 % pour l'ensemble des collèges. Mais au delà du chiffre de participation, derrière chaque avancée et chaque construction de la protection sociale, il y a l'engagement de salariés, d'exploitants, d'élus. Sans cet engagement, il n'y aurait pas cette protection sociale que d'autres milieux et d'autres pays nous envient. Le maintien, ou même l'amélioration de notre protection sociale, ne sera pas possible sans cet engagement et sans que l'on poursuive l'effort des personnes qui étaient là avant nous. Notre protection n'est pas le fait du hasard, c'est le fruit de 65 ans d'engagement militant qui a toute sa valeur aujourd'hui. Les acquis d'hier seront les acquis de demain. Mais pour cela il faut que des gens s'engagent et que d'autres les soutiennent, et votent.

Le niveau cantonal a-t-il encore un sens aujourd'hui ?

G.P. La proximité a toujours un sens dans les territoires ruraux. Elle permet d'accompagner les projets locaux au plus près. Compte tenu des réformes territoriales en cours et des évolutions, il faudra sans doute bouger les territoires. Nous ne pouvions pas le faire avant car les définitions de territoires régionaux et cantonaux n'étaient pas opérationnelles. Le mandat qui s'ouvre devra, à la lumière des réformes en cours, redéfinir les territoires de proximité. Il faudra y réfléchir dès le début du prochain mandat. Nous appuyons la réforme territoriale, nous nous inscrirons donc dedans.

Un programme important d'économies sur le budget de la sécurité sociale est annoncé. Aura-t-il des conséquences pour les assurés ?

G.P. Les organismes de protection sociale sont invités à faire des économies de gestion. Ils doivent notamment faire des économies sur les charges de personnel, mais chaque année, ils doivent aussi effectuer 5 % d'économies sur les postes de charges autres que les charges de personnel, ce qui n'est pas évident. Voilà la cadence. Mais le poste de gestion des entreprises ne représente qu’une petite part des dépenses globales de la sécurité sociale. D'autres mesures, comme des réajustements sur la branche famille, le quotient familial, l'imposition de la majoration pour enfant, un congé parental plus court et à partager entre les conjoints pour une moindre utili- sation, sont annoncées. À noter quand même que pour les plus faibles revenus, les allocations ont été revalorisées.

En assurance maladie, la pression sur le prix des médicaments, les prestations des laboratoires médicaux, une marche vers la chirurgie ambulatoire, les médicaments génériques, l'amélioration du contrôle des indemnités journalières, sont des exemples de ce que seront les mesures d'économie. Il n'y a pas de mesure qui impacte directement le patient s'il accepte d'utiliser les génériques et s'il n'utilise pas des antibiotiques lorsqu'ils ne sont pas prescrits par son médecin. La part remboursée par l'assurance maladie en général a légèrement progressé (76 %). Mais si l'on rembourse bien les gros risques, on prend moins bien en charge les maladies courantes, sans que l'on ait vraiment débattu de cette évolution. J'ai entendu ces jours-ci que le ministère du budget voudrait imposer deux milliards d'économies supplémentaires. Ce sera, à mon sens, difficile à réaliser sans toucher à la qualité des soins et des remboursements.

Une précision enfin au sujet du développement de la chirurgie ambulatoire. Un tel développement signifie des lits d'hôpital en trop et donc qu'une restructuration de l'hôpital serait nécessaire. La MSA est particulièrement sensible à la question des soins de proximité. S'il doit y avoir des efforts à faire, ils ne doivent pas porter que sur le rural, ils doivent aussi porter sur le CHU. Nous veillerons en tant que MSA à ces questions.

Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 9.90€/mois
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Terra
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Terra
Consultez les revues Terra au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière Terra
Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Terra.

Les plus lus

Acceptabilité sociétale : ouvrir, montrer et démontrer
Alors que s’ouvre dans quelques jours en mairie d’Arzal (56) leur dossier d’enquête publique, les associés de la SCEA de Kerollet…
Canettes tueuses, quand l'incivilité tue
Depuis deux ans, le Gaec de Kerforn, à Caudan, a du se résoudre à faire euthanasier six vaches sur la centaine de laitières qui…
Valens, le nouveau verrat équilibré d’Axiom
La firme génétique met sur le marché un nouveau verrat dont l’objectif est de répondre aux exigences des producteurs français.…
Des protéines végétales bretonnes pour réduire les importations de soja
Si la Bretagne importe 95 % des protéines végétales dont elle a besoin pour nourrir ses animaux d’élevage, le GIE SVP est bien…
Rapport sur le suicide d’agriculteurs : les premières pistes
Après six mois de mission, le député Olivier Damaisin s’apprête à rendre au Premier ministre son rapport sur le suicide et le mal…
Tags en exploitation : jusqu’où iront-ils, s’interroge la FDSEA 29
En fin de semaine dernière, plusieurs tags ont été découverts sur deux exploitations agricoles de Plonévez-Porzay, dont celle de…
Publicité