Aller au contenu principal
E-mailPrintFont SizeFacebookTwitter

Santé animale, santé humaine : gérer les risques au quotidien

L’enjeu de santé animale est primordial à la fois pour maîtriser le coût de production, garantir la qualité des produits et limiter la résistance bactérienne pour préserver la santé humaine. La gestion de la santé se fait au quotidien, par la prévention, l’observation et la réactivité. Les retours d’expérience sont importants pour prendre conscience des risques et en apprécier les moyens de lutte.

 

Porcs

La menace fièvre porcine africaine

Depuis l’arrivée de la fièvre porcine africaine en Géorgie en 2007, ce sont 27 pays qui se sont infectés par le virus. L’arrivée en Chine au cours de l’été 2018 et la découverte dans les Ardennes Belges, à quelques kilomètres de la France, de cadavres de sangliers morts infectés en septembre 2018 a créé un bouleversement sans précédent. En un an, 35 % de l’effectif de truies en Chine a disparu. Le virus, pour lequel il n’existe pas encore de vaccin, de par sa résistance, sa létalité et sa diffusion insidieuse est un ennemi redoutable pour le porc mais ce n’est pas une fatalité. Les mesures d’hygiène et de biosécurité sont ainsi à renforcer en élevage de porc. Pour autant, ces mesures doivent être réfléchies pour être les moins contraignantes possibles afin de porter leur fruit et perdurer dans le temps.

 

 

Porcs

Prévenir plutôt que guérir

Les dépenses de santé moyenne dans 54 élevages de porcs bretons en 2017 sont de 5,73 €/100 kg de carcasse et restent stables par rapport à 2013. Les dépenses en vaccins ont augmenté de 25 % (+ 0,69 €/100 kg carc.) avec une hausse particulièrement marquée sur les porcelets de 66 % (+ 0,86 €/100 kg carc.). Les dépenses en anti-infectieux et anti-inflammatoires en supplémentation continuent de baisser de manière significative. 62 % des élevages déclarent ne pas utiliser d’antibiotique dans l’aliment alors qu’ils n’étaient que 25 % en 2013 et 7 % en 2008.

 

Le sans antibiotique n'est pas sans risque

La baisse de l’exposition des porcs aux antibiotiques a atteint 41 % entre 2012 et 2016 pour un objectif initial de - 25 %. Les usages d’antibiotiques d’importance critique ou à réserver en priorité à la médecine humaine ont fortement diminué. Les acquisitions d’antibiotiques sous forme de prémélanges ont diminué sans se répercuter sur les formes injectables, poudres et solutions orales. Néanmoins, la tentative de réduction des antibiotiques se heurte parfois à certaines difficultés si les dimensions techniques, sociologiques et psychologiques ne sont pas prises en compte.

 

 

Porcs

Les accidents n'arrivent pas qu'aux autres

Lorsqu’on parle de prévention avec les éleveurs et leurs salariés, on observe différentes attitudes. Certains se sentent concernés, et veulent vieillir en bonne santé. D’autres, majoritaires, disent "pourquoi pas ?", mais ne modifieront rien sans incitation ou accident. D’autres enfin, sont certains que rien ne peut leur arriver car ils sont forts, expérimentés… Celui ou celle qui veut améliorer les conditions de travail dans son élevage doit prendre en compte la diversité de ces visions du travail.

 

 

Porcs

Sensibiliser par la pratique et le témoignage

Pour motiver ses associés ou salariés à changer de pratiques, un discours sur les risques ne suffit pas. Mieux vaut :

- Faire témoigner les proches (collègues, voisins, stagiaires) qui ont été accidentés ou ont failli l’être. Cela rend le risque plus concret.

- Faire observer la situation de travail réalisée par quelqu’un de moins fort physiquement. Beaucoup d’éleveurs ont développé des aménagements pour accueillir ou maintenir en poste des personnes qu’ils jugeaient plus frêles qu’eux, et en ont ensuite bénéficié.

- Faire tester un aménagement ou du matériel de protection. Certaines personnes ont adopté le port du masque lors de désinfections après avoir expérimenté qu’ils respiraient mieux s’ils le portaient.

 

Conclusion : La démonstration par l’exemple est un des leviers de prise en considération des risques. Les efforts réalisés par l’ensemble de la filière dans l’amélioration de la santé animale portent leur fruit. Néanmoins, l’impossibilité de se prémunir totalement du risque ou de se croire à l’abri de tout danger peut être un frein à la mise en place de mesures de prévention

Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 9.90€/mois
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Terra
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Terra
Consultez les revues Terra au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière Terra
Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Terra.

Les plus lus

Sarah Le Quer, installée à 24 ans
En octobre 2017, à 24 ans, Sarah Le Quer rejoint l’exploitation laitière familiale et s’associe avec son père. Un choix pesé,…
L’exosquelette entre en salle de traite
À la ferme expérimentale de La Blanche-Maison à Pont-Hébert dans la Manche, on teste depuis le 25 octobre l’exosquelette, un…
"Nous allons passer ce cap difficile, développer notre stratégie, accompagner l'agriculture"
Quelques jours après une grève des salariés qui a marqué les esprits, et à quelques jours des sessions chambre départementales,…
Vignette
Le P'tit gallo sur le chemin de l'autonomie énergétique
À Montreuil-le-Gast, la ferme du P'tit Gallo a fait son trou dans le paysage local. Après des débuts "un peu galère", quand il s'…
Vignette
Maïs grain, semis de céréales : la pluie retarde les chantiers
Si la pluviométrie record du mois d'octobre n'a pas trop affecté les chantiers d'ensilage de maïs, la récolte du maïs grain et…
"Notre métier, c’est de cultiver le sol, un sol biologiquement plus actif"
Régénérer le sol pour doper sa fertilité est la clé de l’agriculture dite de conservation. Toute une semaine lui était consacrée…
Publicité