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Sécheresse : situation critique pour les cours d’eau

Canicule et sécheresse, une combinaison d’effets redoutables pour les rivières. Les acteurs de la pêche tirent la sonnette d’alarme appelant chacun à économiser l’eau et éviter toute perturbation supplémentaire du milieu, déjà fragilisé. Car des mortalité piscicoles sont redoutées.

 

"Il y a des choses à faire pour éviter un carnage", résument Jean-Yves Moelo, président de la fédération de pêche du Morbihan et Mathieu Le Levier, de l’association de pêche de Plouay. Les rivières sont au plus bas, mises au régime sec par un déficit pluviométrique important et des nappes qui ne se sont pas rechargées. Ce à quoi s’ajoute l’effet canicule. "Nous sommes dans une configuration identique à 1976 ou à 2003", situe Christian Le Clève, directeur de la fédération de pêche du Morbihan. Conséquence ? "Un débit bien moindre avec des eaux qui s’échauffent". Et ce cocktail peut devenir mortel pour les poissons, notamment les salmonidés qui peuplent l’essentiel des cours de première catégorie du département, riche en chevelu hydrographique. "La température de 28 °C devient létale, ce d’autant que plus la température s’élève plus l’eau s’appauvrit en oxygène. La zone de confort de la truite ou du saumon se situe entre 12 et 18 °C". Or des pics à 25 °C sont déjà enregistrés", s’inquiètent les acteurs de la pêche. "On a besoin d’une attention de l’ensemble des usagers des rivières dans une situation déjà critique", alertent-ils redoutant une recrudescence de mortalités piscicoles. Alors au-delà des mesures préfectorales, ils ont décider de tirer la sonnette d’alarme.

Ni maniement de vannes, ni pollution

"Un litre d’eau qui coule du robinet, c’est un litre d’eau pris la rivière", schématise Mathieu Le Levier. Et d’en appeler au civisme de chacun, notamment sur les économies d’eau, une priorité pour réduire la pression sur le milieu aquatique et les poissons. Autre recommandation essentielle, "pas de manipulation de vannes", un geste prohibé depuis avril par arrêté préfectoral, "le risque est celui du relargage : d’eau chaude, de sédiments, de matières putrescibles qui consomment de l’oxygène avec des ruptures d’écoulement lors de la fermeture des vannes", un cauchemar pour la faune piscicole. "Éviter de les déranger", est donc primordial rappelle Rémy Le Provost de l’association de Guéméné sur Scorff. Notamment en matière de sauvetage car le remède est parfois pire que le mal. Ainsi "pas de sauvetage sauvage de poissons. Les rivières vont s’assécher progressivement avec des poches d’eau où les poissons stationnent au calme, sans stress. Mieux vaut prévenir l’association de pêche locale ou la fédération que d’intervenir, c’est interdit", mettent en gardent les responsables de la pêche. Pour éviter de générer des matières en suspension, "pas de petit barrage sur les cours d’eau, ni de séances d’orpaillage". Message également pour les gestionnaires d’ouvrages, stations d’épuration ou de pompages et agriculteurs afin "d’être particulièrement attentifs au fonctionnement de leurs installations et d’éviter tout rejet même très faible. Un départ de boue d’un bac de décantation, un écoulement de purin, peuvent avoir des répercutions importantes", alertent-ils dans cette situation de niveau d’étiage sévère des cours d’eau.

Claire Le Clève

Vigilance sécheresse

Face à la situation climatique exceptionnelle, les chambres d’agriculture de Bretagne mettent en ligne depuis leur site web, un suivi régulier de la situation. Fin juin, en Bretagne les taux d’humidité du sol étaient passés sous la barre des 50 %, les pluies de ces derniers jours auront légèrement modifié la donne. Reste que pour le Morbihan et notamment sur la zone sud est et sur le littoral, la situation est très critique et les réserves utiles sont au plus bas, avec un taux d’humidité des sols de 20 %. La fin de la pousse de l’herbe est actée, les orges sont désormais moissonnés et des opportunités sont à saisir pour des semis de dérobés suivant la générosité des pluies espérées cette semaine, idem après blé dont la moisson est bien entamée. Après des conditions de végétation très favorables en mai et juin pour le maïs, son développement marque le pas avec une floraison très précoce et un stress hydrique déjà visible sur les zones les plus sèches. Pour plus de renseignements, contactez votre conseiller de la chambre d’agriculture.

Claire Le Clève

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