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Semis au drône : 11 parcelles testées en Bretagne

Les semis de couverts précoces ont fait leurs preuves tant sur le volet agronomique que celui de la protection de l'eau, reste aujourd'hui à comparer les différents moyens de semis pour gagner en efficacité. Après le maxi-couv', les chambres d'agriculture de Bretagne et le comité de bassin versant du Jaudy-Guindy-Bizien testent les leviers et les contraintes du semis au drône sur onze parcelles bretonnes.

Dans le cadre d'essais menés par les chambres d'agriculture de Bretagne en partenariat avec le bassin versant du Jaudy-Guindy-Bizien, une entreprise d'Aquitaine a posé son drône sur les parcelles de maïs du lycée Pommerit (22). "Notre objectif est d'aller plus loin dans la précocité du semis de couverts et de comparer l'efficacité des différents outils", explique Marie Breton, conseillère agronomie pour les chambres d'agriculture. Et de spécifier : "la problématique du maïs est qu'en septembre il est très couvrant et très haut, l'utilisation du tracteur risque d'abîmer la parcelle et oblige à sacrifier un rang à chaque passage des roues, d'où l'idée de travailler en vol aérien avec un drône".  Après des essais dans le sud ouest et en Vendée, la société Reflet du monde pose son drône en Bretagne car il est essentiel de faire des tests locaux en fonction des sols, du climat, ect... Onze essais sont programmés en région, répartis dans l'est des Côtes d'Armor, le nord Ille-et-Vilaine et un essai en Morbihan. "Nous avons choisi de semer uniquement de la phacélie et/ou de la moutarde pour éviter une comparaison des couverts et se concentrer sur la méthode de semis", explique Marie Breton.

 

Comment ça marche ?

Le drône piloté par la société Reflet du monde est, comme le contraint la loi, au poid maximum de 25 kg. Ainsi, en sus de ses équipements numériques (deux batteries électriques, des radars, des hélices...), il peut contenir environ 10 kg de matière active comme des graines de phacélie par exemple. Techniquement, les données GPS de la parcelle sont entrées dans le logiciel du drône par un technicien. En fonction du terrain et de sa capacité de chargement, la machine définit son plan de vol et ses aller/retour pour se faire recharger en semences. "Nous prenons quelques minutes à notre arrivée pour paramétrer ces données et ensuite nous sommes certains que le drône passera sur l'ensemble de la parcelle. La machine est également dotée d'un radar lui permettant de suivre les courbes du sol pour semer à hauteur égale", explique Lilian Marolleau, co-gérant de la société Reflet du monde. Concernant le maïs, l'épandage est réalisé sur six mètres, le drône vol donc à trois mètres au-dessus de la canopée du maïs. Le rendement de travail est très satisfaisant car le drône effectue environ un hectare en sept minutes en semant huit kilos de graines par hectare. "À la journée, suivant l'éloignement des parcelles, nous pouvons passer entre 30 et 40 hectares", assure Lilian Marolleau. La contrainte principale de cet outil reste le vent. À plus de 40 km/h, le drône reste au sol. L'autre incertitude à l'étude est le dépot réel des graines au sol et leur levée. "Les premiers tests dans les régions montrent qu'avec de bonnes conditions climatiques et parfois de l'irrigation, les graines lèvent". Ce constat reste encore à prouver en Bretagne. Marie Breton rappelle que c'est "le début de l'étude mais que le concept est prometteur. La période estivale et les pluies bretonnes doivent permettre une chaleur et une humidité suffisantes pour que les graines partent".

 

Combien ça coûte ?

La société partenaire du protocole d'essais vend du matériel, de la prestation et de la formation. Le co-gérant, Lilian Marolleau précise que "par expérience, nous savons que nous ne pourrons pas être partout en même temps, pour assurer des prestations. Le modèle doit trouver sa place auprès des ETA, des Cuma... L'objectif est de former les agriculteurs et de les accompagner techniquement". Un drône, suivant les configurations, coûte entre 35 000 et 50 000 euros, avec les accessoires et la formation nécessaire. Marie Breton confirme "qu'investir à l'échelle d'un agriculteur, ça n'a pas de sens. En revanche, au niveau d'une Cuma ou d'une ETA, comme le débit de chantier est rapide, il est possible de mobiliser l'outil sur plusieurs secteurs et être rentable". Le drône pourra alors être utilisé sur n'importe quelle culture avant sa moisson et remplacer les outils tractés. Si Marie Breton estime "qu'à terme, il peut être envisagé de semer des patûres ou des jachères au drône, cela semble plus compliqué pour les cultures de vente, avec des plus grosses graines, le frein restant le semis à la volée".

 

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