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Seremor-Solutis Emploi s’adapte à la crise

Moins d("activité pour Seremor en 2016 mais un développement constant pour Solutis Emploi. Et des situations d’intervention plus délicates, reflet d’outils aussi saturés que les hommes qui les mènent. C’est le constat que dressera de nouveau la structure, mardi prochain lors de la journée de l’emploi en agriculture menée avec l’AEF sur le thème " Emploi agricole ; réflexions et perspectives".

Plus délicates, les situations d’interventions en remplacement ont évolué en raison de la crise pour les responsables des Sérémor et Solutis Emploi, Sophie Jamois, directrice et Pierre-Yves le Bozec, président
Plus délicates, les situations d’interventions en remplacement ont évolué en raison de la crise pour les responsables des Sérémor et Solutis Emploi, Sophie Jamois, directrice et Pierre-Yves le Bozec, président
© Claire Le Clève

 

 

Le constat : "On arrive en 3 me année de crise laitière. Il y a eu augmentation de la production sans augmentation de la rémunération ni amélioration des conditions de travail. Aujourd’hui, les hommes lâchent", résume Pierre-Yves Le Bozec, président de Seremor-Solutis Emploi. Ce à la veille de la journée dédiée à l’emploi en agriculture qui, le 6 juin prochain, fera le point sur ses différentes facettes et les structures professionnelles qui l’accompagnent. Un après midi où Jérôme Volle, président de la commission employeur de la FNSEA, devrait apporter ses réflexions lors du débat sur les enjeux qui reposent sur l’emploi agricole. En premier lieu celui de la pérennité des structures qui avait conduit la profession, il y a 25 ans, à créer un des premiers services de remplacement agricole en France avec la naissance de Seremor. Et loin d’en démentir la nécessité, notamment cas de maladie ou d’accident, pour permettre aux exploitations de fonctionner, 20 240 jours de remplacement ont été effectués en 2016, soit une baisse d’activité de 9 %. Solutis Emploi de son côté a réalisé 7 200 jours de mises à disposition de temps partagé, soit 10 % de hausse en un an.

 

"Les gens serrent les vis"

Pas étonnant pour les responsables de Sérémor et Solutis Emploi, pour qui la crise engendre des économies sur les exploitations et nécessite des ajustements. "Parce que les gens serrent les vis, compressent les charges. Ils ne vont pas jusqu’au bout de leur arrêt maladie par exemple". Le corollaire ? "La rechute parfois. Ce qui n’a pas été fait en 2016, on le retrouve cette année avec une progression des interventions", constate Sophie Jamois, directrice de la structure. Et ce retour de balancier se traduit par "des situations d’intervention plus délicates dont des suicides . Les outils sont saturés mais les hommes aussi", alerte régulièrement Pierre-Yves le Bozec, éleveur laitier à Lanester. . "L’entretien est parfois un peu mis de côté, faute de disponibilité. Cela se cumule à la fatigue des hommes, une moindre vigilance et c’est l’accident". Un enchaînement prévisible pour le responsable, "ça pèse aussi sur nos salariés". Car pour faire face, les 95 ETP de la structure sont sur le pont, "heureusement qu’il y a des outils comme les nôtres dans ces cas là ! ". Malgré la réduction de voilure, "on s’est adapté sans toucher à cette garantie d’emploi effectif à temps plein qu’ont tous nos salariés permanents". Solutis Emploi compte désormais 40 salariés mis à disposition en exploitations.

 

"On est nécessaire pour faire tourner les boutiques"

Reste que les situations délicates se lisent aussi au travers de situation "financières difficiles d’exploitations, on n’est pas toujours garanti d’être payé", souligne Pierre-Yves le Bozec qui alerte sur l’évolution nécessaire de la garantie de paiement. Il plaide pour qu’en cas de "tour de table, les groupements d’employeur et de remplacement soient prioritaires car on est les acteurs du quotidien des exploitations", insiste-t-il. Ainsi le motif principal de replacement reste-t-il l’accident-maladie (13 540 jours). En berne, les congés paternité et maternité. Point positif, "le remplacement vacances qui ne diminue pas, les gens ont sanctuarisé cette semaine", relève Sophie Jamois pointant les (2 810 j). "C’est un minimum pour éviter l’implosion", estime Pierre-Yves Le Bozec qui voit aussi se développer l’appel au remplacement des salariés d’exploitation, "ils peuvent aussi être accidentés ou malades, on a vocation aussi à être là". Idem pour gérer l’Intérim, "entre Seremor et Solutis Emploi, on trouve toujours des solutions. Si les exploitants ont des besoins de main-d’œuvre identifiés, qu’ils n’hésitent pas à nous consulter".

Claire Le Clève

 

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