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Bretagne
ses sols en cartes

Mieux connaître les sols, pour mieux les protéger et gérer les territoires. C'est tout l'enjeu du travail mené depuis 5 ans, en partenariat (voir encadré) pour répertorier l'ensemble des sols bretons, leurs propriétés et l'évolution de leur qualité. Une base de données, également cartographique dont les applications s'ouvrent. Réserve utile en eau et modélisation des sécheresses sont déjà à l’œuvre sur www.sols-de-bretagne.fr

 

 

« 65 % de la superficie de la Bretagne est constituée par des sols agricoles », prévient d'emblée Pierre Daniel, président de la commission agronomie de la Crab. C'est dire si l'enjeu de leur connaissance est important sur ce domaine d'application où beaucoup reste encore à faire. Et c'est dire si le lieu de restitution de ce travail, de titan, à Kerguehennec, station de recherche appliquée en agronomie des chambres d'agriculture de Bretagne, dans le Morbihan, est aussi symbolique. Car « la diminution des surfaces disponibles s'accélère dangereusement », pointe l'élu, mentionnant les 4,4 % de SAU perdu en seulement 10 ans dans le Morbihan, premier des départements bretons à voir sa carte des sols éditée (voir Terra du 11 novembre dernier). A l objectif de meilleure connaissance, se double de celui de préservation d'une ressource non renouvelable.

 

Un jeu de 13 Grandes familles

 

384 types de sols ont pu être identifiés se regroupant au travers de 13 grandes familles. Le plus fréquent répond au doux nom de UTS n°51. « Ce sont des sols brunifiés qui couvrent en Bretagne, comme en Morbihan, 50 % de la superficie », précise Blandine Lemercier, responsable du programme à Agrocampus Ouest. Ces sols bruns, peu à moyennement profonds, et bien drainés, se développent sur des schistes tendres. Un réseau de 109 points de suivi de la qualité des sols a été mis en place. Il a été complété par des inventaires de biodiversité, de manière à caractériser la vie biologique de ces sols et leurs évolutions. Tous ces éléments constituent une base de données exceptionnelle, consultable à terme par tous et permettant de nombreuses applications « concernant principalement le domaine agricole, mais aussi, et de façon de plus en plus importante, la protection des eaux et des sols » poursuit la jeune femme.

 

Quelles réserves utiles en eaux ?

 

Estimer les potentialités et les contraintes des sols vis à vis d'un usage particulier, zoner les secteurs présentant un risque érosif ou de transfert de matières polluantes, mieux valoriser l'aspect patrimonial des sols rares ou particuliers.... Les applications de ce programme sont multiples. Ils constituent un apport précieux pour la gestion de « l'épiderme fragile et non renouvelable » de la terre. Lionel Berthier d'Agrocampus Ouest s'est intéressé à leur réserve utile en eau. «Il s'agit de la quantité d'eau que le sol peut stocker sans risque de drainage. Cet élément permet de connaître la quantité disponible pour les plantes ». Ainsi superposée, la carte des argiles de surface s'est complétée de celle des matières organiques, de l'épaisseur des sols, pour aboutir à une spatialisation de la réserve utile du Morbihan. « La majorité de la réserve utile de ce département se situe entre 100 et 150 mm d'eau disponible, 50 % des sols sont en dessous de 160 mm. Au niveau régional, 170 mm » précise t-il. Bientôt, l'aléa érosif des sols bretons sera lui aussi spatialisé. La base de donnée a été utilisée pour modéliser les sécheresses en Bretagne « et apprécier la vulnérabilité de l'agriculture face à cet aléa » pointe Chloé Lamy du laboratoire Costel. Elle y consacre sa thèse. Sa projection climatique, « une augmentation de 3°C de la température d'ici 2100, est considérée comme modérée ». Au bout du compte, il s'agit d'apprécier une lame d'eau manquant à la végétation et une Bretagne « qui ressemble à la Charente-Maritime d'aujourd'hui avec un assèchement de la réserve hydrique et un risque de non remplissage après recharge automnale qui deviendrait structurel». Des données à garder à l'esprit pour les variétés à prendre en compte et les conduites culturales à adapter à l'avenir.

Claire Le Clève

Des applications à consulter, ainsi que les cartes sur sols-de-bretagne.fr

 

 

Camembert

les grands type de sols du Morbihan

51 % sols bruns

18 % : sols de fonds de vallée et tourbeux

15 % : sols lessivés

9% : sols peu épais

3% : sols forestiers

2 % : des climats anciens

0,7 % sols podzolisés

0,4 % sols des bords de côtes

 

Sols de Bretagne

Tout un programme

Connaître pour protéger. Une justification qui explique à elle seule l'implication de nombreux partenaires dans ce travail confié à Agrocampus Ouest avec les Chambres d'agriculture de Bretagne, Conseils généraux et régional, Odem, Ademe, Inra, univertsité de Rennes 1....Durant 5 ans, armés d'une tarière, des équipes se sont relayées pour caractériser tous les 500 ha les sols bretons, soit 3286 sondages effectués, complété d'une fosse pédologique tous les 4000 ha avec 159 profils réalisés.

Concernant la biodiversité, le programme a permis d'identifier la présence de 210 espèces de nématodes, 67 de collemboles et 23 de lombriciens. Si l'abondance de ces différentes familles varie peu suivant l'occupation des sols, les valeurs de biomasses elles varient. « Sur les sites forestiers règne une grande biomasse microbienne ou acarienne, celle des lombrics est plus faible. Sur les sites prairiaux, on observe les abondances de lombrics et de nématodes les plus élevées. Les sites en grandes cultures sont caractérisés par les biomasses microbiennes les plus faibles » résume Muriel Guernion, de l'université de Rennes 1. Des valeurs de référence par type de sols et de cultures vont ainsi être proposées pour les lombrics. « Dans une rotation culturale, quand on insère une prairie, on observe un apport bénéfique » précise t-elle.

 

Mettre dans l'encadré la photo Légende

Muriel Guernion, de l'université de Rennes 1 et Lionel Berthier d'Agrocampus

Photo de lombric : 23 espèces de lombriciens ont été inventoriés en Bretagne

 

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