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S'impliquer pour maîtriser son avenir

José Jaglin expose la vision des Jeunes agriculteurs pour une agriculture plus rémunératrice. Il revient sur l'organisation des filières qu'il souhaite plus structurée. La clé : la mobilisation des éleveurs au sein de leurs entreprises, coopératives, pour garantir une répartition juste et équilibrée de la valeur. Il tire un constat mitigé de l'implication des agriculteurs et des résultats qui en découlent.

José Jaglin 
Responsable de la section lait des JA Bretagne
José Jaglin
Responsable de la section lait des JA Bretagne
© Terra

Comment jugez-vous l'organisation des filières dans le paysage agricole actuel ?

José Jaglin. Aujourd'hui, les filières sont organisées mais pas structurées. Il y a des opportunités autour de nous, mais nous ne sommes pas au rendez-vous. Beaucoup d'agriculteurs ne se préoccupent pas de leur environnement économique, ne se soucient plus des structures/coopératives qui leurs appartiennent. Or, les informations sont disponibles et compréhensibles pour ceux qui s'y intèressent. Aux agriculteurs de s'en emparer, dans les assemblées générales, pour agir et s'imposer dans les décisions des coopératives. Ces dernières sont souvent mises au banc des accusés mais elles sont d'abord le reflet du désintéressement de la majorité de leurs adhérents. Le constat est donc plutôt mitigé, mais pas insoluble.

Comment construire un projet durable ?

J.J. L'implication d'une majorité d'éleveurs dans les structures permettra de donner du poids et de la pertinence aux décisions, mais pour que cela fonctionne sur le long terme il faut que le producteur trouve son intérêt personnel au sein même de l'intérêt collectif. Il me semble que c'est l'unique moyen de pérenniser l'engagement de chacun et de produire des résultats concrets sur la durée.

L'organisation des filières est différente suivant les productions, comment envisagez-vous ces changements ?

J.J. En effet, selon les filières, les choix ont été divergents, et il faut ainsi tenir compte de la spécificité des productions dans l'élaboration d'une structuration nouvelle. Des solutions existent, notamment pour les grandes productions bretonnes que sont le lait, la volaille et le porc.

La filière lait / Pour ce qui concerne le lait, le grand Ouest fait clairement figure de mauvais élève avec seulement 30 % d'adhésion d'agriculteurs dans les organisations de producteurs, alors que les autres régions françaises - moins productrices donc plus fragiles - sont regroupées à 90 voire 95 % des effectifs. Cette configuration ne permet pas de donner du poids au maillon production. En revanche, la mise en place d'une AOP (association d'organisation de producteurs) grand Ouest permettra à terme de gérer la contractualisation des contrats, la fixation des prix, la répartition des volumes et la mutualisation des connaissances et des moyens. En aucun cas il ne s'agit pour l'AOP de prendre la main sur les décisions stratégiques des entreprises/coopératives. Mais jouer le jeu uniquement en solitaire ne tire pas les prix vers le haut pour les producteurs. Si les coopératives ont moins d'intérêt à entrer dans les OP (organisation de producteurs) sur la partie fixation des prix, l'ensemble des autres raisons devraient suffire. Depuis quelques mois, on sent des soubressauts des coopératives pour rejoindre les OP, nous espérons que cela va aller vite, le projet JA date de 2006...

La filière avicole / En intégration ou quasi intégration, la filière avicole n'est pas du tout dans la même dynamique. Après des années compliquées, elle se retrouve aujourd'hui en manque de production. La démarche "manger français" paie, reste alors à être en capacité de fournir de la volaille française aux consommateurs. Des enjeux forts comme le renouvellement des générations et la capacité de financer de nouveaux bâtiments sont les préoccupations principales des groupes avicoles. Ce manque d'offre dans la filière doit permettre aux éleveurs de créer de la mobilité dans la filière. Le producteur doit être en capacité de changer de structure entre deux bandes afin de créer de la concurrence entres ses clients. Restera encore à faire passer ses hausses en GMS pour un partage de la valeur ajoutée et à maîtriser l'image des produits auprès des consommateurs.

La filière porcine / Très organisée depuis longtemps, notamment en Bretagne, la filière porcine semble prête à affronter les défis de 1980... Or, nous sommes en 2017 ! Des restructurations majeures s'imposent pour pouvoir répondre aux problématiques d'aujourd'hui. Avec un nombre conséquent de groupements qui peinent à s'entendre, la filière est encore bloquée à l'échelle d'OP alors qu'il faudrait être à celle d'AOP territoriale. Malheureusement, là aussi, les guerres de chapelle semblent plus intéressantes que la survie des producteurs. Pour le réseau JA, la solution viendra de l'implication des éleveurs au sein de leurs outils.








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