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S'installer avec des chambres d'hôtes

Lait ? Porc ? Légumes ? Si la majorité des installations se font encore dans ces poids lourds de l'économie agricole bretonne, certains font d'autres choix. Rencontre avec Danielle Bégoc, qui a préféré l'accueil à la ferme, avec table et chambres d'hôtes.

"La saison s'est super bien passée : les 4 chambres ont été occupées du 15 juillet au 25 août, on a bien travaillé en septembre et, depuis, on a eu du monde tous les week-end". Installée en février dernier, Danielle Bégoc a fait le choix d'ouvrir 4 chambres d'hôtes et de proposer une table d'hôtes tous les soirs. Et si les chambres n'ont été prêtes qu'au 7 juillet dernier, le bouche à oreilles et Internet se sont conjugués pour lui offrir un taux de remplissage qu'elle n'espérait pas dès la première année d'activité, alors qu'elle ne figure, pour le moment, sur aucun catalogue papier.

 

Un Gaec, 6 associés

 

S'installer en agriculture ? L'idée trottait déjà dans la tête de cette fille de producteurs laitiers de Saint Pabu mais, une fois ses diplômes en poche, Bepa secrétariat accueil, BTA service administratif et BTSA technico-commercial, elle décide d'abord d'aller voir ailleurs. "Pour payer mes études, je bossais chez Mac Do. Puis ils m'ont proposé un poste de responsable". Poste qu'elle occupera deux ans avant qu'une opportunité ne se présente : un corps de ferme à racheter à proximité de l'exploitation de ses parents.

Installés en production laitière, Gisèle et Jean-Yves Bégoc ont créé un Gaec il y a une quinzaine d'années avec Martine et Bertrand Le Borgne, eux aussi producteurs de lait sur la commune voisine de Lampaul Ploudalmézeau. "Ils s'étaient déjà lancés dans la fabrication et la vente de yaourts, explique Danielle. L'atelier est resté à Lampaul, les animaux sont venus à Saint Pabu". Au début des années 2000, Patrice, le neveu de Gisèle et Jean-Yves, rejoint à son tour le Gaec, avant que Danielle n'y fasse son entrée en février dernier. "Aujourd'hui, chaque associé est spécialisé : Jean-Yves se charge de l'élevage, Martine et Gisèle de la transformation, Bertrand de la commercialisation, Patrice des cultures et moi des chambres d'hôtes. Mais nous sommes polyvalents et capables de nous remplacer les uns les autres".

Un emploi du temps minuté

 

Avec 4 chambres d'hôtes, le travail ne manque pas et l'emploi du temps de la journée est minuté. "Le petit-déjeuner est prêt pour 8h30, mais il peut être servi plus tôt, si besoin". Vers 10h30, les hôtes partent et Danielle peut commencer à débarrasser et faire les chambres. "Mais ils sont en vacances et ont tout leur temps pour discuter. Parfois, le petit-déjeuner peut durer bien plus longtemps". Vers 13h-14h, les chambres sont prêtes. Danielle attaque alors le repassage et souffle un peu jusqu'à 16h, heure à laquelle les premiers clients arrivent. A 18h, elle se met aux fourneaux pour préparer le repas du soir, servi aux alentours de 19h30-20h. "L'objectif est d'avoir fini pour 23h. C'est qu'il faut se lever tôt, le lendemain matin". Et le tout avec le sourire et une grande disponibilité. "Parfois, des enfants nous demandent : et toi, tu travailles pas ?"

A 15 € le repas, la table d'hôtes ne désemplit pas. "J'écris le menu sur une ardoise, dès le matin. Les gens qui sont encore là le soir peuvent alors s'inscrire en connaissance de cause". Kig ha farz, moules-frites, crêpes… : Danielle fait la part belle aux produits de la région et met souvent les yaourts de la ferme au dessert.

 

La ferme ? Un plus !

 

La visite de la ferme est un plus pour certains hôtes, notamment ceux qui viennent en famille, accompagnés de jeunes enfants. "A vol d'oiseau, elle est toute proche. A l'heure de la traite, ma mère vient à pied chercher le groupe, prend Elisa, ma fille, dans sa poussette, et c'est parti pour une demi-heure ou une heure de visite". Si les veaux ont toujours beaucoup de succès, les vaches ne sont pas en reste. "Les champs sont situés autour des chambres d'hôtes et les gens aiment bien les voir arriver le matin ou le soir, après la traite".

Pour Danielle, l'objectif est clair. "Travailler à fond de mai à septembre-octobre puis accueillir des gens de passage le week-end". Si la proximité de la mer lui amène une clientèle conséquente durant l'été, le GR 34 se charge de la pourvoir en randonneurs en hors saison. "Ils viennent de Landerneau ou Plouguerneau et se dirigent vers Porspoder ou Lanildut". Clientèle plus inattendue que celle fournie par les notaires. "Les gens viennent acheter une résidence secondaire ici et, le temps de signer les papiers, résident en chambre d'hôtes. Avant que les travaux ne soient achevés, certains reviennent aussi la montrer à leurs amis ou à la famille".

 

Un choix de vie

 

Si c'est elle seule qui s'est installée en février dernier, ce projet est aussi une histoire de couple. "Guillaume me donne un bon coup de main", reconnaît la jeune femme. Il est là tous les soirs et, avec l'habitude, nous sommes devenus très complémentaires : chacun sait exactement ce qu'il a à faire et les plats s'enchaînent sans difficulté"

Même si elle n'a encore qu'une saison de recul, Danielle déjà eu le temps d'en tirer quelques conclusions. "Il ne faut jamais se fier aux apparences". Ce qu'elle apprécie le plus ? "Les gens sont en vacances, détendus, et ils se confient volontiers. On vit des moments privilégiés et parfois, on a vraiment l'impression de faire partie de la famille".

 En pratique : Proposant 4 chambres et une table d'hôtes tous les soirs, la clé des champs, située à Kermerrien, à Saint Pabu, est ouverte toute l'année. Pour vos fêtes ou réceptions, vous pouvez aussi louer la grande salle, 60 places assises, et disposer de la cuisine, équipée. Contact : Danielle Bégoc, au 02 98 88 77 51, ou 06 22 33 80 23, par mail gwelarmor-st-pabu@orange.fr, site Internet www.gwelarmor.fr
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