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A L'assemblé générale de JA56
"s'installer dans un monde libéral"

Actualité pesante, jeudi dernier à Plaudren, pour l'assemblée générale de JA 56. Entre l'annonce faite par Doux de se séparer de son abattoir de Pleucadeuc et à la veille de la mise en redressement judiciaire de GAD, le thème choisi par JA 56 pour asseoir sa table ronde : "s'installer dans un monde libéral", a fait sens.

Pour la table ronde,
Bernard Bousso, Cédric Coutellier, Daniel Le Pironnec, Emmanuel
Lepoivre et James Gillon.
Pour la table ronde,
Bernard Bousso, Cédric Coutellier, Daniel Le Pironnec, Emmanuel
Lepoivre et James Gillon.
© Claire le clève

 





"Je l'ai fait. Je me suis
installé. J'ai fait des bâtiments. J'y ai cru. J'espère avoir
raison mais vraiment, je me pose la question. Pourquoi en est on
là ? Qu'est ce qui va se passer pour GAD ? Je pense à la
filière demain
", interroge avec dépit, Pierre, jeune
éleveur de porcs de Pluméliau.





Défaut de compétitivité


"La mise en redressement
judiciaire des abattoirs du groupe Gad, c'est une demande de
protection juridique, c'est une mise sous tutelle du tribunal. Elle
est assortie d'une garantie de paiement des producteurs par le groupe
Cecab
", assurera Michel Guernevé, président de la section
porcine de la Cecab, pour dissiper des craintes, relayées par
Laurent Kerlir, encore président de la FDSEA jusqu'à la mi mars,
devant l'assemblé. Quant à l'avenir de l'élevage ?
"Obligatoirement, il y aura une réduction de la toile. Le
risque de restructuration des viandes est général. Il faut
retrouver de la compétitivité. Ce n'est pas pour autant que la
terre va s'arrêter de tourner. Oui je pense que ça vaut le coup de
s'installer et de continuer
", poursuivra Michel Guernevé
dans des propos se voulant rassurants. Pour autant, les doutes et les
craintes seront persistants tout au long de cette soirée entamée
avec originalité par un bilan d'activités scénarisé et filmé.





Jusqu'où faudra-t-il tomber ?


Car pour Laurent Kerlir, le problème
central est bien celui de la stratégie de filière. "Nous
sommes compétitifs à la sortie de nos exploitations mais derrière,
la moitié des abattoirs tournent à 50 %. En volaille, nous
importons 40 % de ce que nous consommons, c'est inadmissible. Veut-on
consommer français et sécuriser la l'alimentation ou laisser entrer
des produits de l'extérieur. Jusqu'où tomber pour qu'on nous
redonne un peu de respiration
?". Et Frédéric Daniel,
président de JA56 d'enchaîner, "dans la perspective de
redonner de la compétitivité à nos filières, on aurait pu espérer
mieux. Il est grand temps de se mettre autour de la table pour
avancer tous ensemble
", épinglera-t-il en revenant sur la
problématique environnementale, autre partie essentielle du dossier
pour les JA. "On a relevé le défi des 50 mg en améliorant
nos pratiques. L'effet pervers, c'est qu'on a aussi perdu de la
production y compris avec la mise aux normes bien être. Et on arrive
à des pertes de compétitivité. C'est un engrenage. Aujourd'hui, il
faut redonner de la production
", estime t-il avec Fabrice
Caro, responsable dossier volaille. "15 % des producteurs de
volaille ont moins de 40 ans, 50 %, plus de 50 ans. Il y a un vrai
problème de renouvellement des générations. Mais il y à aussi
des signaux positifs que sont les aides obtenues pour la rénovations
du parc où la levée de la menace qui pesait sur le captage en eau
potable de la Herbinaye. Cela pourrait être un encouragement à
s'installer. Or avec ce contexte de baisse des restitutions et de
cession de l'abattoir de Pleucadeuc, peut-t-on vraiment encourager un
jeune à s'installer
", pointait Fabrice Caro. Reste
l'opportunité de l'engagement. "Dans ce monde libéral, nous
n'avons pas d'autre choix que de nous organiser
", estiment
les représentants de JA 56 avec démonstration à la clé dès la
nuit même, dans une cinquantaine de GMS, (lire page précédente),
pour réclamer auprès des GMS des négociations "pour passer
des prix rémunérateurs
".





Claire Le Clève



Prenez date que la prochaine fête des
JA se déroulera le 18 août prochain à Muzillac





 


 





Garder le cap





Dans un monde de libres échanges,
sans régulation de la PAC, l'agriculture va être soumise à une
forte volatilité des cours. Pour éviter de subir, ils estiment :


Emmanuel Lepoivre du Crédit
agricole : "qu'un jeune exploitant doit être prudent sur
les charges au départ et doit sécuriser les paramètres de
l'exploitation".


Bernard Bousso de Coop de
France, "les coopératives portent des valeurs et sont des
outils pour sécuriser les jeunes"


James Gillon de la Chambre
d'agriculture "qu'un jeune doit être formé à l'économie et
la gestion pour comprendre et s'adapter et ne doit pas hésiter à
recourir à se faire accompagner sur ses choix avec des diagnostics
projets"


Daniel Le Pironnec, président
du CER France Morbihan "il doit s'assurer de la capacité de
l’exploitation à résister avec des prix et des charges sécurisés
".




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