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Socopa/Bigard, poids lourd de la viande

En alliant leurs outils d'abattage et de transformation, Bigard et Socopa, filiale de Coopagri, s'affirment comme étant un acteur incontournable du marché de la viande.

Dominique Guineheux (Bigard), Jacques Chatelier (Socopa viandes); Didier Yon (président section bovine Coopagri) et Denis Manac'h, président.
Dominique Guineheux (Bigard), Jacques Chatelier (Socopa viandes); Didier Yon (président section bovine Coopagri) et Denis Manac'h, président.
© Terra

"Notre rapprochement a été un événement pour toute la filière bovine", ne cache pas Denis Manac'h, président de Coopagri, le 19 mars, lors de l'assemblée de la section bovine. Alors que certains rapprochements mettent des années à se concrétiser, celui entre Bigard et Socopa - la filière viande des coopératives Coopagri, Agrial, Cavac, entre autres – n'a mis que quelques mois à aboutir pour donner naissance à un poids lourd de l'abattage et de la transformation.
"Nous avons choisi l'alliance avec un groupe privé. Après 2 années difficiles, nous avions envisagé plusieurs hypothèses pour nous permettre d'atteindre un périmètre suffisant. Ou nos actionnaires remettaient des fonds, ou nous trouvions un nouveau partenaire, coopérative ou privé, retrace Denis Manac'h. Notre choix s'est porté sur Bigard, le leader français, du fait de la complémentarité de nos implantations et des synergies possibles". Un nouveau groupe, Socopa viandes, a été constitué. Son siège social sera à Quimperlé (29). Le partenariat est effectif depuis le 2 mars. Pour répondre aux obligations de la DGCCRF, Socopa viandes devra vendre quelque uns de ses outils dans l'Est.
Bigard représente 60% de l'actif, les deux financeurs (Crédit agricole et Unigrains) 6%. Si Socopa n'en détient que 34%, Denis Manac'h estime qu'il "faut mieux être petit dans un groupe qui gagne que grand dans un groupe qui perd". Le groupe s'appuiera sur 3 marques fortes, Bigard, Charal et Valtero.

Chasse à la rentabilité

Dans cette alliance, Bigard a trouvé une possibilité d'asseoir son développement en viande porcine. Socopa viandes abat 100 000 porcs/semaine et 30 000 bovins. Soit un abattage annuel de 1 035 000 tonnes et la commercialisation de 287 000 tonnes de produits élaborés.
Avec des marges de 1% du résultat, la rentabilité économique reste faible dans l'industrie de la viande. Elle l'était d'autant plus pour Socopa par l'importance de la transformation "steacks hachés", marché très concurrentiel. "La filière viande est atomisée, un peu moins après notre accord, estime Bernard Tréguer, directeur général adjoint du groupe Bigard. La reconquête de la rentabilité ne passe pas par de la croissance pour la croissance mais par la recherche d'un équilibre industriel. Avec Socopa viandes, nous avons atteint une taille conséquente tout en gardant de l'agilité et de la réactivité".
Pour augmenter sa rentabilité, le nouveau groupe veut faire tourner les outils à saturation, optimiser les performances économiques et diminuer les coûts entre la ferme et l'abattoir.
La taille croissante des outils pourrait faire craindre une perte de pouvoir pour les éleveurs. "Notre objectif n'est pas d'écraser le maillon de la production, mais de le valoriser", rassure Jacques Chatelier, responsable Socopa viandes. Notre premier travail est commercial pour obtenir la rentabilité par le juste prix". Les outils auront besoin de production à proximité, insistent les responsables de Socopa viandes, qui présentent la contractualisation comme un outil pour maintenir l'engraissement en Bretagne, face aux incertitudes de la nouvelle PAC. "Dans ce nouveau partenariat, nous devons faire confiance. Producteurs et entreprises ont un intérêt commun à être bon", conclut Denis Manac'h.

L'activité bovine à Coopagri

Le groupement viande de Coopagri compte 2 007 sociétaires, dont 1 300 apporteurs réguliers. 34 824 bovins ont été commercialisés, soit 2,9% de plus qu'en 2007, année chahutée par la FCO. Laquelle a encore plus déstabilisé le marché des bovins d'élevage. Le marché des vaches est nettement dominé par les réformes laitières. Pour les jeunes bovins, les 2/3 sont de race allaitante. Les filières qualité ont connu une hausse de leurs volumes de 12%, avec 2 203 bovins vendus. Côté prix, l'année a été stable en JB, autour de 3,30 euros pour les U, mais plus variable pour les vaches, pour une moyenne de 2,41 euros. "Les coûts de production élevés rognent une partie de cette marge", précise Didier Yon, président de la section bovine, qui s'inquiète de la diminution de la consommation. "La rentabilité de la production bovine passera par la performance technico-économique" encourage-t-il.

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