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Sortir de ce contrat perdant - perdant

La conférence agricole qui s'est tenue jusqu'en 1988 avait initié la publication des chiffres du revenu. Elle n'existe plus mais cette "tradition" de la publication du revenu agricole en fin d'année est restée. J'ai assisté lundi à la Commission nationale des Comptes de l'agriculture. Les chiffres du revenu qui sont publiés sont issus de l'observation des comptabilités réelles des 7315 exploitations Françaises qui participent au réseau RICA.

Pour 2014, c'est une baisse moyenne de 5% du revenu agricole qui est constatée. Ce chiffre ne surprendra pas vraiment les agriculteurs. Au delà du résultat ponctuel et des contingences techniques statistiques, plusieurs éléments sont intéressants à analyser sur une longue période. Tout d'abord les revenus sont de plus en plus hétérogènes d'une production à l'autre. Ensuite il faut noter qu'au sein d'une production, d'une OTEX, notamment en production porcine et grandes cultures, les écarts de revenu entre agriculteurs s'accroissent. C'est toutefois un peu moins vrai en ruminants viande et lait. Mais je veux surtout retenir une donnée : le revenu agricole français représente à peine de 10 milliards d'euros soit pratiquement le même montant que les aides PAC ! Il y a là, quelque chose qui ne va pas.

Dans l'absolu, sans aides PAC la Ferme France dégagerait un revenu égal à 0 !

Dans le même temps avec leur nouvelle politique agricole -le Farm Bill- les USA, l'autre grande puissance agricole, garantissent un revenu ou au minimum des marges aux agriculteurs grâce à la mise en place de divers systèmes assuranciels. D'un côté de l'Atlantique, dans le pays de l'oncle Sam, il y a donc une politique très volontariste de soutien aux agriculteurs, car l'agriculture y est considérée comme un secteur straté- gique. Et de l'autre côté, depuis quelques années l'Europe laisse faire et n'a d'yeux que pour le marché et la dérégulation...

Les conséquences sont devant nous, visibles, en terme de faiblesse de revenu et de prix. Ceux-ci sont complètement déconnectés. Pratiquement dans toutes les productions nous avons les mêmes prix qu'il y a 25 ans ! Les choix européens d'abandon des outils de gestion des marchés sont totalement ubuesques.

Comment ne pas s'interroger aujourd'hui sur cette politique qui fait que le revenu des agriculteurs est aujourd'hui constitué pratiquement uniquement d'aides publiques. Comment ne pas s'interroger sur la pérennité de ce système incapable de dégager des revenus et des prix. Cette réalité de l'agriculture est totalement frustrante pour le producteur, mais elle n'est satisfaisante ni pour le consommateur ni pour le contribuable. Il faudra bien sortir de ce contrat perdant-perdant.

 

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