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Stop aux dégâts dans les cultures !

Corneille noire, corbeau freux, et maintenant choucas des tours... Les dégâts de corvidés sur les semis de maïs et les légumes explosent ces dernières années sur le département et la pression s'intensifie sur les exploitations. À l'image de l'exploitation de Hervé Sarrazin à Cesson Sévigné.  

Certains agriculteurs ont été obligés de resemer jusqu'à trois fois !
© A.M

"J'avais semé mon maïs le 23 avril et je me suis rendu compte des dégâts une quinzaine de jours plus tard et j'ai découvert au moins 300 corbeaux dans la parcelle. Au final sur les 12 ha, j'ai dû resemer 8 ha !", déplore Hervé Sarrazin, producteur de viande bovine à Cesson Sévigné. Certains agriculteurs ont été obligés de resemer jusqu'à trois fois ! Les dégâts s'élèvent en moyenne à 1 500 euros par exploitation touchée, ce chiffre pouvant même atteindre 8 000 euros ! A l'occasion du point presse organisé ce mardi par la FDSEA et JA 35, les agriculteurs souhaitaient alerter l'opinion publique et l'administration, notamment pour délivrer des autorisations de tirs sur les choucas, espèce protégée, mais de plus en plus présente dans le département.
Il faut dire que depuis quelques années, les dégâts dans les semis de maïs et les légumes explosent. Ainsi, on recence depuis 2017 une augmentation sur le département de plus de 200 % des dégâts causés par la corneille noire, de 300 % par le corbeau freux et de 350 % pour le choucas des tours. Alors quelles sont les raisons d'une telle dégradation ? "C'est une multitude de facteurs comme l'absence de répulsif efficace homologué en traitement de semences, la baisse progressive de la régulation bénévole, l'absence de régulation collective", souligne Yves Rolland, reponsable du dossier chasse à la FDSEA.... Mais il s'agit aussi d'espèces "prolifiques et opportunistes" qui profitent de conditions et de milieux favorables à leur prolifération. Ainsi, par exemple le développement des surfaces de boisement monospécifique, type peupleraies offre un habitat propice aux corbeaux freux.
Développer la régulation collective
Pour améliorer la situation, différentes pistes et propositions sont à l'étude. À commencer bien sûr par la déclaration systématique des dégâts pour mieux localiser les problèmes et justifier les classements en "espèces susceptibles d'occasionner des dégâts". "Il faut aussi développer la régulation collective directement par les agriculteurs, avec la mise en place de cages, des tirs, de l'effarouchement...", souligne pour sa part Christian Mochet, membre du bureau de la FDSEA.
L'agronomie peut aussi être un allié pour les agriculteurs. En développant des techniques de semis plus adaptées, avec des semis plus profond (ce qui n'empêche pas toujours les corbeaux de venir s'attaquer à la graine), du roulage, ou créer de la confusion chez les oiseaux, en semant du blé en leurre, en inter rangs dans le maïs. Enfin, deux autres pistes sont proposées : Relancer l'expérimentation et la commercialisation de répulsifs efficaces et envisager la création d'une caisse de péréquation pour les exploitations les plus touchées.
Toujours est il que les agriculteurs estiment que le problème de la surpopulation de certaines espèces doit être posé sur la table. "Au delà du préjudice économique, c'est un vrai préjudice moral. Les corbeaux sont malins et s'habituent très vite à leur environnement. Les agriculteurs qui sont touchés par ces dégâts doivent sans cesse aller surveiller leur parcelle, alors que d'autres travaux nous attendent", conclut  Jimmy Guérin, président de JA 35.

"Plus de curatif"

Responsable technique au FD Gedon 35, Cyril Lejas nous fait partager sa vision globale sur cette question des dégâts de corvidés, grâce à la synthèse des remontées du terrain. "On forme les piègeurs et on apporte une assistance technique. Aujourd'hui, on nous appelle quand les oiseaux sont dans les champs mais c'est trop tard si on ne fait que du curatif et pas de préventif. La régulation passe désormais avant tout par la responsabilité de chaque agriculteur. Avec la déclaration collective, tout est géré en amont, il n'y a pas besoin d'agrément de piègage".

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