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Le Brevet Professionnel à temps partagé,
"Sur mesure"pour se former en alternance

Depuis 1986, 300 BP à temps partagés ont été remis. ? Imaginé, il y a 24 ans par des agricultrices membres des GVA, il leur a été adapté permettant à des femmes et des hommes de changer de cap et de revenir à la terre. Un parcours exceptionnel en Bretagne qui dope l'installation des femmes dans le Morbihan

Le Brevet Professionnel à temps partagé,

"Sur mesure"pour se former en alternance

 

Depuis 1986, 300 BP à temps partagés ont été remis. ? Imaginé, il y a 24 ans par des agricultrices membres des GVA, il leur a été adapté permettant à des femmes et des hommes de changer de cap et de revenir à la terre. Un parcours exceptionnel en Bretagne qui dope l'installation des femmes dans le Morbihan.

 

Adapté par des horaires inscrits entre 9H30, 17H00 le BP à temps partagé rend alors possible des travaux sur l’exploitation avant et après ou de l’aide aux enfants en bas âge. 2 jours sur la semaine sont consacrés à la formation, on évite les mercredis et vacances scolaires. Avec cette organisation, on peut poursuivre son travail sur l’exploitation et concilier avec la vie familiale

Il est également adapté par son contenu, calqué bien sûr sur le diplôme national mais aussi ajusté au métier d’agricultrice : c’est souvent elle qui s’occupe des papiers, il a onc été offert une formation « gestion administrative », l’exploitation est un lieu de vie et un lieu de travail, un lieu professionnel et un lieu privé, ainsi, il existe une formation aménagement du corps de ferme. Depuis l’an passé, s’est rajouté une formation sur la communication et les relations humaines avec ses partenaires de travail

 

Unités capitalisables et DJA possible

Ce BP est assuré aux centres de formation de Kérel à Crédin et Kerguéhennec à Bignan. Il est adapté pour les femmes mais aussi pour les hommes qui sont installés mais qui ont besoin de se former pour acquérir la capacité professionnelle. Il est de niveau IV et son obtention donne droit aux aides à l’installation : DJA et prêts à taux bonifiés, il est obtenu en 2 années.

Comme dans tous BP, il est constitué de 12 unités capitalisables qui apportent les compétences requises pour l’exercice du métier : gestion, conduite de productions animales et végétales, commercialisation des produits, connaissances de son territoire, que l’on passe par une filière longue ou courte de commercialisation, organisation du travail, élaboration de son projet professionnel…

 

Un projet d’installation a besoin de temps pour se construire. Les compétences doivent s’ancrer dans l’alternance de la théorie et de la pratique. Parce qu'il est adapté, le BP à temps partagé répond à toutes ces spécificités. 

 

Marie Claude Juhel

 

Pour tout renseignement : Alexandra SIMON, chambre d’agriculture à Kerguéhennec 02 97 46 73 05

 

Encadré

 

Pour Anne Fleury à Questembert, le BP

"Du sur mesure pour devenir agricultrice"

 

"Je me retrouve avec les enfants, j'aime mon travail, je suis sur place et ne suis plus stressée par les horaires".  Voilà pourquoi, quand Anne Fleury ouvre la porte de sa maison pour vous accueillir, c'est avec un grand sourire, les yeux pleins de lumière.

 

Depuis la fin décembre, elle est sûre de pouvoir mener à bien le projet qui, depuis 2007, lui a fait retrouver les bancs de l'école pour devenir agricultrice aux cotés de son mari, Philippe, sur une exploitation laitière de 46 ha avec 365 741 litres de lait et 10 vaches allaitantes.

Un parcours réussi grâce à l'obtention de son  BP à temps partagé en décembre dernier. Une formule "sur mesure", pour cette ancienne couturière qui, durant 11 ans à Guer, a tenu boutique de couture, loisirs créatifs et mercerie. "Quand le bail commercial a pris fin en 2007, la taille du local ne correspondait plus, j'avais mes trois enfants dont le dernier Victor avait à peine deux ans. Je me posais des questions. C'est un article dans Terra qui m'a informé sur l'existence du BP à temps partagé". Revenir sur l'exploitation, oui mais comment et avec quels bagages pour cette jeune femme non issue du milieu agricole?  "Sans terre et sans possibilité d'agrandir ? Il me fallait monter un projet avec ce que nous avions, c'est-à-dire des bâtiments. Alors je me suis dit que j'allais faire de l'accueil, avec gîtes et chambres et table d'hôtes pour valoriser nos produits qui ne le sont pas suffisamment".

 

Groupe soudé

C'est avec ce projet en tête que la jeune femme a repris, 2 fois par semaine et avec des horaires sur mesures, le chemin de la formation soit vers Crédin, soit vers Bignan, de 2007 à 2009. "C'était très sympa, avec un groupe homogène et des gens avec qui je me suis bien entendue, c'était sympa, on se soutenait". "J'ai passé mes modules et pour chaque examen, j'ai réussi". A l'exception de ses soutenances de projet à l'oral. "Le temps me pressait, j'allais avoir 40 ans à la fin janvier et je devais déposer, avant cet âge, mon dossier  de dotation JA et l'extrait de société K-bis avant cette date butoir, or j'ai été recalée sur mon oral en juin puis en juillet. Je l'ai repassé en septembre très anxieuse car tout mon projet d'installation en dépendait". Anne Fleury a donc obtenu tous les feux verts et s'est installée en début d'année 2010. Les travaux sur le gîte devraient permettre la mise en location dès les vacances d'avril, un peu plus tôt que prévu. "Notre objectif de 2010, c'est de réaliser tout notre quota, j'ai ramené 94 000  litres". Si la conjoncture s'y prête, la réalisation des chambres d'hôtes se fera dans la foulée permettant de restaurer le patrimoine bâti de l'exploitation.

Claire le Clève

 

Légende : Pour Anne Fleury, une formation diplômante qui lui permet d'exercer un métier qu'elle aime;

Marie Laure Jaffre de Landaul

« Le BP légitime ma place »

 

A 28 ans, maman de deux enfants, Marie Laure vient de rejoindre Olivier Jaffré sur leur exploitation laitière de Landaul. Pour quitter son poste de comptable et s'installer en agriculture, elle s'est formée, grâce au BP. Une reconnaissance.

 

«Si je ne l'avais pas fait ce BP, je l'aurais regretté. J'ai appris tellement de choses, cela m'a donné confiance et légitime ma place sur l'exploitation», affirme Marie Laure Jaffré. Comptable, avec des parents fonctionnaires, cette jeune citadine a franchi le pas et s'est installée le 1 décembre dernier. Car en 2007, d'associé en GAEC, son mari Olivier 35 ans, se retrouve seul, sur son exploitation de 127 ha et 523 000 L. «Nous avions nos deux, métiers, nos deux enfants, je lui donnais un coup de main avec plaisir le week end mais voilà. Tout a basculé en 2007. Nous avons envisagé toutes les solutions. Si je n'avais pas lu un article sur le BP, je ne me serais pas lancée. Il était temps». Le projet est simple: ne pas laisser Olivier assumer seul la charge de cette l'exploitation qui attendra 18 mois et un pépin de santé, pour passer à l'embauche d'un salarié. «Aujourd'hui, c'est un bon équilibre. Si je ne l'avais pas rejoint, je crois qu'il aurait arrêté. Être à deux donne du sens, on se remotive, se soutient», explique la jeune femme qui lance doucement une activité de vente directe de viande en caissettes, issue de son nouveau troupeau de vaches allaitantes. «J'ai vendu ma première bête en janvier, j'ai assez de commandes pour une autre en mars, ça démarre, il faut que je prenne mon rythme». Quant à la dotation JA et l'aide du Conseil général «qui devaient nous permettre de passer au DAC, vu la conjoncture, cela bouche des trous et c'est bien dommage» déplore la jeune femme.

 

Le temps partagé, parfaitement adapté

De ses deux années passées en cours, elle garde «un très bon souvenir. Les relations dans le groupe étaient très fortes, c'est très motivant». Quant au rythme ? «Deux jours par semaine, c'est l'idéal. J'étais avec les enfants le mercredi et durant les vacances scolaires. Sinon, le matin j'avais le temps de faire ma traite, de préparer les petits et les emmener, ou à l'école ou chez la nourrice, avant de partir en formation». Étalés sur deux années, les contenus des cours «sont accessibles et adaptés à notre public avec des intervenants intéressants». Marie laure a également apprécié la formation à distance «qui permet d'avancer à son rythme». Mais elle met en garde sur «les rares fois où nous avons eu cours une semaine pleine, c'était trop». En reconversion, Marie Laure a bénéficié de la prise en charge d'une partie du coût de sa  formation qui lui est revenue à 600 euros. A peine installée, cette jeune installée a décidé de continuer à se former ; pesée du lait en janvier, cahier de fertilisation en mars, panneau de signalisation en avril. «C'est tellement plus motivant de savoir de quoi on parle au quotidien».

Claire Le Clève

 

Légende : Marie Laure Jaffré s'est installée avec Olivier à Landaul, elle développe à coté de l'atelier laitier, une activité de vente directe de viande issu d'un troupeau allaitant

 

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