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Cer France Finistère
A-t-on encore besoin de l'agriculture en France ?

C'est la question que le Cer France Finistère entend poser aux politiques. Car, pour passer le cap de la crise, l'agriculture a bien besoin d'un coup de pouce de leur part !

"Nos adhérents ne sont pas bien". Le 14 janvier dernier, le Cer France Finistère a invité ses délégués, les élus et les responsables des filières du département à une conférence-débat sur les comptes de l'agriculture en 2009 et sur les perspectives pour les années à venir.

Toutes les productions en crise

"Cette année, les prix de toutes les productions agricoles ont plongé, rappelle Stéphane Aupècle, le président. La situation financière est de plus en plus difficile pour beaucoup de nos adhérents".
Les producteurs de lait sont sans doute parmi les plus déstabilisés. "Ils n'avaient pas l'habitude de voir un prix si chahuté". Ces brusques variations risquant de devenir la norme, il leur faut mettre en place une gestion plus rigoureuse et maîtriser les charges, notamment alimentaires.
Les producteurs de porc, eux, doivent faire face à une crise qui dure. "Aujourd'hui, même si le prix au cadran n'a pas augmenté, le prix de l'aliment a baissé, ce qui fait que les 25% meilleurs parviennent tout juste à équilibrer leurs comptes, indique Anne-Yvonne Hénot, ingénieur d'études au Cer France Finistère. Comment faire pour reboucher le trou creusé ces trois dernières années, alors qu'il va falloir investir pour se mettre aux normes bien-être". Et bien malin qui pourrait prédire la sortie de crise ! "Pour la première fois, une baisse de la production, au niveau européen, n'a pas entraîné de remontée des cours".
Si l'aviculture se porte un peu mieux, les bâtiments sont vieillissants, les éleveurs ne dégageant pas suffisamment de revenu pour investir. "Et on perd de la compétitivité par rapport à nos concurrents", rajoute Anne-Yvonne Hénot.

Un coup de pouce

Face à cette situation, "il faut agir sur trois volets", estime Stéphane Aupècle. Si des progrès sont encore possibles au niveau des exploitations, les écarts de coût de revient restant importants entre le quart supérieur et le quart inférieur des études de groupe, les filières, elles, doivent mieux s'organiser. "Aujourd'hui, ça bouge, constate le président du Cer France Finistère. Mais ce n'est pas encore assez : nos entreprises sont trop petites sur le marché et ont du mal à résister".
Mais l'agriculture a également besoin d'un appui des politiques. "Qu'ils nous disent s'ils ont encore besoin de l'agriculture demain. Et, si la réponse est oui, qu'ils nous donnent le coup de pouce nécessaire, afin de compenser nos contraintes territoriales par des aides économiques". Car, qu'on se le dise, c'est bien l'agro-alimentaire qui vient en tête des exportations françaises, pas Airbus ou le TGV !
"Encore faut-il départager idéologie et économie, plaide Stéphane Aupècle. OGM, algues vertes... : est-il raisonnable de taper ainsi sur les agriculteurs, y compris à chaque fois qu'un éleveur veut restructurer son élevage ?" Et le président du Cer France Finistère de s'interroger. "A-t-on encore la capacité à vivre ensemble ?"

 

 

Le Cer France Finistère en quelques chiffres


- 7 300 clients,
- dont 4 400 agriculteurs (deux agriculteurs finistériens sur trois),
- 2 500 artisans, commerçants et services,
- et 400 professions libérales,
- un chiffre d'affaires de 21 millions d'euros,
- 340 collaborateurs,
- 16 agences implantées sur l'ensemble du département.

 

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