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Talus devant les grilles préfectorales : la colère

C'est un rempart contre le sur-empilement administratif, que les représentants de la FDSEA et des JA ont dressé devant la préfecture du Morbihan. Un long, très long talus de terre, symbole d'un "ras le bol paysan" qui a mobilisé, jeudi 12 mars, de16h à plus de 22 h, plus d' une centaine d'agriculteurs.

 

 

 

"Si nous ne sommes pas entendus, nous irons jusqu'à la grève des contrôles. Veut-on encore de nous agriculteurs, sur le territoire !". Il est 20h. Frank Guehennec, vient de poser son porte-voix. Dans quelques instants, il sera reçu, en délégation, par le préfet du Morbihan. Dehors, ils sont une centaine d'agriculteurs de la FDSEA et des JA à s'être relayés depuis 16 h. Dans le calme et dans la discussion, auprès des passants, coureurs et curieux, qui viennent les voir, ils attendront, le barbecue fumant à coté d'eux, les résultats de l'entrevue avec le prefet, lequel les assurera de la remontée d'une minute pour le gouvernement. Car depuis le milieu de l'après midi, ils tiennent le pavé devant la préfecture du Morbihan où ils ont érigé, devant l'enfilade des grilles préfectorales, un long, long talus, "à la mesure des contraintes toujours plus nombreuses et des prix qui ne cessent de baisser", s'exaspèrent les manifestants. Sur ce "mur de la colère", "rempart contre l'accumulation des normes administratives", "c'est le ras le bol administratif", qui s'exprime sur les banderoles encadrées de tracteurs et remorques, sans CRS ici.

 

Contrôles Pac, l'année blanche

"Ce n'est pas acceptable, elle a deux ans cette nouvelle Pac dont on ne connaît pas encore toutes les règles du jeu. C'est totalement aberrant", justifie leur représentant, Frank Guehennec. Lois sociales, compte pénibilité, projets de Sdage, déclarations de flux.... Restent également en travers de la gorge les conditions de comptabilisation des haies au titre des éléments topographiques (BCAE7 - conditionnalité). "Ça revient à sanctuariser les haies. Il faudra demander à l'administration pour les entretenir !". Même grogne quant à la demande d'activation des aides qui, en cas de transmission, devraient être effectuée par le fermier cédant. Idem pour la détermination des îlots de cultures à redéfinir précisément, "si on se trompe, c'est moins 3 % d'aides, avec les 15 % déjà de baisse", s'indigne-t-il. Sans compter l'actualité sur la transformation des Earl entre époux en Gaec pour obtenir l'élargissement de la transparence : "on nous parle aujourd'hui de modification de consistance, de reprise de foncier. Mais des gens se sont engagés dans ce changement social, c'est 1 600 euros !" déplore le représentant syndical, pointant un encadrement administratif excessif qui finit par "pénaliser les produits français sur tous les marchés. On nous charge la barque, on asphyxie les paysans, c'est le découragement". "La Pac est là, c'est ainsi, on ne l'a pas choisie. Mais qu'on nous laisse une année pour la digérer et que les contrôles, s'il y en a, soient pédagogiques. Si nous ne sommes pas entendus, nous irons jusqu'à la grève des contrôles" prévient le président de la FDSEA.

 

Claire Le Clève

 

 


 

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