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Terre d'essais, le fief des légumes AB bretons

Site pilote régional en expérimentation légumière biologique depuis 1998, Terre d'Essais à Pleumeur-Gautier en Côtes d'Armor poursuit son chemin tout en faisant face à la réduction des finances publiques.

Premier plan : Hervé Floury, ingénieur responsable des cultures sous abri, Hervé Conan et Hubert Jacob, co-présidents de Terre d'Essais.
Premier plan : Hervé Floury, ingénieur responsable des cultures sous abri, Hervé Conan et Hubert Jacob, co-présidents de Terre d'Essais.
© Terra

À Pleumeur-Gautier, les rayons du soleil de retour en ce début mai font monter la température dans les serres. Les tomates bio ont une belle teinte rouge. Ici, 75 % des cultures sous abri et 100 % des cultures de plein champ sont consacrées à l'expérimentation légumière AB. 
La station d'essais étudie les diverses variétés, les nouveaux intrants avant leur développement commercial (ex : stimulateur des défenses naturelles de la plante), les substrats... Un gros volet agronomique en plein champ a été réalisé sur place. 
"Sur le thème de la diversification, 15 à 20 variétés de tomates bio sont testées par an", citent en exemple Hubert Jacob et Hervé Conan, co-présidents de Terre d'Essais et producteurs à Paimpol. Dans le milieu du légume, l'ensemble des acteurs bretons collaborent : les groupements de producteurs, la station expérimentale du Caté, la station de création variétale OBS, Végénov, spécialiste des biotechnologies et les chambres d'agriculture. "Rien n'est cloisonné chez nous. La stratégie est groupée", remarque Hubert Jacob. "Tous les groupements bretons producteurs de tomates participent au financement des essais qu'ils soient bio ou conventionnels". Les résultats obtenus, vulgarisés par les techniciens de la chambre d'agriculture et les groupements de producteurs sont utiles aux producteurs bio, mais aussi aux agriculteurs conventionnels, également intéressés par ces techniques. Des essais privés, à la marge, sont également réalisés.

Des essais validés par les producteurs

Dans cette organisation collective, les producteurs veulent rester décisionnaires. Trois réunions décentralisées en février rassemblent producteurs conventionnels et bio, lesquels passent en revue les problèmes de la saison passée. "C'est là aussi que se transmet l'expérience entre producteurs qu'il s'agisse des précédents culturaux, de la fertilisation ou encore des variétés", ajoute Hubert Jacob. Le choix des essais, en octobre, revient aux commissions techniques, lesquelles compilent les problèmes rencontrés, le désir des producteurs et les résultats des essais, avant d'être ensuite validés par le conseil d'administration. Un des thèmes émergents concerne le changement climatique. L'hiver historiquement doux a fortement pénalisé la culture des choux-fleurs et maintenant celle des artichauts. "Il faudra des variétés plus tolérantes à l'augmentation moyenne des températures", indique le producteur, soulignant les dix à quinze ans nécessaires à la sortie d'une nouvelle variété.

Des financements en baisse

Mais, comme le souligne les co-présidents : "les financeurs sont les décideurs". Que ce soit l'État, la Région et le Département, les financements se réduisent. "L'État depuis trois ans baisse de 3 à 4 % par an ses budgets ; les appels à projet se complexifient avec de plus en plus de contrôles. Quant au Département, pour la première fois depuis 1998, nous n'avons pas de réponses sur les 50 000 € attribués par an", note Hubert Jacob, qui décrit une stabilité du financement régional depuis quatre ans mais strictement plafonné à 90 000 € en AB. Dans le budget global de 500 000 € de la station, la moitié est assurée par la profession agricole mais cette dernière ne pourra pas boucher tous les trous. Aussi des stratégies groupées émergent à l'échelle du Grand Ouest ou avec d'autres pays pour répondre à des appels d'offres européens (le Caté avec la Belgique sur le recyclage de l'eau). "Sans expérimentation, concluent les présidents Hervé Conan et Hubert Jacob, "c'est commencer à tuer l'agriculture. L’expérimentation est un maillon indispensable pour que les agriculteurs produisent des légumes dans des conditions économiques et environnementales satisfaisantes. Après l’hiver si difficile que nous venons de passer, ce travail d’expérimentation est vital pour nous adapter aux changements climatiques, pour rester compétitifs, faire progresser la rentabilité de nos productions", rappellent-ils.

Cette unité d'expérimentation est intégrée dans la filière légumière coordonnée par l'institut technique national (Citfl) et sur le plan régional par le Cerafel.

 

 

La station possède 11 ha de terres

10 ha de plein champ convertis en AB

3 800 m² de serre multi-chapelle dont 1 700 m² en AB

630 m² de tunnel dont 375 m² en AB

une serre verre de 600 m²

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