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Terrena veut se recentrer et se différencier

L’année 2018 de Terrena a été moins mauvaise que 2017 et semble être une transition vers des lendemains meilleurs. Le groupe coopératif poursuit le renouvellement de son modèle, ayant la chance de pouvoir compter sur sa solidité financière.

Olivier Chaillou, président de Terrena, Philippe Grié, directeur des ressources humaines et de la communication et Guillaume Serizay, directeur administratif et financier,le 23 avril dernier lors d'une conférence de presse de présentation des résultats du groupe dont le siège est situé à Ancenis-St Géréon (44).
Olivier Chaillou, président de Terrena, Philippe Grié, directeur des ressources humaines et de la communication et Guillaume Serizay, directeur administratif et financier,le 23 avril dernier lors d'une conférence de presse de présentation des résultats du groupe dont le siège est situé à Ancenis-St Géréon (44).
© Terra

Pour les trois représentants de Terrena, l’exercice de la conférence de presse de présentation des résultats, est une première : Olivier Chaillou a en effet succédé à Hubert Garaud, à la présidence du groupe il y a seulement quatre mois ; Philippe Grié, le directeur des ressources humaines et de la communication, assure l’intérim en tant que directeur délégué à la direction générale depuis février(1) et Guillaume Serizay est arrivé en tant que directeur administratif et financier en mars dernier.

Brosser le tableau d’un groupe tel que Terrena, avec ses 21 500 coopérateurs, ses 1 000 élus, ses 14 000 salariés, ses 63 sites d’implantation, n’est pas aisé. Du point de vue des chiffres, on retiendra un léger repli du chiffre d’affaires à 4,9 milliards d'euros (5,1 en 2017), lié essentiellement à la sortie du périmètre de Doux et des activités grand public, une progression de l’Ebitda (2) à 99 millions d'euros (77 M€ en 2017), mais un résultat net qui reste négatif. "Les fondamentaux financiers sont maîtrisés", assure cependant Guillaume Serizay, tandis qu’Olivier Chaillou estime qu’une nouvelle fois, "Terrena démontre sa capacité de résilience dans un environnement agricole et agroalimentaire marqué par des mutations profondes".

Après Doux

Selon le président, l'année 2018 se révèle une année de transition, après une année 2017 très difficile, avec notamment l'épisode Doux. "Grâce à l'effort de tous les partenaires, 900 emplois sur les 1 200 ont été sauvegardés". Même désengagé de Doux, Terrena reste un acteur majeur de la volaille : Galliance est toujours le numéro deux français. Cette branche, toujours convalescente, va bénéficier d'un plan d'investissement, notamment au profit des gammes bio et Nouvelle agriculture, qui, sans être majoritaires au sein du pôle, sont celles qui connaissent le meilleur développement. Les PAI (Produits alimentaires intermédiaires) sont également un secteur en croissance que Terrena veut investir.

Viande bovine : ne pas continuer seuls

Autre pôle qui connaît encore des difficultés, celui de la viande bovine. Elivia a fait l'objet d'une restructuration, avec des fermetures de sites, mais surtout des modernisations et rationalisations. Grande fierté pour Terrena : l'abattoir modernisé du Lion-d'Angers vient d'être agréé par la Chine et va donc permettre à la viande française de retrouver le marché chinois, après dix-sept ans d’embargo.

Mais sur ce marché de la viande bovine, dont la consommation décroît depuis dix ans, les dirigeants de Terrena savent qu'ils ne feront pas l'économie "d'une remise à plat du système". En clair : il faut produire davantage en fonction des marchés - et le marché, en ce moment, veut du steak haché -, et aller chercher de la croissance à l'export.

Terrena est peu présent à l’export, mais son partenaire irlandais, Dawn meats, en est un expert. Ce partenariat est en cours de re-discussion, le rachat d’Elivia par Dawn meats étant une sérieuse option. Terrena ne souhaite pas continuer seul dans ce domaine, estimant pouvoir apporter à cette union ses produits de qualité et notamment toute son activité de cheville (secteur qui fonctionne bien, mais qui reste limité). Le succès de ses stratégies d’union dans d’autres domaines (notamment sa branche laitière, dans le cadre de Laïta, qui associe l'activité laitière de Terrena à celle des coopératives bretonnes Even et Triskalia) conforte le groupe dans ce projet de ne pas aborder seul les mutations du marché de la viande bovine.

Le pôle végétal spécialisé est quant à lui le bon élève du groupe, avec notamment son activité vins, qui réussit le tour de force de ne pas faire plus de volumes, mais plus de valeur ajoutée.

Enfin, lors de cette conférence, les responsables ont martelé que le pôle amont de Terrena, restait son cœur de métier et sa priorité. L’année 2018 a été celle de la fusion officielle des trois entités, Terrena, Terrena Poitou et la CAM, et l’occasion de construire une nouvelle organisation territoriale. Un objectif : créer de la valeur ajoutée malgré la volatilité des prix des matières premières, malgré la pression persistante exercée par les acheteurs même pas contrariés par la loi Egalim.

(1) Après le départ de Maxime Vandoni, un recrutement d’un nouveau directeur général est en cours. Sa nomination sera annoncée dans les jours prochains.

(2) Ebitda est un terme anglais (earnings before interest, taxes, depreciation, and amortization) qui détermine le bénéfice avant intérêts, impôts, dépréciation et amortissements.

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