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Insertion des travailleurs handicapés
Tildé fête ses 10 ans

Le 3 octobre, Tildé a embarqué à bord de l'Armorique pour fêter ses 10 ans avec ses salariés et ses adhérents. Retour sur une idée généreuse, qui a su s'adapter aux réalités économiques.

"L'idée est née en 1998, raconte Hélène Descloux, la directrice de Tildé. L'IME Ar Brug, à Saint Martin des Champs, cherchait à intégrer les handicapés dans la vie professionnelle". Il avait déjà l'habitude de travailler avec des pépiniéristes, c'est tout naturellement vers eux qu'il se tourne pour lancer une nouvelle formule. "Une fois sortis de CAT ou d'Esat, proposer aux travailleurs handicapés de rejoindre une équipe de 4 à 5 salariés, encadrée ou non".

Un groupement d'employeurs...

En 1999, plusieurs groupements d'employeurs voient le jour sous cette formule : des entreprises se regroupent et s'engagent à employer une équipe, mise à leur disposition d'un bout à l'autre de l'année suivant un planning arrêté une à deux fois par an, voire tous les trimestres si besoin. Ces groupements sont fédérés par une association, Tildé, jusqu'en 2007, date à laquelle il est décidé de fusionner tous les groupements en un seul. "La gestion administrative est bien plus simple".
Association loi 1901, Tildé compte aujourd'hui 37 salariés, dont 30 travailleurs handicapés et 4 chefs d'équipe. "Sur le terrain, nous avons 7 équipes. 4 d'entre elles sont encadrées, les autres sont autonomes", détaille la directrice."Chaque équipe intervient au sein de 4 à 8 entreprises, toujours les mêmes. Ainsi, les salariés reviennent tous les ans, connaissent bien l'entreprise et savent ce qu'on attend d'eux". Des salariés qui viennent épauler les permanents au moment des pointes de travail ou qui, parfois, représentent le seul apport de main d'oeuvre quand le chef d'entreprise est seul.

... 37 salariés polyvalents

"Rempoter, désherber, tailler, débâcher et rebâcher un tunnel, ramasser des pommes ou préparer les commandes de sapins de Noël ... : nos salariés sont très polyvalents", affirme Hélène Descloux. Ils doivent aussi être mobiles et pouvoir se rendre eux-mêmes sur leur lieu de travail. "Certains ont le permis de conduire et font du covoiturage pour toute leur équipe. D'autres ont un scooter". Les entreprises se situent, pour la plupart, dans le quart nord-est du département, et une équipe travaille dans le sud. "Tildé est un repère important pour eux. L'encadrement est stabilisant. Mais nous n'assurons pas de suivi social : notre volonté est que chaque salarié soit le plus autonome possible".

Une main d'oeuvre formée

Du côté des employeurs, les avantages sont nombreux. "Il devient de plus en plus difficile de trouver de la main d'oeuvre saisonnière, note Hélène Descloux. Par le biais d'un groupement, l'employeur n'a plus besoin de recruter tous les ans. Il dispose d'une équipe formée, au moment où il en a besoin. Et, même s'il reste l'employeur, c'est Tildé qui se charge de toute la partie administrative". Un argument qui en a séduit plus d'un, notamment quand l'entreprise n'emploie pas d'autres salariés.
Si les 25 adhérents de Tildé ont certainement "la fibre", ils ne font pas du social en employant des travailleurs handicapés. "Il faut qu'ils retrouvent leurs billes, estime Hélène Descloux. Le rapport qualité/coût du travail leur convient".

Et demain ?

"Il nous faut renouveler nos adhérents, affirme Hélène Descloux. Certains vont partir en retraite". Si le secteur agricole et les productions végétales sont, jusqu'à présent, son coeur de métier, l'association ne s'interdit pas de regarder ailleurs et, notamment, du côté des collectivités locales. "Une loi, adoptée à l'assemblée nationale et prochainement débattue au Sénat, devrait leur permettre de faire plus facilement appel à un groupement d'employeurs. Elles aussi ont besoin de saisonniers, pour l'entretien des espaces verts par exemple".
La loi de 2005, applicable dès 2010, va alourdir les sanctions financières pour les entreprises de plus de 20 salariés qui n'emploient pas au moins 6% de personnes handicapées. "La pénalité pourra atteindre 13 000 € s'il manque une unité, rappelle la directrice de Tildé. Si les entreprises ne veulent, ou ne peuvent pas embaucher directement, elles peuvent faire appel à un groupement d'employeurs". L'objectif est de parvenir à 10 créations d'emploi dans les deux ans.
Même si, pour le moment, tous les agents de production de Tildé sont handicapés, l'association pourra aussi être amenée à embaucher d'autres profils de salariés, pour répondre à la demande de ses adhérents. "Mais les travailleurs handicapés représenteront toujours la majorité de nos salariés".

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