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Tomate bio sous serre : la Frab voit rouge

Légume star de l'été, la tomate fait aujourd'hui la une des titres des journaux à la fois car la filière connaît une crise sans précédent et aussi avec la polémique suscitée par la question du chauffage des serres pour la production de fruits et légumes bio. Le 29 mai, la Fédération régionale des Agrobiologistes de Bretagne (Frab) organisait d'ailleurs un point presse à l'occasion du lancement de la pétition* "non aux serres chauffées".

Le chauffage des serres, pratique autorisée en agriculture conventionnelle, n’a pas été jusqu’ici largement développé en bio, hormis pour la production de plants et à moindre mesure la mise hors-gel. "Sans cadrage réglementaire précis, le risque que le chauffage soit également utilisé afin de produire des légumes à contre-saison en bio est largement présent", estime Arnaud Daligault, maraîcher à Montreuil le Gast et président d'Agrobio 35. "On ne peut pas demander un développement de la bio et mettre de côté ses principes généraux". Avec cette pétition, le réseau de la Fédération nationale bio entend dénoncer "une industrialisation" de la bio qui conduit à ne plus respecter la saisonnalité des produits. Luc Calvez, producteur bio et président du groupement de producteurs bio bretons Biobreizh va plus loin. "Je suis très inquiet de ce que pourrait engendrer le chauffage des serres, car cela signifie que nous aurons des tomates qui vont arriver dès le mois de février alors que nous, nos produits arrivent fin mai sur les étals. On risque de se faire confisquer le marché par ceux qui sont arrivés avant nous !". Pour rappel, c'est le 11 juillet que le comité national de l’agriculture biologique doit se prononcer sur cette question.

Plusieurs OPA dÈfendent le respect du cadre européen

Plusieurs organisations agricoles (APCA, FNSEA, Légumes de France, Coop de France, Felcoop) ont indiqué le 29 mai, dans un communiqué commun, leur souhait "d’une interprétation française qui s’inscrive dans le cadre du règlement européen, sans surtransposition" sur la question des serres chauffées en agriculture bio. "Ce qui rassure aujourd’hui, c’est qu’il n’y a pas deux bio, mais un règlement européen. (…) S’il doit y avoir une évolution dans ce domaine, alors elle ne peut se faire qu’à ce niveau-là. Il faut arrêter les distorsions de compréhension et les distorsions de concurrence que cela génère", a indiqué Laurent Grandin, le président d'Interfel (interprofession des fruits et légumes frais), lors d’une conférence de presse organisée à l’Assemblée permanente des chambres d’Agriculture (APCA). Les organisations présentes s’affirment "opposées à la production de tomates bio en hiver". Elles proposent malgré tout de "préciser la notion de "cycle naturel" dans le guide de lecture français de l’agriculture bio en permettant le chauffage en serres aux cultures "plantées dans l’année". Ce qui permettrait, selon elles, "de récolter au plus tôt les tomates au printemps (avril-mai)" en serres chauffées.

 

La pétition est portée par la Fédération nationale d’agriculture biologique (Fnab), le Réseau Action Climat, la Fondation Nicolas Hulot et Greenpeace.

Une crise nationale inédite

Ce débat sur les serres chauffées apparaît dans un contexte de crise de la filière.  "Une crise nationale inédite depuis près d’un mois, en partie liée aux importations massives", a affirmé Solarenn, sur sa page Facebook. Et face à cette situation, la coopérative est conduite à détruire une partie de la production de ses adhérents, soit plus de 100 tonnes par semaine. Suite aux nombreuses réactions, la coopérative s'est justifiée à travers un communiqué publié sur sa page Facebook : "Devant l’impossibilité de vendre nos produits, nous avons naturellement commencé par distribuer ceux qui étaient encore consommables aux associations caritatives locales puis nationales. Pour les tomates devenues impropres à la consommation après plusieurs jours de stockage, nous avons été dans l’obligation de les détruire, soit par broyage/épandage au champ, méthanisation ou compostage. Nous sommes conscients que cette image peut heurter les sensibilités, elle est néanmoins le reflet des réelles difficultés économiques traversées actuellement par notre filière".

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