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Tous des geeks !!!

1998 c'est la date de création de Google. Cette année-là Microsoft vient de sortir son fameux Windows 98. Dix millions d'ordinateurs seulement sont connectés à Internet dans le monde. La clé USB n'existe pas encore, et les transferts de données se passent encore avec des disquettes 5"1/4 voire 3"1/2. Vingt ans à l'échelle d'une vie c'est long mais à l'échelle du numérique c'est presque la préhistoire ! Vingt ans c'est seulement le temps qu'il aura fallu pour que l'économie numérique naisse. Aujourd'hui 82 % des ménages français sont équipés et connectés. Mais qu'en est-il des agriculteurs ? Ont-ils suivi ce développement fulgurant ? Sommes-nous tous devenus des geeks ? Des accros du numérique ? Réponses.

En quelques années le taux d'équipement informatique des ménages en France est passé à pratiquement 82 %. Le PC de bureau est toujours l'élément roi mais 40 % des Français utilisent des tablettes et 65 % sont déjà totalement accros à leur smartphone.

L'étude Agrinautes 2018 tente de mesurer précisément l'équipement informatique des agriculteurs, et l'utilisation qu'ils font de cet outil. 1 210 personnes ont été interrogées (sur Internet) entre le 19 juin et le 4 juillet 2018. Une étude qui montre que les agriculteurs sont des Français comme les autres... voire plus ! Si 63 % des exploitations - soit 195 000 - étaient connectées à Internet en 2010, elles seraient aujourd'hui plus de 85 % des exploitations professionnelles.

 

Un taux d'équipement en constante augmentation

67 % des agriculteurs utilisent un ordinateur fixe, et 60 % utilisent un ordinateur portable. Ils sont déjà 42 % à utiliser la tablette quand les Français en moyenne l'utilisent à 40 %. Le smartphone est aujourd'hui en passe de dépasser tous les modes de consultation d'Internet : 71 % des agriculteurs l'utilisent pour surfer sur la toile contre 65 % pour le reste de la population française. Mais l'équipement des agriculteurs reste aujourd'hui bridé par les débits proposés dans les différents lieux de consultation. Si les connexions progressent, il reste encore 17 % des agriculteurs interrogés qui ont encore un débit inférieur à la 2G dans leur siège d'exploitation, 54 % auraient un débit inférieur à 2 mb/s sur leur siège d'exploitation et 19 % à ne pas avoir la 3G à l'échelle de leur parcelle. Cet élément est par définition le premier critère de frein au développement des nouvelles technologies, voire d'une façon générale à l'utilisation des nouveaux outils numériques, quand faire sa déclaration PAC par Internet prend des "heures" de chargement !

 

Une utilisation plusieurs fois par jour

97,7 % des agriculteurs qui utilisent Internet professionnellement le font au moins une fois par semaine. Mais en fait 60 % utilisent cet outil plusieurs fois par jour. Lorsque l'on creuse encore les données de l'étude agrinaute, on voit qu'Internet est utilisé à près de 50 % plus de 30 minutes par jour sur le PC fixe, et à 51 % pour ceux qui utilisent les tablettes ou le smartphone. Ce qui diffère, ce sont surtout les heures d'utilisation entre les différents outils qui bien évidemment peuvent se cumuler, le PC étant essentiellement utilisé entre 6h et 9h ou après 20h ; le smartphone au contraire fait l'objet d'une utilisation intense entre 9h et 18h... logique.

Mais quelle utilisation professionnelle est faite de ces outils ? La première recherche des agriculteurs à 98 %, c'est la météo. Suivent dans un mouchoir de poche à près de 95 %, les services bancaires, les annonces, les données d'exploitation. La recherche d'information, actualités professionnelles agricoles, informations locales, informations techniques cultures, apparaissent à 80 % comme motivation de recherche.

 

Réseaux sociaux et appli

Les réseaux sociaux font leur grande entrée dans cette étude, où l'on voit que les agriculteurs ont vraiment intégré ces réseaux pour des motivations très diverses. 59 % en consultent au moins un. Ils y recherchent à 86 % des informations différentes, à 47 % des vidéo, et à 35 % des échanges. Le premier réseau social consulté pour des motifs professionnels est facebook à 43 %, youtube à 22 %. Twitter progresse mais reste limité à 8 % des utilisateurs, instagram le talonne maintenant à 7 %. Quelles pages sont-elles consultées ? Celles des fournisseurs à 37 %, des constructeurs à 24 %, et à 29 % les pages des autres agriculteurs.

72 % des agriculteurs ont au moins une application agricole installée sur leur téléphone. En moyenne le téléphone de chaque agriculteur en contient 4,2 dont 0,3 sont payantes, et 10 appli non professionnelles sont installées.

 

Achats en ligne

Dernière preuve qu'Internet est véritablement un élément de la vie courante, 70 % des agriculteurs "connectés" ont réalisé au moins un achat au cours de l'année. Sur le net on passe maintenant des commandes de pièces détachées à 44 % ; des petits consommables à 43 %, des aliments, des abonnements, et du matériel d'occasion. Le montant moyen du panier est assez difficile à estimer, mais 30 % réaliseraient en moyenne 500 € d'achats. Cependant ils sont déjà 25 % à acheter de 1 000 à 5 000 € et 6 % à régler entre 5 et 10 000 €, payés à 82 % en ligne.

L'achat en ligne est aujourd'hui banalisé essentiellement pour des raisons de prix jugés plus intéressants, et de praticité puisque l'agrinaute n'a plus à se déplacer.

En quelques années la progression de l'utilisation d'internet est fulgurante. Et le phénomène n'est pas prêt de s'arrêter. En effet, plus les agriculteurs sont sur Internet, plus l'offre qui leur est proposée et les services en ligne sont pertinents ! Reste que pour que tous les agriculteurs puissent utiliser ces nouveaux outils à pleine puissance il leur faudra un niveau de connexion suffisant, et il reste encore beaucoup de progrès à faire de de côté là.

Étude agrinautes 2018

L'ensemble des données présentées dans cet article sont issues de l'étude agrinautes 2018, réalisée par BVA pour Terre-net média et Hyltel.

Cette étude sur les équipements et les usages d'Internet par les agriculteurs était présentée lors du dernier Space par Pierre Boiteau, journaliste, Mickael Menager, directeur d'Hyltel et Nicolas Sauget, directeur d'études chez BVA.

39 % des exploitations utilisent au moins un objet connecté

Ils n'existaient pas pratiquement il y a cinq ans, mais en 2018 les objets connectés font une entrée en force dans les exploitations. Près de 40 % d'entre elles sont équipées d'au moins un élément connecté. L'objet le plus courant est la caméra fixe de surveillance des animaux, consultable sur un smartphone mais elle est déjà en passe d'être supplantée par la caméra installée sur le tracteur.

Les élevages sont de très loin les exploitations possédant le plus d'objets connectés et particulièrement les élevages de porcs et de volailles qui à 61 % en possèdent au moins un. Les alarmes par GSM sont présentes dans 53 % de ces élevages qui possèdent aussi des détecteurs de niveau d'aliment à 11 % et des DAC distributeurs connectés à 14 %. Les élevages laitiers ne sont pas en reste puisqu'ils cumulent à 10 % des alarmes robot de traite, des alarmes par GSM à 17 %, et des caméras à 21 %.

Les céréaliers quant à eux utilisent le plus les stations météo connectées.

Le secteur de l'élevage a vu exploser depuis quelques années seulement, ces nouveaux outils connectés qui présentent d'énormes intérêts. Ils sont capables de vous alerter à la moindre difficulté. Paradoxalement c'est aussi cette qualité qui est leur principal inconvénient, puisqu'avec ces nouveaux outils, nombreux sont les agriculteurs à se plaindre d'être sans arrêt sollicités, dérangés, alertés, constamment sur le qui vive. Un équilibre difficile à trouver entre information utile, et tension nerveuse inutile... peut-être un nouvel outil à inventer pour demain !

L'autre facette de ces outils connectés est qu'ils offrent autant de portes d'entrée dans les outils informatiques des exploitations mais aussi dans les entreprises de l'amont et de l'aval. Ils fragilisent ces élevages de plus en plus dépendants à ces nouvelles technologies, en les rendant souvent vulnérables à des attaques malveillantes. Un sujet que beaucoup considèrent encore comme très éloigné d'eux et qui n'a pour le moment pas encore été beaucoup pris en compte.

Mais cela pourrait bien changer dans les années à venir. Un nombre déjà très conséquent même de petites entreprises artisanales s'étant fait rançonner, informatiquement bien-sûr. Le "rançongiciel" c'est un peu comme les accidents de la route, cela n'arrive pas qu'aux autres !

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