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Transformer les friches en terres agricoles ?

C'est l'objectif que s'est fixé le PNRA, le parc naturel régional d'Armorique. Le 11 décembre dernier, il a invité élus municipaux et parlementaires à se renseigner sur les différentes procédures et à échanger sur les expériences de Moëlan sur Mer, Ouessant ou Tréffiagat.    

Commune côtière du Sud Finistère, Moëlan sur Mer compte 500 ha de friches que la municipalité voudrait, pour partie, rendre à l'agriculture.

"C'est un projet dont on est très fiers. Mais ces dernières années ont été longues", indique Marcel Le Pennec. Petit retour en arrière. "A l'époque de l'épopée de la sardine, les paysans de Moëlan sur Mer se sont faits pêcheurs dans la journée et cultivateurs le soir. Et quand elle a disparu de nos côtes, ils sont allés à Paris chercher du travail", explique le maire.

Le tourisme se développant, les corps de ferme sont rachetés mais les terres laissées à l'abandon. "Les première friches, avec fougères et ronces arborées, parfois chênes et frênes, ont maintenant une cinquantaine d'années". Si ce paysage caractéristique du bord de mer est apprécié des touristes, la municipalité veut redonner à l'agriculture une partie des 500 ha de friches que compte la commune. "Depuis la première réunion, en 2014, il aura fallu plus de 5 ans de démarches administratives pour arriver à la récolte des premières salades".

1 251 parcelles cadastrales

Il faut dire que les chiffres donnent le tournis ! Excluant les espaces immédiats sur la côte, les zones bâties ou à bâtir, les zones à forte pente ou difficiles d'accès, la commission départementale d'aménagement foncier a d'abord définit un périmètre de 120 ha. Répartis en 23 îlots, de 0,8 à 12 ha, ils regroupent 1 251 parcelles cadastrales, la plus petite ne faisant que 30 m², et 468 comptes de propriété avec, pour certains d'entre eux, jusqu'à 7 indivisaires. Puis la commission communale a visité chaque parcelle, afin de la classer inculte, sous-exploitée ou exploitée. Les propriétaires ont alors eu un mois pour se prononcer sur ce classement, avant affichage en mairie.

Peu utilisée en France métropolitaine, la procédure de mise en valeur des terres incultes permet au Préfet d'obliger les propriétaires soit à remettre leurs parcelles en état soit à les confier à un porteur de projet, qui le fera à leur place. "La plupart des propriétaires ont adhéré à la démarche, indique Erwan Gourlaouen, adjoint au maire. A condition que ce soit de l'agriculture bio".

Deux porteurs de projets

Sur les quatre premiers îlots, le Gab29, le groupement des agriculteurs bio et Terre de liens ont alors animé des réunions et ce sont les propriétaires eux-mêmes qui ont rédigé les appels d'offre. Et après avis de la CDOA, le Préfet a signé les premières autorisations d'exploiter, valant bail, pour un maraîcher et une association de réinsertion. "Sur les autres îlots, on a aussi des candidats à l'installation pour des projets d'élevage caprin et bovin, de blé panifiable, de légumes haut de gamme pour la restauration, de plantes aromatiques ou de fleurs coupées", énumère Jérôme Le Pape, du Gab29. Et la commune veut aller plus loin, en implantant une plateforme logistique, chargée notamment d'approvisionner les cantines, sur une friche commerciale. "Nous voulons relocaliser notre alimentation", affirme le maire.

De nombreuses questions

Intéressés par la démarche, les élus présents à la réunion n'ont pas manqué de lister les difficultés, à commencer par la recherche des propriétaires. "Lorsqu'il n'est pas connu, un mandataire est nommé pour le représenter", répond Erwan Gourlaouen.

Les friches étant souvent situées en zone littorale, obtenir un permis de construire pour un bâtiment agricole peut vite tourner au casse-tête. Un obstacle que la municipalité de Logonna Daoulas contourne à sa façon. "Nous avons recensé les hangars sous-utilisés, en souhaitant les mettre à disposition des agriculteurs".

 

Qu'est-ce qu'une friche ?

A la différence d'une jachère, liée à un repos temporaire du sol, la friche est une parcelle en situation d'abandon, colonisée par une végétation spontanée. Non exploitée, cette terre l'a été dans un passé plus ou moins lointain, ou pourrait l'être. Dans le Finistère, la DDTM estime ces friches aux alentours de 60 000 ha, principalement dans les communes côtières et les Monts d'Arrée.

A Ouessant aussi

Avec l'appui du PNRA, la commune d'Ouessant s'est lancée en 2015 dans une démarche visant à développer l'agriculture sur l'île. Après deux appels à candidature, un maraîcher s'est installé au printemps dernier à Molène et Ouessant et vend ses légumes bio dans les magasins des deux îles. Pour poursuivre le développement agricole, Ouessant a lancé un nouvel appel à candidature, cette fois en élevage laitier. Parmi les 13 projets reçus, deux dossiers ont finalement été retenus, en ovin et bovin, avec transformation à la ferme.

 

 

 

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