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Transformer, un autre métier

La transformation à la ferme n'est pas une découverte pour le Gaec des Grands prés à Plessala (22) qui s'y consacre depuis plus de vingt ans. Une aventure commune qui permet aujourd'hui de "passer la crise".

C'est à Plessala, dans une zone rurale encore très dynamique (environ 40 exploitations pour 2 000 habitants) que se sont installés Guy et Joseph, au Gaec des Grands prés en 1986. Titulaires d'un BTS transformation et rejoints par Elisabeth, ils se sont lancés dans la transformation de produits laitiers frais après la crise laitière de 1990. Une diversifiation de longue date qui porte aujourd'hui ses fruits au sein de leur exploitation laitière de 75 vaches pour 550 000 litres de lait et 90 ha de terres.

Des risques payants

Le premier labo est installé en 1995 et l'apprentissage doit se faire assez rapidement. "Les consommateurs attendent des produits avec des goûts et des textures régulières, à nous de nous adapter", raconte Elisabeth. Dès le départ, l'objectif de la transformation est d'assurer, de lisser, les revenus de l'exploitation. Adhérents de la coopérative Sodiaal, les exploitations assurent entretenir de bonnes relations avec le groupe laitier. "C'est la laiterie qui fait tampon et vient récupérer ce qu'il y a dans le tank en fonction des commandes... parfois rien, parfois 500 litres, parfois plus !", relate Elisabeth. Gildas, installé en 2012 sur l'exploitation, après trois ans de salariat, explique qu'entre "la main d'œuvre, les bâtiments de la fromagerie, et les compétences nécessaires c'est comme si la ferme avait un deuxième atelier".  Il précise : "Certes notre lait est mieux valorisé mais les charges pèsent : main d'œuvre (1er poste de dépense), laboratoire, matière première mais aussi emballage et transports". Et d'ajouter : "On ne gagne pas beaucoup plus, mais ce système permet de faire vivre six personnes (cinq associés, depuis l'installation de Gwenola en 2017, et un salarié) sur une exploitation moyenne".

Des produits marketés

Si produire et transformer le lait étaient dans les cordes du groupe, ils ont su dès le départ investir du temps et de l'énergie pour réaliser une communication professionnelle. Et voilà que le Gaec devient "La Ferme des Grands Prés" et se dote d'un logo et d'une identité visuelle reconnaissable et séduisante. "Nous avons tout de suite souhaité vendre aux GMS et aux écoles. Nos yaourts, nos fromages blanc, notre crème fraîche... doit donner envie dans les rayons et dans les assiettes et se différencier en proposant du "fermier" et du "garanti sans OGM", assure Gildas. Pour perdurer, il confie que "le travail de prospection est continu, il faut toujours y investir du temps". Bien implanté sur leur territoire, le Gaec reconnait cependant que "le risque, c'est la multiplication des ateliers, la transformation à la ferme reste un marché de niche même s'il séduit de plus en plus de consommateurs".

À chacun sa place

Géré comme un atelier distinct, chaque associé ou salarié est détaché à un pôle (production ou transformation). Concrètement, Gildas gère la production, alors que Joseph est en charge de la partie agronomie et de la gestion, Guy, Gwenola et Elisabeth se concentrent sur la transformation. Une organisation millimétrée pour que chacun trouve sa place et exploite ses compétences. Cependant, certains choix se font en concertation, comme les investissements lourds et les grandes orientations de l'exploitation... Depuis son installation, Gildas assure avoir fait le bon choix et atteste être très "heureux" dans un modèle diversifié.

 

 

Petite annonce

Dans une logique d'anticipation, deux des associés ayant 58 ans, le Gaec des Grands Prés propose un poste de salarié (plein temps) en transformation-commercialisation. Si vous êtes motivé(e) par cette aventure, n'hésitez pas à leur écrire : Gaec des Grands prés - Route Plessala - 22330 Le Méné.

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