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Transmettre avec la volonté "que ça se passe bien"

Mettre en relation cédants et repreneurs, informer, illustrer. C’est tout l’ objectif de la journée transmission qu’ a organisé JA 56, le 2 avril dernier, sur l’exploitation d’Olivia Jégouzo, à Bubry. Car, il y a urgence dans un département comptant 83 installations aidées l’an passé, sur les 472 bretonnes. En moins de 15 ans, 50 % des exploitations seront à reprendre. Donner envie !

 

 

"Le RDI, c’est quoi ?", interroge Victoria à l’évocation du répertoire départs-installations, présenté l’après midi par Rémy Castel de la chambre d’agriculture. Cet outil de recensement des exploitations à céder et des offres de repreneurs, la jeune femme pas même trentenaire, n’y aura pas recours. "C’est la Cecab qui est venue me chercher, du bouche à oreille", explique-t-elle sur son installation porcine prévue l’an prochain, à Loqueltas. "Je reprends un élevage à façon de 820 porcs et je vais développer à côté un élevage de Blanc de l’Ouest, une espèce de sauvegarde". Un peu plus loin, Michèle, avicultrice, avoue être exténuée. "J’ai 56 ans et je voudrais arrêter. La semaine passée, trois lots sont partis : 2h du matin lundi, 3 h mercredi, 4 h vendredi. Les loisirs, il n’y en a pas. Travailler, je veux bien mais il y a des limites". "On s’est donné 18 mois encore", raconte pour sa part Luc, éleveur en Gaec avec son frère, en retraite en 2021, et un associé à Baud, en viande bovine, lait et porc. "Nous aurions bien des repreneurs mais c’est un peu exotique", note-t-il, du bout des lèvres, inscrit au RDI. Patrick à Plouray, vit une autre situation. "J’ai 100 ha dont 30 sur un périmètre de captage. J’ai arrêté le lait il y a cinq ans, j’élève pour l’instant des génisses pour les autres"

Du fonctionnel plutôt que du flambant neuf

Venus s’informer, Henri, Eric, Luc, Claude cédants, sans solution de reprise pour l’instant, à quelques années de leur départ à la retraite. "Il faut s’y prendre à l’avance", reconnaissent-ils. Une situation que n’ont pas connue Clément Evanno et Nicole, son épouse, en 2016, quand Olivia Jégouzo, a poussé la porte de leur bâtiment. Et c’est à elle qu’ils ont cédé leur ferme et leur maison."Je ne regrette pas. On a fait du bon travail avec Rémi Castel et la Safer", note-t-il ayant été salarié sur l’exploitation, le temps de la passation. "Ça s’est bien passé. On a fait en sorte que ça marche. Je suis heureux". Une satisfaction partagée par Olivia Jégouzo, salariée du contrôle laitier durant 6 ans, qui racontera son coup de cœur pour cette ferme, à 26 ans."On ne cherchait pas du rutilant mais du fonctionnel qui dure encore 10 ans, qu’on fasse au fur et à mesure", raconte cette jeune femme, maman de deux jeunes enfants avec Jonathan, qui travaille à l’extérieur. Installée en juin 2017, avec 60 vaches et 182 places de veaux de boucherie, "on n’est pas débordés, je ne veux pas qu’on le soit pour les enfants", répétera-t-elle, organisée et passionnée, persuadée "qu’il y a de la place pour des cédants comme vous avec des unités plus petites et fonctionnelles".

Claire Le Clève

Exergue : On a fait en sorte que ça marche. Je suis heureux

 

 

 

Comprendre ce qui est à reprendre

 

"Comprendre ce qui est à reprendre", c’est tout l’intérêt de l’aide de la Safer, estime Stéphane Cail, là pour "faire un diagnostic d'exploitation avant toute évaluation".
Évaluer quoi, comment, quel sont les facteurs qui influencent le prix, foncier, bâtiments, cheptel, matériels, facteurs humains, habitation, actif financier, "mais aussi l'évolution des réglementations et de la politique, afin de finaliser les négociations et les formalités"

Rémy Castel, en charge du dossier à la chambre d’agriculture, rappelle qu’il faut d'abord décider d'arrêter, puis évaluer ses besoins et échanger avec son entourage. Lister ce que l'on veut ou peut transmettre, et faire un diagnostic pour évaluer son outil.
Une transmission réussie passe par une anticipation et une bonne préparation. Les relations humaines sont à la base de la réussite.

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