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Transmettre pour "démarrer l’activité de manière sécurisante"

Témoignages, forum, ateliers, espaces de rencontre entre cédants et repreneurs, partenaires… A Pluméliau, mardi dernier, place à la transmission avec la chambre d’agriculture. Une question vaste, à étapes, technique, juridique, financière mais pas que. Une aventure humaine qui concernera d’ici 10 ans, la moitié des fermes bretonnes. Alors il n’est jamais trop tôt pour y penser.

Audrey avec Lauriane, sur la ferme de Jean-Yves Penne, apprécient "d’avoir toutes les conditions réunies pour démarrer l’activité de manière sécurisante"
© Claire Le Clève

Betty voudrait s’installer avec son compagnon en maraîchage autour d’Inzinzch-Lochrist. "Nous cherchions deux hectares, nous avons élargi à cinq. Cela reste très petit par rapport à de très grosses fermes inscrites aussi au RDI. Pourtant, on a beaucoup de mal à trouver", se désole sans terre, la jeune femme salariée agricole chez un maraîcher. Le cas de Betty n’est pas isolé comme en atteste Marie-Isabelle Le Bars, responsable du dossier transmission à la chambre d’agriculture de Bretagne, organisatrice de cette journée déclinée dans les quatre départements bretons. Et d’interroger de retour les cédant présents : "êtes vous prêts au changement de production ?". Une posture pas si facile à accepter et pourtant, "il ne faut pas croire que parce qu’on a une petite ferme, il n’y a pas de stratégie, elles peuvent être différentes", appuie-t-elle.

Marché porteur

Quelques jours plus tôt, à l’occasion du forum "Oser la bio" à Vannes, le jeune président de la Frab, Julien Sauvée, éleveur à Melesse (35) évoquait cette typologie de fermes "plutôt petites" en terme d’atout. "Ces ferme de 50 ha qui ne se voient pas d’avenir sont un client idéal pour la bio de demain. 50 vaches sur 50 ha, c’est parfait à condition de ne pas y avoir fait trop d’investissement", lançait-il insistant, "la ferme idéale, c’est la ferme pas chère". Mardi, il a été questions des pistes pour améliorer la transmissibilité de son exploitation. Les différents ateliers ont permis de les explorer durant l’après midi, avec des rencontres cédants repreneurs et des témoignages. Et parce qu’ une ferme sur deux sera à céder dans les 10 ans à venir, "le marché est porteur", constatera en préambule de son témoignage Jean-Yves Penn (lire ci dessous). Le 1 er janvier prochain il aura transmis les clés de l’exploitation mais pas celle de ses champs, loués à ses repreneuses.

Claire Le Clève


"Vivre heureusement et pleinement notre fin de carrière"

Installé à Ploerdut depuis 1988, Jean-Yves et Élisabeth Penn, éleveurs laitiers heureux, ont mené leurs 40 vaches sur 50 ha avec une conduite basée sur l’herbe. Un système reconnu, "météo dépendant, simple et économe, très productif avec une bonne efficacité économique, en bio, avec des marchés en croissance ce qui est intéressant pour l’avenir", inventorie l’éleveur avec une organisation du travail adaptée, "en mono traite", pour une référence finale de 210 000 l. "Autant de choses qui rendent notre exploitation reprenable" pointe Jean-Yves qui avec Elisabeth voulaient "choisir nos repreneurs, avoir le dernier mot" et se projettent pour vivre ailleurs, ravis de "vivre heureusement et pleinement notre fin de carrière". Et ce sont deux repreneuses qui ont emporté leur choix. Alors, pour consolider la viabilité de la reprise, "on a mis la totalité de l’exploitation en location, (terres, bâtiments, habitation) on prend notre part de risque dans ce contrat de confiance. Même si à terme, l’ensemble de l’exploitation sera vendue", affirme Jean-Yves Penn. Quant aux démarches ? "Céder est aussi dur que d’acquérir. C’est un parcours du combattant. Il faut se faire aider, ça vaut le coup. Et anticiper. On a donné notre préférence à la chambre d’agriculture pour cela", détaille Jean-Yves qui a accueilli Audrey Lopez durant un an sur l’exploitation en stage de parrainage. Non issue du milieu agricole après reconversion et une expérience de cinq ans, "je savais que si je devais m’installer ce serait là", espérait déterminée Audrey qui avec Lauriane apprécient "d’avoir toutes les conditions réunies pour démarrer l’activité de manière sécurisante".

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