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Triskalia prépare l'avenir

Malgré une année 2015 difficile pour les productions agricoles, Trikalia, première coopérative bretonne conforte son bilan. Forte de ses 18 000 adhérents et 4 800 salariés, elle affiche un résultat net de 22,4 millions d'e et un plan d'investissements renforcé sur trois ans. L'ambition ? Préparer l'avenir aux côtés des ses adhérents.

Trikalia conforte son bilan, présenté en conférence de presse par Dominique Ciccone, directeur général et Georges Galardon, président.
Trikalia conforte son bilan, présenté en conférence de presse par Dominique Ciccone, directeur général et Georges Galardon, président.
© Terra

"La coop, c'est le prolongement de l’exploitation. Et quand elle ne va pas bien, la coopérative souffre aussi", situe d'emblée Georges Galardon, président de Triskalia qui, avec Dominique Ciccone, directeur général, ont choisi jeudi dernier, de détailler à la presse les résultats 2015. Le résultat net est maintenu à hauteur de 22,4 millions d'euros. Il s'est très légèrement érodé par rapport à 2014 (23,9 Me). C'est le reflet d'un chiffre d'affaires de 2,037 milliards d'euros, en repli (2,096 en 2014) qui traduit "la baisse du prix des productions agricoles", analysent les dirigeants. Pour autant, aucune inquiétude, "notre bilan se conforte, nous construisons notre socle pour bâtir l'avenir". Un avenir qui se conjugue sur les trois métiers historiques du groupe que sont l'agriculture, l'agroalimentaire et la distribution. Ainsi, fonds propres (310 millions) et capacité d'autofinancement (passant de 41 à 44,5 millions d'euros), s'arrondissent.

8 millions d'euros ristournés

"Une coopérative solide est une garantie d'accompagnement et de soutien à ses adhérents", n'a pas manqué de rappeler Georges Galardon en pointant 8 millions d'euros de ristournes attribués, cette année aux coopérateurs. "Ce sont trois millions de plus que l'année précédente", relève-t-il soulignant la volonté, dans cette période de crises, d'être "aux cotés de nos adhérents. Nous les accompagnons tant sur le plan humain que financier". Ce soutien se traduit par "des avances et prêts de trésorerie, prêts de campagne, des aides financières aux nouveaux installés, 12 l'ont été en porc, des garanties de prix pour les nouveaux investisseurs, des aides au financement bancaire, pour la rénovation des bâtiments, les ristournes aux parts et des primes de qualité", inventorient les dirigeants.

150 millions d'euros d'investissement sur 3 ans

Pour conforter les outils, "nous n'hésitons pas à investir, 42 millions l'ont été en 2015". Des efforts notamment portés sur la partie silos des usines d'aliment du bétail, "pour répondre aux besoins, nous sommes les plus gros collecteurs de céréales de Bretagne", justifient les responsables sur ce domaine. Mais ce sont également 9,5 millions consacrés à la modernisation et l'agrandissement des magasins pour l'accueil grand public sur des sites mixtes, "en gage de pérennité". Côté filiales industrielles, sur la partie légumes, Gelagri s'est vu doté à Loudéac d'un tunnel de surgélation de 14 t/h pour traiter de gros volumes et, en volaille, Ronsard a été modernisé, les deux bénéficiant de 13 millions d'euros d'investissement, au total. L'effort devrait être amplifié à l'horizon 2018 puisque la coopérative envisage d'investir 50 millions par an. "C'est plus fort que les années passées, nous étions à 30/35 millions par an. Et on se laisse une place pour la croissance externe", relève Dominique Ciccone, "à condition que les centres de décision restent en Bretagne", délimite Georges Galardon.

Préparer demain

Et l'appétit pour l'international s'exprime. "C'est une piste à laquelle on pense fort, 25 % de notre chiffre d'affaires agroalimentaire est lié à nos exportations", situent les responsables qui ne s'interdisent aucun pays, ni ceux "à l'est, il y a des marchés, un jour l'embargo va s'arrêter, ni à l'ouest, nous sommes allés aux USA avec du haricot vert extra fin breton, avec succès".

Alors "si les crises sont là, l'entreprise coopérative se doit de construire l'avenir", appuient ses responsables qui ont présenté un plan stratégique à trois ans. Il mise sur les territoires, l'innovation et la capitalisation de ses marques, pour créer de la valeur ajoutée, et la formation, "pour mobiliser tous les talents". Une feuille de route baptisée "2020 ensemble" et détaillée par la première coopérative bretonne, vendredi dernier à Locminé, lors de son assemblée générale.

En chiffres

Triskalia compte 18 000 adhérents en Bretagne pour 4 800 salariés (dont 8,6 % travaillent à l'étranger) répartis sur 260 sites. Ce sont 390 millions de litres de lait collectés, 1,2 milliard d'oeufs, 1,6 million de porcs, 1 million de m2 de poulaillers, 1,8 million de tonnes d'aliment fabriqué, pour 870 000 tonnes de céréales collectées et 150 000 tonnes de légumes d'industrie.

 

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