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Triskalia volailles : "rester compétitifs"

Un an après la fusion, le navire amiral Triskalia volailles a fait le point de ses activités à Grandchamp (56). Et c'est bien de compétitivité dont il aura été question, notamment avec l'intervention de Gilles Le Pottier, du Cidef, et tout a long des débats, auxquels les 350 producteurs de la coopérative étaient invités

Bernard de la Morinière, Jean Dano et Jean-François Moussard, président de Triskalia volailles.
Bernard de la Morinière, Jean Dano et Jean-François Moussard, président de Triskalia volailles.
© terra

 

 

 

Le navire amiral Triskalia volailles est-il mieux armé pour traverser les aléas Le navire amiral Triskalia volailles est-il mieux armé pour traverser les aléas qui pèsent sur la production de volaille ? C'est pour le moins le vœux qui avait été formulé lors de la fusion des entités volailles de la CAM 56, Eolys et Coopagri Bretagne, en février 2011. Un an plus tard, l'heure des premiers comptes a sonné à Grandchamp, lors de l'assemblée statutaire. "Nous devons rester compétitifs pour nos clients", a martelé Jean-François Moussard, président du groupement, pointant les leviers sur lesquels l'action locale est possible.

Assurer régularité et qualité

Parmi ceux-ci, "il est impératif d'assurer la régularité de nos livraisons en dindes que nous avons mille misères à mettre en place en décembre et janvier, ou bien l'été". Conséquences ? 13 à 18 semaines plus tard, "les abattoirs n'ont plus de matière et avancent ou reculent des abattages pour lisser". D'où des problèmes en élevage et la nécessité d'envisager "une prime de régularité et donc, de pénalités pour le contraire", estime-t-il.
Et si Bernard Brunel, directeur de Triskalia volailles, souligne l'augmentation de la marge par bande de 2,8 %, soit 1 euro/m2, avec le nouveau contrat, une avicultrice est au regret de constater : "nous investissons sur la technicité dans nos bâtiments et, au final, le gaz augmente, la litière et l'aliment également. Le progrès technique ne revient pas à l'éleveur".
"La demande est légitime, reconnaît Patrice Leloup, directeur adjoint de Trikalia. Reste que, sur le marché, français, on se fait tailler des croupières par nos collègues européens. Nous avons regroupé les structures pour optimiser nos charges. Il faut répartir ces coûts sur l'ensemble de la filière, pour rester compétitifs", justifie-t-il.

Aides à la rénovation du parc

Demeurent encore des marges de progression à venir avec l'impérative restauration d'un parc de bâtiments, qui, vieillissant, risque de mettre à mal la production. "Nous atteignons aujourd'hui les  900 €/t de gaz". Or, pour le président de Triskallia volailles, "de nombreuses innovations permettent de réduire les coûts de chauffage et d'améliorer l'ambiance des bâtiments".
D'où les aides actées. En cas de rénovation, elle serait de 66% du coût des travaux jusqu'à un plafond de 25 €/m2 en poulet/dinde et de 50 en canard. Pour une reprise, l'aide serait portée à 12,5 € /m2 et, en neuf, de  25 €/m2. Enfin, face à la récurrente difficulté d'élever des dindes, dont la production a régressé de 6,2 %, la coopérative souhaite travailler sur la polyvalence des bâtiments. "Les éleveurs, pour souffler, souhaiteraient passer des bandes de poulets, amplifiant le problème des vides sanitaires en poulet dans un contexte de diminution des volumes. Mais durant ce temps, les éleveurs de poulets ne vont pas produire de la dinde, d'où l'idée des poulaillers polyvalents", présente Jean-François Moussard, qui déplore que 42 % des poulets consommés en France soient importés, principalement de chez nos voisins.
Si la relance du "consommer français" est impérative, la restauration de la compétitivité hexagonale est tout autant nécessaire, comme l'aura démontré Gilles Le Pottier dans son intervention, pour permettre à la production de durer.

Claire le Clève

Triskalia volailles, en 2011, agglomère plus de 350 producteurs en Bretagne, pour 555 000 m2, avec une production de poulet de 30 946 t, qui a progressé de 6,55 %, une production de dinde de 50 803 t (en recul de 6,2 %), de canard de barbarie pour 18 999 t (en progrès de 6,55 %), contrairement au canard pékin, pour 4 582 t (en recule de plus de 20 %). La production totale de volailles s'élève à 104 830 t (en recul global de 1,4 % par rapport à l'année 2010). Principaux clients de ces productions : LDC, Ronsard, Gastronome.
Pour 66 % des producteurs, la marge poussin aliment réelle par an s'établit comme suit par m2:
- poulet standard : 49,52 € (8,4 €/bande)
- poulet export : 48,55 € (6,76/bande)
- poulet JA : 36,31 € (7,38/bande)
- poulet sexé : 56,41 € (12,32/bande)
- dinde découpe : 51,40 €  (22,06/bande)
- dinde femelle carcasse : 51,72 € (16,85/bande)
- dinde tout venant carcasse : 68,55 € (15,83/bande)
- canard de barbarie : 81,49 € (24,54/bande)
- canard pékin : 57,05 € (12,81/bande)
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