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UGPVB : face au challenge de l'acceptation sociétale

Porc, œuf, viande bovine : l'assemblée générale de l'Union des groupements de producteurs de viande de Bretagne (UGPVB), vendredi 2 décembre à Saint-Quay-Portrieux, a passé en revue le contexte filière par filière. Une conjoncture dominée par le sujet récurrent des attentes sociétales. Résumé des discussions.


Porc. Le challenge de l'intégration sociétale

S'il y avait de quoi être inquiet, il y a un an, heureusement la demande chinoise forte a bousculé la conjoncture porcine. Si en 2016, le prix moyen du porc est en légère hausse, la situation des élevages reste très fragile. "Le cochon a été sauvé par la Chine", souligne Guillaume Roué, membre du bureau de la section porc. "Nous avons de bonnes relations institutionnelles avec la Chine : cela paie", rassure le responsable. Selon lui, l'importation chinoise de produits de qualité durera dans le temps. Moins optimiste quant aux campagnes de dénigrement de la viande, le professionnel annonce une année 2017 encore plus difficile. "Les campagnes de dénigrement des ONG sur le dos de la filière rapportent beaucoup d'argent", avec des investissements qui se chiffrent en millions d'euros chez nos voisins britanniques. Pour Guillaume Roué, étant donné que la plupart des consommateurs ne peuvent comprendre les pratiques d'élevage (castration, caudectomie...), il faut communiquer différemment et mettre en avant les atouts économiques comme la création d'emplois. "Abattoir, transformation, élevage, nous avons encore à mener le challenge de l'intégration sociétale". De son côté, l'UGPVB défend un cahier des charges de valorisation de l'élevage aujourd'hui opérationnel, appelé "contrat d'avenir sociétal", qu'elle veut formaliser avec la grande distribution dans les semaines à venir. "Nous sommes prêts à avancer, il faut maintenant marquer l'essai avec la grande distribution", indique brièvement Michel Bloc'h, président de l'UGPVB et de la section porc.

 

Section œufs. L'emblème du bien-être animal

Le désengagement de la grande distribution pour l'œuf de cage inquiète toutes les filières, au delà de la filière œufs. "Le CNPO* depuis le début d'année travaille aussi sur un contrat sociétal d'avenir car il y a urgence à traiter le sujet. C'est la profession qui appliquera le pas de temps et non la grande distribution", prévient Yves-Marie Beaudet, vice-président de l'UGPVB et président de la section oeufs. La profession table à l'horizon 2022 sur une production française de 50 % d'œufs alternatifs, avec une contribution demandée à la grande distribution. Pour le responsable, il est hors de question de supprimer la poule en cage. "Tous les ménages qui ont du mal à boucler les fins de mois ont besoin d'œufs de qualité à prix correct".

 

Section viande bovine. Conserver une filière attractive

La section bovine de l'UGPVB a tiré le bilan d'une année 2016 très difficile pour le secteur de la viande bovine qui accumule les difficultés : l'afflux sur le marché des réformes laitières conséquence de la crise laitière, une prime PAC inadaptée qui induit une augmentation des animaux sur le marché, un lobbying anti-viande, l'arrivée de la FCO... Toutefois, les 100 000 vaches allaitantes présentes en Bretagne se doivent d'être conservées et le renouvellement accompagné, car "la demande des distributeurs pour un approvisionnement local est de plus en plus forte. Il faudra maintenir un approvisionnement et un renouvellement de la profession", a confirmé Philippe Dagorne, vice-président de l'UGPVB et président de la section bovine.

* CNPO  : Interprofession de l’œuf.

Un budget de la Région Bretagne en hausse

Dans toutes les filières, le besoin de soutien financier est important. Le plan sur la modernisation des bâtiments des exploitations agricoles s'élève à 180 millions d'euros de soutien public sur 6 ans. Olivier Allain, vice-président en charge de l'agriculture au conseil régional, a décrit l'effort de financement public envers l'agriculture. "La Région a mis le paquet sur le secteur primaire avec une enveloppe de 40 M€ en 2016 contre 26 millions en 2015". En porc par exemple, sur la période 2015-2016, 80 M€ d'investissements éligibles ont reçu une aide globale de 16 M€, soit une aide moyenne de 32 000 € (mesures 411b/412). D'autres accompagnements sont en place, dont dernièrement le prêt d'honneur Brit ouvert aux jeunes éleveurs bovins et porcins qui s'installent et reprennent une exploitation. "1 euro public investi, c'est plus de 5 euros investis dans l'économie bretonne",
rappelle le vice-président de la Région Bretagne.

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