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Journée laitière de la FDSEA à Vannes
Un accord pas bon mais un accord nécessaire

Contexte lourd, mercredi 3 décembre dernier, à l'occasion de la journée laitière organisée par la FDSEA pour présenter son projet d'association d'organisations de producteurs en présence d'Henri Nallet (lire aussi en région) Alors qu'il venait de signer à la baisse la veille, le prix du lait, Henri Brichart est venu s'en expliquer.

"Il va falloir convaincre" pour Henri Brichart de la FNPL, ici avec Frank Guehennec, responsable du dossier lait à la FDSEA du Morbihan et Henri Nallet, ancien ministre de l'agrculture
"Il va falloir convaincre" pour Henri Brichart de la FNPL, ici avec Frank Guehennec, responsable du dossier lait à la FDSEA du Morbihan et Henri Nallet, ancien ministre de l'agrculture
© claire Le Clève

 

 

 

"Cette accord, c'est 5400 euros de perdus et moi, il me les faut pour vivre", interpelle un agriculteur depuis la salle de Keranguen, à Vannes, où la FDSEA, mercredi 3 décembre dernier, a réuni ses adhérents sur le dossier du lait. Une matinée fortement imprégnée par le contexte de signature d'un nouvel accord de l'interprofession sur la fixation du prix du lait pour les cinq prochains mois. Car si Frank Guehénnec, responsable du dossier lait,  en ouverture a insisté sur la nécessite qu'il y avait à retrouver "un accord et de la sérénité pour travailler sainement au prochain accord au 1er avril 2009", la volonté d'ancrage de la journée vers l'avenir n'a pas fait taire l'actualité encore brûlante de la veille.

 

Pas un bon accord mais un accord nécessaire

 

"En Bretagne, le revenu moyen est de 12 000 euros", s'exclame un éleveur venu du Finistère. "Il va bien falloir qu'on réussisse à faire passer nos charges dans le prix du lait et elles ont explosé", reprend un autre. "Laissez nous réfléchir dans nos régions, ce sera aux bretons de se prendre en mains", poursuit –on dans la salle. "Ce qu'on regrette, c'est le temps perdu, il y  à quatre ans, nous JA nous avions bâti des propositions, il est grand  temps qu'à la FNPL on travaille dessus", enchaîne un autre. "On ne dit pas que c'est un bon accord, a temporisé Frank Guehénnec, mais un accord nécessaire".  L'explication de texte est venue d'Henri Brichard, président de la FNPL,  invité à la prendre connaissance de la contribution morbihannaise (voir encadré) à la réflexion sur l'avenir de la filière. Moins 25 euros des 1000 litres en novembre et décembre, moins 45 en janvier et février moins 55 en mars, ce à quoi s'ajoute la flexibilité par tranche de 2,5 % du Mix produits. "Je ne suis pas fier d'annoncer ces chiffres là " convient-il  "mais ne pas trouver d'accord, c'était relancer le jeu des cours à la baisse"poursuit-il en pointant les effets d'un contexte " qui ne sont pas de la responsabilité des éleveurs".

 

Dans un contexte de dérégulation

 

Alors comment en est on arrivé là ? le mécanisme est désormais connu. La différence de valorisation entre les Produits de Grande Consommation (PGC) et les produits industriels est le noeud du problème. Survient en 2003 la réforme de la Pac avec de moins en moins d'aides programmées et un marché du beurre et de la poudre mis sous la coupe des cours mondiaux. Le tiers du lait produit en France est destiné à ce marché rémunéré à 180 euros les 1000 L. "Il faudrait supprimer le tiers de la collecte française s'il fallait payer 400 euros les 1000 L", projette le président de la FNPL. Alors si la réforme de Luxembourg et le bilan de santé de la Pac, entériné il y a 15 jours, y sont pour beaucoup, pour Hubert Brichart, les pouvoirs publics sont les premiers responsables de cette crise actuelle. "Ils ont ouvert les vannes des allocations de fins de campagnes pour le satisfaire le pouvoir d'achat".  Alors qu'il faudrait être en phase avec les marchés, l'Etat français ne cesse d'en rajouter des couches "en obligeant la France à faire son quota, en redonnant du pouvoir au maillon le plus concentré sont les grandes surfaces avec la Loi de Modernisation de l'Economie… et le courrier de la DGCCRF", plaide t-il a charge

Pour mieux gérer l'offre et la mise en marché, les producteurs Morbihannais ont déjà leur projet (voir encadré), continuité de celui porté en son temps par les JA. Un projet qualifié à l'époque d'ambitieux mais qui pourtant a connu l'épreuve des fonds de tiroir.

 

Claire Le Clève

 

 

 

 

AOP lait grand Ouest

"Etre force de proposition"

 

Pour la section laitière de la FDSEA du Morbihan, le constat est clair,

Chaque transformateur gère individuellement "son volume de lait, commercialise ses produits sans aucune structuration de l'offre et possède en propre ses outils de transformation" et le lait est insuffisamment payé au producteur. La réforme de la Pac et la disparition des quotas ne vont rien arranger à l'affaire en exposant production et marchés à une plus grande volatilité pénalisante pour les producteurs.

La solution passe, pour Frank Guehennec, le représentant de la section laitière,  "par la création d'une Association d'Organisation de Producteurs de lait qui regroupe l'offre du bassin laitier et qui gère la mise en marché suivant les besoins des entreprises". En évitant un système d'intégration avec une contractualisation individuelle, le système permet d'avoir "la gestion des volumes par les producteurs, c'est le facteur fondamental de pouvoir". Autres avantages du plan, "tous les producteurs sont payés au même prix, une répartition unique des volumes et l'ajustement des besoins aux volumes se faisant sur les produits industriels, variable d'ajustement".  L'intérêt est "que le quota reste la possession du producteur pour garder la valeur de l'exploitation et non de la laiterie", explique Frank Gueghennec. "On va plus loin que la mutualisation des volumes beurre-poudre" précise t-il "avec ce système on aura un gestion prospective et  une lisibilité sur le prix à l'année laitière et on dispose de leviers pour pousser des industriels à des investissements collectifs".

 

Encadré

Projet d'AOP : Ils ont dit

 

"Il va falloir convaincre" pour Henri Brichart de la FNPL. "Ne comptez pas sur les entreprises ayant investi dans de nouveaux outils "de les mutualiser". Il sera tout autant ardu de convaincre "les producteurs les mieux payés qu'il y a une solidarité intéressée à adopter un prix unique. Si on ne le fait pas, les producteurs les moins biens payés risquent de faire dériver le système".

 

"Peut être faut-il regarder ce qui se fait ailleurs" pour Gilles Thomazo, président de Génoé qui évoque l'exemple de la Hollande "où l'offre est regroupée, c'est impressionnant. La Bretagne plus les Pays de Loire, c'est la Hollande". Existe aussi l'exemple de"  la filière œuf qui a su "aller chercher une certaine sécurité au niveau de la transformation". Je ne suis pas prêt à me couper des transformateur même si je suis en colère".

 

"Les jeunes sont prêts et approuvent ce projet" pointe Pierre Yves Le Bozec, président des JA. "Le jeunes s'ils ne sont plus attachés à leur coopérative parce qu'ils l'ont subie, en revanche  ils sont attachés à être producteurs de lait".

 

"Après le 1er Avril, il ne doit plus être question de flexibilité, il faut que ça sorte du dictionnaire des producteurs de lait"  pour Pascal Nizan, responsable régional.

 

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