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Un championnat de France de chiens de troupeaux entre pluie et éclaircies

C'est un temps bien breton qui a accueilli dimanche dernier le championnat de France de chiens de troupeaux sur bovins, à Carhaix (29) : si le ciel est resté nuageux toute la journée, il a alterné pluie, crachins et timides rayons de soleil, compliquant le travail des maîtres et des chiens.

 

Après le Cantal et la Haute-Saône, c'est à Carhaix (29) que s'est déroulé le championnat de France de chiens de troupeaux sur bovins. "Nous alternons nos concours sur les trois massifs qui élèvent des bovins et utilisent des chiens, explique Pierre Monier, le président de la Fuct, la fédération des utilisateurs de chiens de troupeaux. Le grand Ouest, le Massif central et le grand Est". Petite déception pour ABC29, l'association Border collie du Finistère : si, après 2011, il lui revenait à nouveau d'organiser le championnat de France, aucun de ses adhérents n'a réussi cette année à se qualifier. Mais la Bretagne était représentée en force, avec trois concurrents, Jean-Paul Boeffard et René Esvelin, du Morbihan, et Guy Martinon, des Côtes d'Armor, sur les 21 que rassemble la compétition. Mais pas de concurrente pour cette édition... "On voit régulièrement des femmes aux qualificatifs et parfois au championnat de France, affirme Jean-Yves Levraud, l'un des juges. Mais elles sont bien plus nombreuses aux concours sur ovins".


De 11 à 25 minutes

Le 12 août dernier, c'est sous un temps bien breton, alternant éclaircies, pluie diluvienne et petit crachin, que s'est ouverte la compétition, dès 8h du matin. De quoi compliquer le travail des concurrents et modifier le comportement des génisses sur un terrain vite rendu glissant. "Elles ont plus envie de se mettre à l'abri que de concourir", explique le speaker au micro. "C'est le lot de ces concours, rajoute Pierre Monier. L'ordre de passage des concurrents est tiré au sort". Et la météo, pluie ou canicule, selon les éditions, peut avantager les uns et pénaliser les autres... "C'est vrai qu'on a eu l'impression de vivre deux championnats en un, indique Jean-Yves Levraud, l'un des juges. Si, le matin, les concurrents ont bien eu besoin des 25 minutes imparties pour réaliser leur parcours, l'après-midi, certains l'ont bouclé en 11-12 minutes".

Les concours de chiens de troupeaux sont affaire de passionnés. Et nombreux sont les concurrents à afficher de nombreuses participations à la finale nationale, à l'image de Bruno Fougère, éleveur charolais en Saône-et-Loire, 12 finales à son actif et un titre de champion de France, en 1999. Mais c'est un novice en la matière, Benoît Redoulès, qui l'a emporté à Carhaix. Éleveur de brebis laitières dans le Tarn, il participait à sa première finale sur bovins. "Et je suis très heureux qu'elle ait lieu en Finistère ! Cela m'a permis de découvrir cette très belle région qu'est la Bretagne".

 

Promouvoir le chien de troupeaux

Si les concours permettent aux concurrents d'échanger et de continuer à progresser, ils sont aussi, pour la fédération nationale comme pour les 27 associations départementales, un moment privilégié pour assurer la promotion du chien de troupeau. "On le voit bien sur un tel parcours, un chien remplace trois à quatre personnes quand il faut changer de place un lot de génisses, détaille Pierre Monier. Et il rend de nombreux services tout au long de la journée, dès qu'il faut manipuler, en toute sécurité, des animaux".

À condition d'avoir été bien dressé ! "Il faut considérer cette étape comme un investissement ! Le temps qu'on va consacrer au chien, on va largement le récupérer ensuite". Pour aider le maître, des formations, organisées en partenariat avec l'Institut de l'élevage et financées par Vivea, sont régulièrement programmées par les associations départementales. Pour attirer un public le plus large possible, ABC29 avait prévu de nombreuses animations sur le site de Kerampuilh, où s'était tenu le festival des Vieilles charrues il y a trois semaines. "Le mauvais temps du matin a sans doute découragé quelques visiteurs", regrette Guy Mevellec, le président de l'association. Plus nombreux l'après-midi, ils ont pu bénéficier de démonstrations de chiens de troupeaux sur oies, d'éducation canine, de chiens guides d'aveugles, balade à poney... "Et la journée s'est très bien passée".

 

Comme à la maison...

... Ou plutôt comme à la ferme ! Comme son nom l'indique, la Fuct, la fédération des utilisateurs de chiens de troupeau, s'est fixé pour objectif la promotion de l'utilisation du chien dans les élevages. Et les épreuves, aux concours qualificatifs comme au championnat de France, mettent l'accent sur ce qu'il est à même de réaliser au quotidien. Au top départ, le maître reste au piquet et demande à son chien de lui ramener en ligne droite cinq génisses, parquées à 250 mètres de là. Une fois le troupeau stabilisé pendant quelques instants dans un cercle matérialisé au sol, maître et chien mènent le troupeau qui va devoir passer entre deux barrières, symbolisant une entrée de champ et traverser un couloir de contention. Puis vient l'épreuve sans doute la plus difficile pour le chien : alors qu'il a naturellement tendance à laisser le troupeau entre lui et son maître, il lui faut repousser les génisses sans que son maître ne bouge. Celui-ci l'ayant rejoint, il leur reste à passer un carrefour, où le chien devra empêcher les animaux de s'engager dans de mauvaises directions, avant la montée en bétaillère.

23 ans et déjà mordu...

Âgé de 23 ans, Pierre Basty a beau être le plus jeune concurrent du jour, il en est déjà à sa troisième participation à la finale nationale ! Une histoire de famille pour ce jeune éleveur, installé dans la Loire depuis le 1er janvier dernier, puisque son père, passionné de concours de chiens de troupeaux, était, lui aussi, finaliste à Carhaix, en 2011. Avec un parcours réalisé sous une pluie battante, il lui a été compliqué de sortir son épingle du jeu. "Mais je suis content, indique Pierre, un large sourire aux lèvres. J'ai fini mon parcours dans les temps, réussi à faire monter le troupeau dans la bétaillère...". La pluie ? "Ça fait aussi partie du métier ! On n'attend pas qu'il fasse beau pour sortir les vaches ! Mais je suis encore novice, il faut que je progresse".

 

 

Palmarès

› 1 - Benoît Redoulès (Tarn) et L'Oustal, border collie mâle de 3 ans et demi, 92,5 points.

› 2 - Mickaël Evain (Loire-Atlantique) et Line, border collie femelle de 3 ans et demi, 91 points.

› 3 - Robert Prat (Allier) et Gap, border collie mâle de 7 ans et demi, 86 points.

 

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