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Laurent Abhervé-Guéguen
Un homme pressé

L'hiver dernier, Laurent Abhervé-Guéguen a été élu président FDSEA du canton de Taulé. Portrait d'un éleveur qui ne manque ni d'activités ni de projets.

Installé en production porcine en 2003, Laurent Abhervé-Guéguen vient tout juste de terminer la restructuration de son élevage.
Installé en production porcine en 2003, Laurent Abhervé-Guéguen vient tout juste de terminer la restructuration de son élevage.
© Chantal Pape

"J'ai vu mes parents bosser toute leur vie. Je n'avais pas envie de faire la même chose". Né sur une exploitation qui produit à la fois du porc et du chou-fleur, avant que celui-ci ne soit arrêté au milieu des années 80, Laurent Abhervé-Guéguen se dirige vers un Bac électrotechnique puis obtient un DUT génie électrique et informatique industrielle. "On y traite d'automatisation, ce qui s'applique aussi au cochon. D'ailleurs, mon stage portait sur la régulation de la ventilation en élevage de porcs".

S'organiser autrement

Puis il cherche un premier emploi. "Pas si simple ! Il me fallait indiquer à mon futur employeur que j'allais le quitter d'ici peu pour effectuer mon service militaire". C'est à ce moment que sa mère connait des ennuis de santé et doit être arrêtée un long moment. "J'ai décidé de la remplacer. Et c'est là que j'ai pris goût à l'élevage".
Sa décision est prise : il sera agriculteur. Et fait d'une pierre deux coups. "Notre voisin partait en retraite. Acheter son exploitation nous donnait une dimension suffisante pour embaucher un salarié et organiser autrement l'élevage, avec des horaires plus raisonnables et des week-end disponibles".

Restructurer l'élevage

Ses obligations militaires remplies, il décroche un BPREA, porte l'effectif de 260 à 340 truies, grâce au rachat de l'élevage d'un autre voisin, et s'installe en février 2003, en Gaec avec ses parents, avant de s'attaquer à la remise à jour des bâtiments de l'élevage. "En 2004, nous avons construit la station de traitement. Une maternité en 2005, un premier engraissement en 2006, un second en 2007, réalisé la mise aux normes bien-être truies en 2008, érigé un silo-tour pour la FAF en 2009 et construit un post-sevrage en 2010". Pour limiter les coûts, le Gaec opte pour une bonne partie d'autoconstruction et du matériel d'occasion, comme cette maternité, démontée à Plonéour Lanvern. "C'était un peu de boulot. Mais le jeu en valait la chandelle".
La restructuration interne a permis de spécialiser les deux sites de l'élevage, et de rationaliser le travail, un objectif que Laurent s'était fixé dès son installation. "Mais il nous aura fallu plus de temps que prévu. La banque a freiné nos investissements. Puis la crise est arrivée". Malgré cette crise, dans laquelle la profession est engluée depuis près de 4 ans, le jeune éleveur ne manque pas de projets. "Nous aimerions passer à 400 truies".

JA et FDSEA

Même si le travail ne manque pas sur l'exploitation, Laurent s'intéresse au syndicalisme dès son installation. Et devient rapidement vice-président du syndicat local FDSEA et président du CCJA. "L'Agrifête, en 2001, a permis de fédérer beaucoup de jeunes", se souvient-il.
Tandis qu'une nouvelle équipe prend le relais chez les JA, "des jeunes de 22-23 ans", la FDSEA fait aussi le choix de travailler au niveau du canton. "Des réunions sont toujours organisées dans les communes, notamment pour le foncier. Mais l'AG est cantonale, ce qui permet d'avoir une bonne cinquantaine de participants et plus d'intervenants". Et Thierry Merret, président de la FDSEA et agriculteur à Taulé, en animateur de réunion. "Jusqu'à présent, il était aussi président du canton, mais a souhaité déléguer, explique Laurent, qui vient de prendre sa place l'hiver dernier. Heureusement, je peux toujours compter sur lui pour m'épauler, en cas de problème".
Impliqué dans le syndicalisme, Laurent siège également dans le groupe Jeunes et au conseil d'administration de Prestor, son groupement. Et a longtemps pratiqué du sport de haut niveau. "Jusqu'à mes 26 ans, j'ai fait du hand en Nationale 2, avec 4 entraînements par semaine et un match le week-end". Papa de deux petits garçons, de 4 et 2 ans, il lui faut maintenant arbitrer entre toutes ces activités, pour réserver du temps à sa famille.

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